Quelle est la durée du congé maternité pour un 3ème enfant ?
Durée légale : 26 semaines au total
Dès qu’une salariée attend son troisième enfant, elle bénéficie automatiquement d’un congé maternité de 26 semaines, soit 10 semaines supplémentaires par rapport aux grossesses précédentes.
Le découpage légal s’établit ainsi :
- 8 semaines de congé prénatal : avant la date présumée d’accouchement ;
- 18 semaines de congé postnatal : après la naissance
En tant qu’employeur, vous devez anticiper cette absence plus longue dès la déclaration de grossesse, et surtout, qui démarre 8 semaines avant le terme présumé, hors congé pathologique.
Tableau comparatif selon le rang de l’enfant
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
| 1er ou 2ème enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3ème enfant et plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux (tous rangs) | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés et plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Ce tableau, établi selon l’article L331-3 du Code de la Sécurité sociale, vous permet d’anticiper la durée d’absence et d’organiser le remplacement en conséquence.
💡 À noter : À partir du 3ème enfant, la durée du congé maternité passe à 26 semaines. Et cela s’applique même si l’un des enfants précédents n’est plus à charge.
Cas particulier : jumeaux au 3ème rang
Lorsqu’une salariée attend des jumeaux et a déjà deux enfants ou plus, c’est la règle des grossesses multiples qui s’applique, plus favorable. Le rang de l’enfant n’intervient plus dans le calcul.
Elle bénéficie alors de :
- 12 semaines de congé prénatal ;
- 22 semaines de congé postnatal ;
- Soit 34 semaines au total (~8 mois).
Vous devez prévoir un remplacement de longue durée, idéalement par un CDD de remplacement ou une réorganisation interne significative.
💡 À noter : le dépassement du seuil de 6 mois d’absence rend obligatoire un entretien professionnel au retour de la collaboratrice. On en reparle un peu plus loin dans l’article.
Quand commence le congé maternité pour le 3ème enfant ?
Date de début du congé prénatal
Le congé prénatal débute automatiquement 8 semaines avant la date présumée d’accouchement indiquée sur le certificat médical de la salariée.
Exemple de calcul : si l’accouchement est prévu le 15 juin 2026, le départ en congé s’effectue le 20 avril 2026.
La CPAM notifie directement la salariée des dates précises. Celle-ci doit vous informer de son départ au moins 15 jours à l’avance, mais la pratique recommande une anticipation dès le 5ème mois de grossesse pour faciliter l’organisation du service.
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Accéder au simulateurVos obligations employeur :
- Accepter le départ à la date légale (aucun refus possible) ;
- Ne pas solliciter la salariée pendant son congé ;
- Préparer l’attestation de salaire pour la CPAM.
Possibilité de report du congé prénatal
Sous certaines conditions médicales, et avec l’accord de son médecin, la salariée peut demander à reporter une partie de son congé prénatal sur le postnatal.
Modalités du report :
- Maximum 3 semaines reportables ;
- Nécessite un certificat médical attestant que l’état de santé le permet ;
- Le congé prénatal minimum reste de 5 semaines.
Si la salariée reporte 3 semaines, son absence se répartit ainsi : 5 semaines prénatales + 21 semaines postnatales.
💡 À noter : le report n’est pas un droit automatique, mais il est soumis à la validation de son médecin, pas de l’employeur. Ce qui signifie que vous n’avez pas la possibilité d’organiser les dates d’absence de votre salariée. Il est recommandé d’assurer un remplacement sur une durée totale de 26 semaines, et de prévoir la possibilité d’un départ en congé anticipé.
Départ anticipé possible
La salariée peut partir en congé pathologique jusqu’à 2 semaines avant le début officiel du congé maternité. Le congé prénatal débute normalement 8 semaines avant la date prévue d’accouchement, mais intervenir 10 semaines avant en cas de nécessité médicale.
Impact sur votre gestion RH : ce départ anticipé peut survenir soudainement. Prévoyez une solution de remplacement flexible dès l’annonce de la grossesse.
Le congé pathologique est indemnisé comme un arrêt maladie classique, sans reste à charge pour l’employeur au-delà des obligations conventionnelles.
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Différence entre congé maternité 2ème et 3ème enfant
Ce qui change au 3ème enfant
L’attente d’un troisième enfant pour une collaboratrice modifie significativement la durée de son absence et vos obligations.
Les changements majeurs à anticiper :
- Durée totale : passage de 16 à 26 semaines (+10 semaines) ;
- Congé prénatal : extension de 6 à 8 semaines ;
- Congé postnatal : allongement de 10 à 18 semaines ;
- Dépassement du seuil de 6 mois : obligation d’entretien professionnel au retour.
Avec 26 semaines d’absence (plus de 6 mois), vous devez proposer un entretien professionnel dans les semaines suivant le retour de la collaboratrice.
Cet entretien vise à faciliter sa reprise en l’informant des changements d’organisation et des dossiers en cours. D’un point de vue légal, vous devez également échanger autour de ses besoins en formation et de ses perspectives d’évolution professionnelle.
Cette durée allongée exige une gestion RH renforcée : CDD de remplacement, réorganisation d’équipe, recours à l’intérim sur une période significative.
Il est plus difficile de répartir ses dossiers aux autres collègues pour palier l’absence d’une collaboratrice quand la durée du congé va dépasser les 6 mois (hors congés payés).
💡 À retenir : La principale différence réside dans la durée totale (26 semaines vs 16 semaines) qui impose un entretien professionnel de reprise à son retour.
Ce qui reste identique
Malgré l’allongement de la durée, vos obligations employeur demeurent identiques quel que soit le rang de l’enfant.
Obligations maintenues :
- Protection contre le licenciement : interdiction absolue pendant le congé et jusqu’à 10 semaines après le retour ;
- Maintien des droits : ancienneté, congés payés, primes d’ancienneté ;
- Poste équivalent garanti : au retour, obligation de réintégration sur le même poste ou un poste similaire ;
- Rémunération préservée : aucune baisse de salaire possible au retour.
💡 À noter : Elle peut ensuite prolonger avec un congé parental d’éducation, total ou partiel, jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Vous ne pouvez pas refuser un congé parental à temps plein. Pour un temps partiel, vous pouvez proposer un autre aménagement que celui demandé par la salariée si des raisons objectives le justifient.

Indemnités journalières : combien allez-vous payer ?
Calcul des IJSS
Les indemnités journalières de maternité sont directement versées par la CPAM à la salariée, sans avance de votre part.
Formule de calcul 2026 :
- Salaire journalier de référence = (Total des 3 derniers salaires bruts) / 91,25 jours
- Indemnité journalière = Salaire journalier × 100% (après déduction de 21% de charges)
- Soit environ 89% du salaire net journalier
Plafond 2026 : le salaire pris en compte ne peut dépasser 3 864 € bruts mensuels (plafond mensuel de la Sécurité sociale). Au-delà, l’indemnité est plafonnée.
Votre rôle est d’établir l’attestation de salaire dans les 8 jours suivant la cessation d’activité. Ce document permet à la CPAM de calculer les droits de la salariée.
Maintien de salaire par l’employeur
Selon votre convention collective, vous êtes peut-être tenu de maintenir tout ou partie du salaire de la collaboratrice pendant son congé maternité.
Comment ça se passe :
- Vous versez le salaire habituel.
- Vous déduisez les indemnités journalières CPAM (subrogation).
- La CPAM vous reverse directement les IJ si vous avez mis en place la subrogation.
💡 À noter : vérifiez la convention collective applicable. Certaines prévoient un maintien intégral du salaire net dès 3 mois d’ancienneté, d’autres appliquent les conditions minimales légales (à savoir un an). Le non-respect de cette obligation expose votre entreprise à un rappel de salaire et des dommages-intérêts.
Pour résumer,
En tant qu’employeur ou responsable RH, maîtriser les spécificités du congé maternité pour un 3è enfant vous permet d’anticiper les absences longues et de respecter vos obligations légales. Voici les 6 éléments essentiels :
- 26 semaines de congé (8 prénatales + 18 postnatales), soit 10 semaines supplémentaires.
- Indemnisation CPAM à ~90% du salaire net.
- Maintien du salaire par l’employeur selon votre convention collective.
- Congé pathologique possible : +2 semaines avant et +4 semaines après (jusqu’à 32 semaines totales).
- Protection totale de l’emploi pendant le congé et jusqu’à 10 semaines après le retour.
- Entretien professionnel de reprise obligatoire si la durée de l’absence dépasse 6 mois.
D’un point de vue RH, anticipez les congés maternité dès l’annonce de la grossesse, organisez les remplacements sur 6 mois minimum et préparez le retour avec un entretien professionnel structuré.
Mieux vous gérer ces absences, moins l’activité sera impactée et plus la reprise sera facile pour vos salariées.
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