Une entreprise plus fragmentée que jamais
Le phénomène de Grande Démission semblait ralentir depuis deux ans. Pourtant, plusieurs signaux inquiètent désormais les DRH. La fidélité des salariés continue de s’éroder dans de nombreuses entreprises.
La dernière étude de United Heroes souligne que 1 salarié sur 5 se dit prêt à quitter son entreprise. Ce chiffre grimpe même à 43 % lorsque le collectif est jugé fragile.
Le problème ne concerne plus seulement la rémunération. Les collaborateurs dénoncent surtout une perte de cohésion d’équipe et de sens au travail. Seuls 17 % des salariés considèrent encore leur entreprise comme un collectif réellement uni.
Le télétravail a profondément modifié les relations internes. Les échanges informels diminuent fortement. Plus d’un salarié sur deux affirme vivre des journées sans interaction spontanée avec ses collègues.
Cette fragmentation transforme aussi le rapport à l’entreprise. Désormais, 69 % des salariés privilégieraient leur équipe directe plutôt que leur entreprise en cas de crise.
Le collectif global laisse place à des “micro-tribus”. Les salariés restent attachés à leurs collègues proches, mais beaucoup moins à la structure elle-même. Cette évolution fragilise directement la fidélisation.
Dans ce contexte, la menace d’une nouvelle vague de départs devient crédible. D’autant que l’engagement mondial continue de reculer. Selon le rapport Gallup 2026, l’engagement mondial est tombé à 20 %. En France, seuls 8 % des salariés se disent engagés.
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Démission : comment éviter une nouvelle vague de départs ?
La question n’est plus seulement de savoir pourquoi les salariés partent. Les entreprises doivent désormais comprendre pourquoi ils resteraient. Le salaire seul ne suffit plus.
L’étude de United Heroes révèle que 55 % des salariés restent avant tout pour le lien avec leurs collègues. L’ambiance d’équipe devient le premier levier de rétention.
Les entreprises doivent donc reconstruire un collectif visible et vivant. Les rituels d’équipe reprennent de l’importance. Les temps informels, les séminaires et les projets transverses redeviennent stratégiques.
Le management joue également un rôle clé. Or, les managers montrent eux aussi des signes d’épuisement. Leur engagement mondial est passé de 31 % à 22 % depuis 2022.
Un manager désengagé fragilise rapidement toute son équipe. Les entreprises doivent donc soutenir davantage leurs encadrants. Formation, autonomie et clarification des rôles deviennent essentielles.
Les salariés attendent aussi davantage de cohérence. Ils veulent comprendre les décisions, les transformations et les objectifs de l’entreprise. Le manque de visibilité nourrit souvent les envies de démission.
Enfin, les RH doivent surveiller certains signaux faibles. Isolement, baisse de participation, retrait des échanges ou désengagement progressif annoncent souvent un départ futur.
La Grande Démission de 2026 ne prendra peut-être pas la même forme qu’en 2021. Mais les fragilités actuelles montrent une chose : sans collectif fort, la fidélité des salariés devient extrêmement vulnérable.
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