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Avance de note de frais : 1 cadre sur 7 en difficulté

Avance de note de frais : 1 cadre sur 7 en difficulté
Adeline Lajoinie

S’additionnant à des temps difficiles et à l’inflation du prix de l’essence, les notes de frais pèsent désormais lourdement sur les finances personnelles de nombreux cadres français. Une récente étude dresse le portrait-robot de la « France des notes de frais ». Tirant la sonnette d’alarme de process qui se doivent d’être améliorés.

1 cadre sur 7 a déjà été en situation de découvert bancaire à cause d’une avance de frais professionnels

Une étude Mooncard, réalisée en partenariat avec l’Ifop, montre à quel point les notes de frais pèsent sur les finances personnelles des cadres français :

  • 80% des cadres font régulièrement des notes de frais ; 28% au moins une fois par mois.
  • 49% d’entre eux consacrent plus de 100 euros par mois aux avances de frais professionnels ; 11% plus de 500 euros par mois.
  • 30% des cadres qui font des notes de frais ont déjà été en difficulté financière à cause d’une avance de frais professionnels.
  • Parmi eux, 58% ont déjà été en situation de découvert bancaire (64% pour ceux qui ont des dépenses de carburant).

Mais qui sont ces cadres qui font des notes de frais et pour qui cela provoque tracasseries administratives et pression financière personnelle ? 

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Cadres de province et hommes, plus touchés par l’avance de notes de frais

C’est dans les TPE (10 à 19 salariés) que la moyenne des notes de frais est la plus haute (17,1). D’un côté géographique, les cadres d’Île-de-France en réalisent le moins (77%), contre 80% dans le Nord-Est, 81% dans le Nord-Ouest, 82% dans le Sud-Est, et 83% dans le Sud-Ouest. Même les télétravailleurs ne sont pas à l’abri de ce phénomène : si 82% des cadres qui télétravaillent au moins un jour par semaine font des notes de frais, ils ne sont que 73% parmi ceux qui vont tous les jours au bureau.

Concernant les cadres chez qui ces notes de frais provoquent des difficultés financières (13% « plusieurs fois »), les sous-populations aux finances plus contraintes sont, sans surprise, surreprésentées : cela grimpe à 37% des moins de 35 ans, et 57% pour les cadres issus de foyers de trois enfants et plus. 

Parmi les cadres ayant connu des difficultés financières à cause des notes de frais, 58% ont déjà été en situation de découvert bancaire, soit 14% de la population totale des cadres (1 sur 7). Une pression qui pousse alors certains cadres à « se refaire » sur le dos de l’entreprise : 66% de ceux qui ont déjà été en difficulté financière ont aussi fait passer des dépenses personnelles en notes de frais, contre 18% en moyenne. 

Les hommes sont plus touchés que les femmes par ces difficultés financières. Peut-être parce qu’ils paraissent plus dépensiers. Ainsi, 26% des femmes déclarent un montant mensuel “entre 0 et 50 euros” vs 21% des hommes ; alors qu’à l’autre extrémité 5% des hommes déclarent “plus de 1 000 euros par mois” contre seulement 1% des femmes.

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Elles réalisent d’ailleurs beaucoup moins de notes de frais que leurs homologues masculins (5,7/an vs 8,8/an). Et, en tout logique, 65% des hommes qui ont déjà été en difficulté financière à cause de leurs notes de frais ont également été à découvert, contre seulement 44% des femmes (-21 points). 

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Le process des notes de frais à revoir

Il semble que l’un des problèmes les plus importants lié aux notes de frais soit la lenteur des process de remboursement.

Les procédures internes de remboursement sont trop complexes ou trop longues, au point de dissuader de nombreux cadres de se faire rembourser systématiquement : 44% d’entre eux ont déjà renoncé à une note de frais (stable vs 2021). Un chiffre qui monte à 78% chez ceux qui craignent « souvent un non- remboursement ». 

Seules 18% des entreprises remboursent en moins d’une semaine, contre 47% en deux semaines ou plus. Et plus l’entreprise est grande, plus elle s’allonge : 37% des cadres de TPE (10 à 19 salariés) doivent attendre plus de deux semaines, contre 53% de ceux de grandes entreprises de plus de 5 000 salariés.

De fait, 31% des cadres craignent de ne pas être remboursés suite à une avance de frais (35% en 2021), tandis que 60% craignent de perdre les justificatifs de leurs dépenses (stable vs 2021). 

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Adeline Lajoinie

Ancienne journaliste, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.