Abréviations sur le bulletin de salaire : que signifient-elles ?

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Entre les sigles des cotisations et les libellés raccourcis propres aux logiciels de paie, certaines lignes du bulletin de salaire peuvent être difficiles à comprendre. Voici les principales abréviations à connaître.

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Comment expliquer les abréviations sur le bulletin de salaire à vos salariés ?

En bref

    • Certaines appellations sont abrégées pour alléger la présentation du bulletin de salaire et en faciliter la lecture.

    • Une même abréviation peut désigner des éléments différents selon son contexte. « CET » peut ainsi signifier « contribution d’équilibre technique » ou « compte épargne-temps ».

    • Bien comprendre ces abréviations est indispensable pour expliquer au salarié les lignes de son bulletin et leur effet sur sa paie.

Sommaire de l'article

savoir les expliquer à vos salariés

Les abréviations sur le bulletin de salaire sont des sigles ou des libellés raccourcis qui désignent les éléments de rémunération, les absences ou encore les cotisations. Utilisés au quotidien par les professionnels de la paie, ces sigles ne sont pas toujours compris par les salariés.

Selon le baromètre Ipsos Digital réalisé pour PayFit en 2025, 69 % des actifs interrogés déclarent ne pas comprendre totalement leur bulletin de paie. Seuls 29 % estiment en comprendre l’ensemble des informations.

Alors, que signifient les différents sigles et abréviations sur le bulletin de salaire ? Et comment les expliquer au salarié ?

Dans cet article, les principales abréviations sont décryptées par rubrique, avec des repères pour répondre aux questions des salariés.

Comment lire les abréviations sur le bulletin de salaire ?

Les abréviations sur le bulletin de salaire correspondent à des sigles généralement utilisés afin de simplifier leur affichage. Il s’agit principalement d’abréviations d’expressions composées de plusieurs mots, comme « indemnités journalières de sécurité sociale » (IJSS).

Quelles abréviations correspondent aux rubriques du bulletin et lesquelles dépendent du logiciel de paie ?

Certaines mentions et certains libellés sont encadrés par les textes, notamment pour la présentation des cotisations. D’autres raccourcis proviennent du paramétrage du logiciel ou des pratiques de l’entreprise.

Par exemple, une absence maladie peut ainsi être désignée par « Abs. maladie » sur un bulletin et par “Absence Mal.” sur un autre bulletin.

Comment distinguer la base, le taux et les parts salariale et patronale ?

La base, également appelée assiette de cotisations, est le montant sur lequel une cotisation est calculée. Le taux est le pourcentage appliqué à cette base. Le résultat apparaît ensuite dans la colonne « salarié » ou « employeur ».

À noter : Dans le bulletin transmis au salarié, le taux patronal ne doit pas figurer, seul le montant de la cotisation patronale est affichée.

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Quelles sont les abréviations liées à la rémunération et aux absences ?

Les sigles placés dans la partie haute du bulletin (ou basse en fonction de l’éditeur) concernent souvent les compteurs de congés/repos.

Bulletin de salaire : la mention des compteurs d’absence

Les compteurs de congés/repos sont généralement affichés de la manière suivantes : 

  • Les droits acquis ;
  • Les droits pris ;
  • Les droits restants. 

Voici les principales abréviations des compteurs des congés payés et repos généralement mentionnés sur le bulletin de salaire : 

Ces abréviations peuvent également être utilisées lorsque le salarié prend des jours de congés ou de repos. 

Exemple pour des congés payés : 

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  • Retenue absence CP ;
  • Indemnité CP. 

Par ailleurs, en cas de solde de tout compte, l’abréviation ICCP signifie “indemnité compensatrice de congés payés”.

Maladie, maternité, prévoyance : les abréviations des indemnités journalières

IJSS signifie « indemnités journalières de Sécurité sociale ». Il s’agit des indemnités versées par la sécurité sociale au salarié lorsqu’un salarié est en arrêt maladie ou en congé indemnisé (maternité, paternité, etc.).

L’employeur verse le cas échéant une indemnité complémentaire, prévue soit par la loi, soit par un accord si plus favorable (convention collective, accord d’entreprise). Cette indemnité est versée en déduction des IJSS. C’est pourquoi il apparaît sur le bulletin de salaire une ligne “Retenue IJSS“.

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Par ailleurs, en cas de subrogation dans la perception des IJSS par l’employeur, une ligne “Remboursement IJSS” s’affiche en bas de bulletin.

Les mentions telles que « IJ prévoyance » renvoient, elles, à une indemnisation complémentaire versée dans le cadre d’un régime de prévoyance.

Les abréviations des cotisations sociales sur le bulletin de salaire

Les cotisations sont regroupées par risque couvert : santé, accidents du travail, retraite ou chômage. L’appellation des cotisations sociales sont normalisées et définies dans l’arrêté du 31 janvier 2023 ainsi que l’article R. 3243-2 du Code du travail.

Comment expliquer SS, AT/MP, CSG et CRDS ?

Dans une ligne de cotisation, SS renvoie à la Sécurité sociale. Une cotisation vieillesse « plafonnée » est calculée dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, alors qu’une cotisation « déplafonnée » porte sur l’ensemble de la rémunération concernée.

AT/MP signifie « accidents du travail et maladies professionnelles ». Cette cotisation est uniquement à la charge de l’employeur.

CSG et CRDS désignent respectivement la contribution sociale généralisée et la contribution au remboursement de la dette sociale. Il s’agit d’une des rares cotisations exclusivement supportée par le salarié. Son assiette est plus large que les autres cotisations dans la mesure où certains éléments de paie exonérés de cotisations sociales restent soumises à CSG/CRDS.

Par ailleurs, la CSG/CRDS apparaît en deux lignes distinctes car une partie est déductible de l’impôt sur le revenu et l’autre non déductible.

Que signifient Agirc-Arrco, T1, T2, CEG et CET ?

Agirc-Arrco est le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé. Ses cotisations sont calculées par tranches. La tranche 1 (T1) va jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale. La tranche 2 (T2) couvre la rémunération comprise entre une et huit fois ce plafond.

La CEG est la contribution d’équilibre général et la CET est la contribution d’équilibre technique : elle s’applique lorsque la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale.

Attention : Il ne faut pas la confondre avec le compte épargne-temps, qui peut porter le même sigle ailleurs sur le bulletin.

Les cotisations de chômage : APEC, AGS

APEC désigne l’Association pour l’emploi des cadres. La cotisation correspondante concerne les salariés cadres et comporte une part salariale et une part patronale.

AGS renvoie à la garantie des créances des salariés en cas de défaillance de l’employeur : sa cotisation est uniquement patronale. Toutefois, elle n’apparaît pas dans le bulletin de salaire transmis au salarié car cette cotisation est inclue dans le libellé “Contribution d’assurance chômage“.

Tableau récapitulatif des principales abréviations sur le bulletin de salaire

AbréviationSignificationOù la trouver sur le bulletin de salaire
CP / RTTCongés payés / jours de RTTRubrique d’absence et compteurs
IJSSIndemnités journalières de Sécurité socialeDans les éléments du salaire brut en cas de maintien de salaire et en bas de bulletin en cas de subrogation
AT/MPAccidents du travail et maladies professionnellesRubrique de cotisations “Accidents du travail et maladies professionnelles”
CSG / CRDSContributions sociales salarialesRubrique de cotisations “CSG CRDS”
T1 / T2Tranches 1 et 2Rubrique de cotisations “Retraite”
CEG / CETContributions d’équilibre général / techniqueRubrique de cotisations “Retraite”
APEC / AGSAssociation pour l’emploi des cadres / garantie des créances des salariésRubrique de cotisations “Assurance chômage”

FAQ : les 5 questions les plus fréquentes sur les abréviations du bulletin de salaire

L’employeur peut-il utiliser n’importe quelle abréviation sur un bulletin de salaire ?

Non. Le bulletin doit comporter les mentions prévues par le Code du travail et respecter les règles de présentation des cotisations. Des raccourcis peuvent apparaître pour d’autres éléments de paie mais leur sens doit rester explicite pour le salarié.

Pourquoi la base de la CSG peut-elle être différente du salaire brut ?

La CSG et la CRDS ne sont pas calculées à partir du brut soumis à cotisations. Pour les revenus d’activité, un abattement de 1,75 % s’applique dans la limite de quatre plafonds annuels de la Sécurité sociale. Par ailleurs, certains éléments non soumis à cotisations entrent dans l’assiette de calcul sans abattement.

Une cotisation affichée uniquement dans la part patronale réduit-elle le salaire net ?

Non. Une cotisation exclusivement patronale est supportée par l’employeur. Seule une somme portée dans la part salariale constitue une retenue sur la rémunération du salarié.

Sur un bulletin, CET signifie-t-il contribution d’équilibre technique ou compte épargne-temps ?

Les deux sens sont possibles. Dans la rubrique Agirc-Arrco, CET désigne la contribution d’équilibre technique. Dans un compteur de droits ou une ligne liée à des jours épargnés, il peut désigner le compte épargne-temps.


À qui le salarié peut-il demander l’explication d’un sigle ou la correction d’une erreur ?

Le salarié peut d’abord s’adresser au service paie ou RH, en indiquant le mois et la ligne concernés. Si une erreur est constatée, un bulletin rectificatif ou une régularisation peut être nécessaire. Le montant ou l’exactitude d’un bulletin peut être contesté pendant trois ans à compter de sa remise.

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Laetitia Baccelli

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