Mais qui est donc la Génération Z ?

Mais qui est donc la Génération Z ?
Matthias Jean

Expert GenZ | Fondateur de Tarentö, nous aidons les entreprises à attirer et fidéliser la Génération Z = les moins de 30 ans. La solution ? Transformer les méthodes de communication RH, le processus de recrutement et les pratiques RH.

Quelles sont les aspirations et les attentes de la génération Z ? Est-elle si différente des générations qui l’ont précédés ? Comment appréhender l’arrivée de cette nouvelle génération sur le marché du travail ? Autant de questions auxquelles nous répondons !

Avant de tracer un portrait de la Génération Z, remettons un cadre sur ce concept de « génération ».

Il est important de préciser de qui nous parlons, qui sont ces actuelles générations qui cohabitent dans la société, comme dans les open spaces, avec ces moins de 30 ans : la GenZ.

C’est quoi une Génération ?

Du latin generatio : « engendrement, reproduction » le mot génération désignerait un ensemble d’individus nés à la même époque, qui ont globalement le même âge.

Pourquoi les médias et le monde de l’entreprise ont-ils repris ce terme ?

Parce que les hommes et femmes qui vivent dans le « même temps » développeraient des attentes et un fonctionnement communs.

En effet, les évènements passés et l’environnement construisent les individus que nous sommes.

Et c’est ce que nous allons montrer dans cet article sur la génération Z.

Générations X et Y

Les Générations X et Y sont les deux générations qui partagent encore à l’heure actuelle l’open space avec la GenZ.
La Génération X désigne les personnes nées entre 1966 et 1980 (+ de 56 ans) tandis que la Génération Y, correspond aux personnes nées entre 1980 et 1995 (+ de 42 ans).

La Génération Y constituée des « digital natives » naît dans un contexte d’automatisation, elle va se différencier des X en repensant le monde et l’entreprise autour du marketing et du digital.

Mais attention, il faut se saisir des descriptions de « générations » avec prudence, car peindre une homogénéité de fonctionnement entre les personnes sur le seul critère de la période de naissance est réducteur.

Génération Z

La génération Z se compose des personnes nées après 1995.

Ces « zoomers » représenteront 50% des effectifs des entreprises en 2025 selon Elodie Gentina, auteure de « Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs » (Dunod, 2018). Mais comment tracer un portrait des zoomers ?

C’est ce que nous allons tenter de faire à travers deux axes : l’enfance et le travail.

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Une enfance avec trois nouveaux rapports au monde

L’enfance est une étape clef dans le développement personnel d’un individu.

Les évènements et les expériences avec lesquels les Z ont grandi expliquent leur fonctionnement et leurs comportements actuels.

Nouveau rapport au temps

En 2004, tout s’accélère avec l’arrivée des réseaux sociaux. Les conversations deviennent « instantanées ». On like, on commente, on partage en un clic. Et cela va transformer le cerveau des Z.

En effet, dans un entretien accordé à l’AFP, Olivier Houdé, le directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant du CNRS-La Sorbonne (LaPsyDé) explique que l’exposition répétée aux écrans et aux réseaux sociaux a transformé le cerveau des Z.

Avec les jeux vidéo et téléphones portables, les moins de 30 ans ont entraîné une zone bien précise du cortex préfrontal pour améliorer leur rapidité de décision.

Mais cela s’est fait au détriment d’une autre partie du cortex préfrontal, plus lente qui favorise la prise de recul et résiste aux émotions.

Autrement dit, la Génération « instantanée » recherche de la réactivité parce que cela lui apporte une récompense biologique.

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Nouveau rapport à l’espace

L’avènement d’Internet en 1993 est une date clé pour comprendre la GenZ.

Nous avons dit que les premiers zoomers étaient nés en 1995, ils ont donc toujours vécu avec le digital.

Mais au-delà de l’aisance technologique qu’ils ont développé avec le numérique, Internet a ouvert un nouveau monde.

On achète des produits sur le web, on s’informe, on communique et on travaille en ligne.

Le monde n’est plus uniquement physique et la génération Z l’a bien compris.

Attention, elle n’est cependant pas « déconnectée » du monde physique.

Exemple : le GP Explorer, une compétition automobile réunissant 22 personnalités d’Internet organisée en 2022 par le Youtubeur Squeezie sur le circuit des 24h du Mans a réuni 40 000 spectateurs physiques.

Autrement dit, la Génération Z vit dans un monde hybride ou le monde digital est au service du monde physique.

Nouveau rapport à la connaissance, à l’information

La naissance d’Internet en 1993 n’a pas seulement ouvert un nouveau monde.
Celle-ci a entrainé une révolution pour l’accès à l’information.

Pour la génération « ultra-connectée » la connaissance est accessible en un clic.

Combien d’enfants ont remis en question l’autorité de leurs parents en tapant sur google pour confirmer la réponse qu’ils venaient de leur donner.

Aujourd’hui, ce sont même les réseaux sociaux qui donnent accès à l’information.

Selon un article de TechCrunch, en 2022 + de 40% de la génération Z n’utilise plus Google, mais TikTok ou Instagram pour rechercher des réponses en ligne comme un restaurant, des symptômes de santé ou un emploi.

Autrement dit, la Génération Z considère la connaissance comme acquise parce qu’à portée de clic.

Cependant, on peut s’interroger : la génération Z fait-elle bien la différence entre la compétence et la connaissance ?

On ne peut pas tout apprendre et comprendre sur internet.

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La génération Z au travail

Les « Z » représenteront 50% des effectifs des entreprises en 2025, mais en quoi sont-ils différents de leurs ainés au travail : la Génération Y ?

Tout semble les opposer. Leurs mondes semblent différents. Les expériences et les évènements qu’ils ont vécus enfants sont différents.

Pourtant ces deux générations semblent avoir des aspirations et des attentes professionnelles communes.

Des aspirations communes à la génération Y

« Il faut arrêter de parler des générations », « je suis un Y, mais j’ai les mêmes attentes qu’un Z ».

Voici des phrases que vous avez déjà entendues ou prononcées dans l’open space.

Et pour cause, c’est notre manifeste chez Tarentö. Nous pensons que toutes les générations ont les mêmes aspirations et que c’est uniquement l’intensité de ces aspirations qui varie entre les X, Y ou Z.

Mais alors quelles sont les aspirations des Y et Z ?

La crise de 2007, explique beaucoup d’aspirations de ces deux générations.

Nous avons vu nos parents ou grands parents, tout perdre du jour au lendemain, leurs économies et leur travail.

Nous considérons donc que rien n’est acquis : ni notre sécurité, ni nos relations, ni notre avenir. Le travail ne doit plus être le seul vecteur de réalisation.

Nous voulons une bonne balance entre notre vie pro et notre vie perso, concrètement une meilleure organisation du temps de travail avec une flexibilité des horaires et la possibilité de faire du télétravail.

À noter que pour la génération Z, le télétravail est en 2022 un « droit acquis ».

La crise du coronavirus de 2019 a joué un rôle d’accélérateur sur cette question du télétravail.

Après 2 ans d’études à distance, un jeune diplômé ne demande plus « Vous avez du télétravail ? » Mais plutôt « combien de jours de télétravail proposez-vous ? ».

D’un autre côté, les années 2000 sont marquées par la prise de conscience écologique.

Le réchauffement climatique blesse la planète et revient dans les bureaux des entreprises qui l’ont engendré.

Les collaborateurs Y comme Z veulent s’engager dans leur vie personnelle comme au travail pour la planète, l’inclusion, la diversité.

C’est ce que tous les médias appellent : « la quête de sens ».
Pourquoi je fais ce travail ? Quelles sont les valeurs de mon entreprise ?

Voilà les questions auxquelles doivent répondre les entreprises qui veulent attirer la génération Z.

Pour cela plus de transparence, d’engagements et d’inclusion seront nécessaires.

L’Etudiant a interrogé les étudiants des grandes écoles et universités lors du classement des 2022-2023 des grandes entreprises préférées des étudiants et jeunes diplômés. Et lorsqu’ils ont dû hiérarchiser les cinq critères les plus importants dans un travail, plus d’un sur deux place en première position la rémunération.

C’est une attente que partage évidemment la génération Y.

La génération Z n’est donc pas si différente de la génération Y dans ses aspirations, mais qu’en est-il de son fonctionnement ?

Si la génération Y est connectée, la génération Z est ultra-connectée. Elle est accro à la réactivité, à l’instantanée parce que cela lui apporte une récompense biologique.

En entreprise, elle va préférer les canaux de communication directe comme les messageries instantanées (slack, Microsoft teams ou rocket.chat).

Si les tâches et les résultats sont trop longs, elle aura tendance à se décourager. C’est pourquoi elle est sensible au morcellement des tâches et aux feedbacks rapides, mais réguliers du manager.

La relation du manager avec les Z est effectivement totalement transformée et c’est peut-être le point le plus important du côté de l’entreprise.

Comme, pour la GenZ, la connaissance est accessible en un clic, le manager n’est plus légitime pour son expérience, mais plutôt pour sa capacité à challenger, montrer l’exemple et favoriser la montée en compétences de son équipe.

Et ne vous méprenez pas, imposer son autorité ne résoudra rien. La GenZ veut avoir son mot à dire sur tout, si les règles ne sont pas expliquées, elle n’hésitera pas à les contourner.

On assiste donc avec la GenZ au passage d’une autorité imposée à une autorité choisie.

Ce besoin de reconnaissance dans son travail et une certaine indépendance dans ses actes expliquent, selon moi, pourquoi les Z sont décrits comme une génération d’entrepreneurs.

Les Z sont ainsi friands des entreprises qui laissent la possibilité de l’intrapreneuriat.

Pour finir, la génération Z est profondément sociale et communautaire.

Prenons l’exemple de ces moins de 30 ans le nez dans sur leur écran dans le métro qui sont en fait en relation avec des milliers d’autres via les réseaux sociaux Instagram ou TikTok.

Autre exemple, Airbnb et Uber naissent en 2009 et réinventent la façon dont nous interagissons avec les produits, les services et les uns avec les autres créant une nouvelle économie : l’économie du partage.

Les entreprises qui mettent uniquement en place l’outil teams pour collaborer et n’intègrent pas le partage dans leur culture ont du mal à fidéliser les Z.

Pour les Z, le bureau n’est plus l’unique espace de travail, il est pourtant pour eux bien utile afin de se retrouver, socialiser et collaborer en équipe.

Conclusion

La Génération Z a les mêmes aspirations que les générations précédentes. Ce qui la différencie, c’est son nouveau mode de fonctionnement.

Son enfance dans un monde ultra-connecté et incertain justifie ses attentes différentes dans l’expérience candidat et l’expérience collaborateur.

Pour une entreprise en bonne santé, c’est-à-dire une entreprise intergénérationnelle, les dirigeants et le pôle RH vont devoir intégrer et fidéliser la GenZ et pour ce faire : transformer certaines méthodes de communication, processus de recrutement et pratiques RH.

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