Endométriose : comment aider vos collaboratrices en 2024 ?

Endométriose : comment aider vos collaboratrices en 2024 ?
Adeline Lajoinie

L’entreprise n’est plus seulement un lieu de travail. C’est devenu un lieu de vie où l’on se doit de prendre en compte la santé mentale et la santé physique des collaborateurs·trices. Dans ce cadre, l’endométriose est un sujet à prendre particulièrement en compte.

Endométriose : quelle réalité en entreprise ? 

La récente étude de Culture RH sur le profil des RHs en 2024 nous rappelle que ​​87% des professionnels RH sont des femmes. Dans ce cadre, les problèmes de santé typiquement féminin sont plus que jamais à l’ordre du jour en entreprise. 

Comme expliqué par l’Inserm, l’endométriose affecte 1,5 à 2,5 millions de femmes en France, soit près d’une sur dix. Reconnue comme une cause majeure d’infertilité, elle suscite une recherche intensive. Des équipes de l’Inserm s’investissent pour la comprendre et mieux la diagnostiquer.

À l’heure de la journée mondiale contre l’endométriose, rappelons que l’endométriose se caractérise par la présence de tissu utérin hors de l’utérus. Elle provoque douleurs et parfois infertilité. Ces symptômes peuvent être très invalidants, entraînant fatigue et dépression.

Les symptômes de l’endométriose et leur impact sur les collaboratrices

Les symptômes de l’endométriose varient en intensité et localisation, mais les règles douloureuses prédominent, affectant jusqu’à 91% des femmes atteintes. Liée au cycle, la douleur se manifeste souvent de manière plus aiguë au moment de l’ovulation ou des règles. Cette douleur, loin d’être banale, peut rendre impossible le travail et les activités quotidiennes, exacerbant ainsi les inégalités de genre au travail. 

La dysménorrhée, les douleurs pelviennes, les troubles digestifs et la dyspareunie sont parmi les manifestations les plus invalidantes, nécessitant parfois des traitements puissants.

Cette situation impacte sévèrement les collaboratrices, limitant leur participation et présence au travail, et nécessitant des aménagements spécifiques. 

En l’absence de traitements curatifs, l’endométriose exige une reconnaissance accrue des besoins spécifiques des femmes dans les politiques de santé en entreprise. 

La persistance de stéréotypes et tabous autour des problématiques de santé féminine, telle que l’endométriose, souligne l’urgence d’une prévention et d’une prise en charge adaptée, évitant ainsi d’accentuer les disparités existantes entre hommes et femmes.

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Comment aider les collaboratrices qui souffrent d’endométriose ? 

Selon un baromètre Vivavoice sur les inégalités hommes-femmes en matière de santé publié en 2019, 35 % des femmes ont le sentiment de subir des clichés ou stéréotypes lorsqu’il s’agit d’aborder leurs problématiques de santé

Il semble urgent de lutter contre les tabous et d’aider les équipes, notamment les salariés hommes, à mieux comprendre les enjeux de la santé des femmes au travail. 

Géraldine Mandefield, Dirigeante et Fondatrice de VerbaTeam, soulignait dernièrement : « Aujourd’hui, les entreprises doivent aborder la question de la prévention santé en fonction de l’impact des risques professionnels sur les hommes et les femmes. Dans le cas contraire, elles risquent de creuser des inégalités existantes, d’avoir des programmes de prévention incomplets et qui n’apportent pas les résultats attendus. Une politique différenciée aura bien plus de poids et d’efficacité car elle prend en compte la réalité de chacun. Il y a cependant un équilibre à trouver afin d’aborder les sujets de manière équitable entre les hommes et les femmes et ceci au bénéfice de tous. » 

En dehors du travail de sensibilisation nécessaire, des solutions organisationnelles existent pour aider les femmes qui souffrent. Endofrance a publié plusieurs livres blanc sur l’endométriose au travail. On y apprend que 65% des femmes souffrent d’un impact négatif de l’endométriose sur leur travail. Un mi-temps thérapeutique est alors envisageable. Il nécessite l’accord de l’employeur et du médecin. Ce régime permet une réadaptation progressive, avec une durée de quelques semaines à mois.

La reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH) peut être demandée. Elle est valable 1 à 5 ans et facilite l’accès à des postes adaptés. Les entreprises doivent intégrer 6% de travailleurs handicapés, sous peine d’amendes.

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Le télétravail, encadré juridiquement, offre une solution pour gérer maladie et travail. Il réduit la fatigue liée aux déplacements et s’adapte aux besoins de soin. Les coûts sont à la charge de l’employeur. En l’absence d’accord d’entreprise, discutez-en avec votre manager ou le DRH.

Il existe également des solutions plus “concrètes” pour soulager ces douleurs, qui peuvent être soutenues par les entreprises comme les vêtements de la marque Du Jaune et des Licornes, spécialement conçues pour les femmes souffrant d’endométriose. Ou les patchs Mes Cycles Heureux de Yonee, qui représentent une alternative novatrice et pratique dans la gestion des douleurs menstruelles.

Le congé menstruel : une solution pour aider les femmes atteintes d’endométriose ?

Le débat sur le congé menstruel revient à l’Assemblée nationale, une initiative saluée par Solenn Gehannin, présidente de Bretagne Endométriose. Une proposition de loi envisage un congé de 13 jours annuels pour les femmes aux menstruations incapacitantes. 

La mesure, soutenue après des années d’errance médicale et de souffrance en silence, est vue comme une reconnaissance et un soutien essentiel. Sur France Bleu, Solenn Gehannin, présidente de l’association Bretagne Endométriose, rappelle le coût et la difficulté d’accès au diagnostic pour les patientes, accentuant l’impact financier de l’endométriose. 

Ce congé représenterait une avancée majeure dans la reconnaissance des besoins spécifiques des femmes atteintes, en proposant un aménagement de poste qui permettrait de vivre et travailler dans de meilleures conditions, malgré la maladie. 

C’est un pas vers une meilleure compréhension et prise en charge de l’endométriose dans le monde professionnel.

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Adeline Lajoinie

Journaliste et Rédactrice Web SEO, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est surtout le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.