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Le télétravail nuit-il à la productivité ?

Le télétravail nuit-il à la productivité ?
Adeline Lajoinie

Le recours au télétravail dans les entreprises françaises et dans le monde entier n’est plus vraiment une question qui se pose, depuis la sortie de la crise sanitaire. Les salariés, comme les dirigeants, plébiscitent le travail hybride et le mettent en place massivement depuis au moins deux ans. Mais quelles sont les conséquences sur la productivité au travail ? La réponse n’est pas la même des deux côtés de l’Atlantique.

Aux États-Unis, le travail hybride aurait donné un coup dur à la productivité…

L’année 2022 semble être une mauvaise année, en termes de productivité, pour les entreprises américaines. Pourtant, tout avait bien commencé.

En 2021, selon un article de Trust My Science sur le retour au bureau aux États-Unis, la productivité des travailleurs américains aurait augmenté de 4,3% au 1er trimestre, pour baisser légèrement au 2nd trimestre. Une hausse qui représentait le double de la croissance enregistrée lors de la crise économique de 2008-2009.

La raison de cette efficacité : le télétravail. Les employés ont alors fait valoir une hausse de leur productivité grâce à une gestion et un environnement plus flexibles et un véritable bien-être au travail… depuis chez eux. Même si des secteurs comme le tourisme ou la construction avaient été gravement lésés, la hausse de la productivité était généralisée aux États-Unis. 

Puis vint 2022 et le rapatriement progressif des employés au bureau. Un retour qui a alors mené à une baisse de plus en plus importante de la productivité. Lors du premier semestre 2022, le taux de productivité n’a en effet jamais autant diminué chez les Américains depuis les années 40.

Face à une véritable “paranoïa de la productivité” des entrepreneurs, qui désespèrent de retrouver les bons niveaux de 2021, certains collaborateurs préférant l’autonomie et la flexibilité ont tendance à démissionner (ce qui accroît la baisse de productivité, ces démissionnaire étant souvent de très bons éléments, difficiles à remplacer).

Les autres se retrouvent alors à supporter une plus grande charge de travail. Conséquence directe et irrémédiable : aux États-Unis, l’épuisement professionnel aurait augmenté de 42% par rapport à l’année 2019 et les autodéclarations de surmenage de 12%.

Les experts estimant que la productivité aurait tendance à évoluer par cycle de 10 à 20 ans, cette baisse pourrait se poursuivre en 2023. 

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… Alors qu’en France, les RH n’observent pas de perte de productivité

En France, l’Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH) s’est demandé quels étaient les jours les plus demandés par les collaborateurs pour télétravailler : le lundi et le vendredi.

Comme repris par Sud Radio : “Quand vous regardez la semaine, et que vous avez un ou deux jours de télétravail, en règle générale, le jour le moins présent est le vendredi. C’est classique”, explique Benoit Serre, vice-président national délégué de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH).

Alors que le recours au télétravail fait partie des mesures encouragées par le gouvernement cet hiver, dans son plan de sobriété, notamment dans la fonction publique, se pose alors la question de la baisse de productivité.

Comme relayé par La Tribune, selon un rapport du Conseil national de la productivité de mai dernier “si l’effet net sur la productivité globale du recours au télétravail dans l’après crise Covid reste incertain, on peut s’attendre à un accroissement potentiel des gains de productivité par un recours plus important au télétravail.”

Mieux encore, en passant la proportion de salariés en télétravail de 5% (le taux avant le covid) à 25%, l’on pourrait engendrer un gain moyen de productivité de 5 à 9%.

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Adeline Lajoinie

Ancienne journaliste, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.