Un salarié en arrêt maladie peut-il venir sur son lieu de travail ?

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La présence d’un salarié en arrêt maladie sur le lieu de travail : simple visite ou reprise déguisée ? Quelles situations sont tolérées et quelles précautions prendre ? Découvrez les règles légales, les risques pour le salarié et l’employeur, ainsi que les bonnes pratiques RH pour encadrer toute présence exceptionnelle.

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Consultante RH externalisée et Formatrice RH. J'assure la gestion du personnel des entreprises et forme les RH de demain autour d'une pédagogie innovante.

Sommaire de l'article

Un salarié en arrêt maladie peut-il revenir dans l’entreprise pendant son arrêt de travail ? Derrière cette question en apparence simple se cache en réalité un enjeu juridique, organisationnel et humain pour l’entreprise.

En principe, un salarié en arrêt maladie ne peut pas travailler. Toutefois, aucun texte n’interdit expressément sa présence physique dans les locaux de l’entreprise. Toute la difficulté réside donc dans la distinction entre présence ponctuelle et reprise d’activité.

Pour les professionnels RH, la gestion de l’arrêt de travail est une tâche courante dont l’enjeu est double : garantir la protection de la santé du salarié tout en sécurisant juridiquement les pratiques de l’entreprise. Une gestion trop souple comme trop rigide peut générer des risques.

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Le sens juridique de l’arrêt maladie : une suspension du contrat de travail

L’arrêt maladie correspond à la période pendant laquelle un médecin estime que l’état de santé du salarié est incompatible avec l’exercice de son activité professionnelle. La conséquence directe de cet arrêt de travail est la suspension du contrat de travail.

Celle-ci ne rompt pas le lien contractuel entre le salarié et l’employeur, mais elle suspend provisoirement leurs obligations réciproques : 

  • Le salarié n’a plus à fournir de travail ; 
  • L’employeur n’est plus tenu de lui en fournir. 

La finalité de l’arrêt maladie est avant tout médicale : permettre au salarié de se soigner, de récupérer ou d’éviter une aggravation de son état de santé.

Cette finalité est importante dans l’analyse des actions ou comportements autorisés ou non pendant la durée de l’arrêt. Toute action contraire à ces objectifs peut être considérée comme un manquement.

Un salarié en arrêt maladie peut-il travailler ?

L’interdiction de travailler pendant l’arrêt de travail est la règle. Cette interdiction est totale et englobe toutes les activités pouvant être assimilées à du travail, que ce soit : 

  • Des missions habituelles ; 
  • Des missions ponctuelles ; 
  • Un simple “coup de main” ; 
  • Une participation à une réunion ; 
  • Un échange opérationnel.

Pour les professionnels RH, la vigilance doit rester de mise : la banalisation des échanges professionnels pendant l’arrêt de travail d’un salarié peut constituer un risque réel.

Elle peut exposer le salarié à la suspension de ses indemnités journalières et à des sanctions disciplinaires, et engager la responsabilité de l’employeur sur le plan prud’homal.

La présence sur le lieu de travail pendant un arrêt maladie est-elle interdite ?

Il est important de dissocier l’acte de travailler du lieu de travail. Contrairement à une idée reçue, aucun texte de loi n’interdit formellement à un salarié en arrêt maladie de se rendre physiquement sur son lieu de travail.

La loi ne sanctionne pas la simple présence dans les locaux de l’entreprise, mais ce que cette présence implique.

L’analyse doit donc porter sur les critères suivants : 

  • Le motif de la venue du salarié ;
  • Sa durée ; 
  • Son caractère exceptionnel ou non ; 
  • La compatibilité avec son état de santé ; 
  • Et surtout, l’absence totale d’activité professionnelle. 

Autrement dit, ce n’est pas le lieu en lui-même qui pose difficulté, mais le risque de reprise anticipée du travail.

Quelles situations peuvent être admises en pratique ?

Certaines situations peuvent expliquer la présence d’un salarié en arrêt maladie dans les locaux de l’entreprise, à condition qu’elle reste strictement encadrée.

Voici les situations précises qui sont tolérées : 

La récupération d’effets personnels

Un salarié en arrêt maladie peut venir récupérer des effets personnels laissés dans l’entreprise, si :

  • La visite est brève ;
  • Elle est organisée à l’avance ;
  • Elle ne donne lieu à aucun échange professionnel ; 
  • Elle est compatible avec son état de santé.

Des démarches administratives ponctuelles

La remise ou la récupération de documents peut également justifier une présence ponctuelle. Toutefois, dans un contexte de digitalisation croissante où la transmission des documents est possible, ces situations doivent rester exceptionnelles.

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Les échanges dématérialisés permettent de limiter les risques juridiques et de préserver la santé du salarié.

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Quelles sont les situations à risque pour l’employeur ?

Les frontières sont étroites et facilement franchissables. 

Il convient donc d’être particulièrement prudent dans les situations suivantes :

Lorsque la venue du salarié sur le lieu de travail est à l’initiative de l’employeur.

Solliciter la présence d’un salarié en arrêt de travail peut être perçu comme une pression implicite ou comme une tentative de reprise anticipée du travail. Une telle demande est déconseillée car elle peut engager la responsabilité de l’entreprise.

Lorsque la présence du salarié sur le lieu de travail s’accompagne d’échanges professionnels.

Participer à une réunion, répondre à des questions techniques, traiter un dossier urgent ou échanger sur un projet en cours constituent des activités professionnelles, même si elles sont brèves.

Ces situations, souvent banalisées en entreprise, exposent l’employeur à des risques importants. En cas de contrôle de l’Assurance maladie ou de contentieux prud’homal, ces éléments peuvent être interprétés comme une violation de l’arrêt de travail.

L’employeur doit également tenir compte des prescriptions médicales figurant sur l’arrêt de travail. Si le médecin a prévu des sorties limitées ou interdit tout déplacement, la présence du salarié dans l’entreprise ne serait alors pas conforme aux prescriptions médicales.

Quelles sont les conséquences en cas de non-respect de l’arrêt maladie  ?

Pour le salarié

Le non-respect de l’arrêt maladie peut entraîner :


La jurisprudence rappelle que, malgré la suspension du contrat de travail, le salarié demeure tenu à une obligation de loyauté à l’égard de son employeur.

Ainsi, la Cour de cassation a jugé que le fait, pour un salarié en arrêt maladie, de proposer ses services à une entreprise cliente de son employeur constitue un manquement à cette obligation, même si la prestation n’a finalement pas été réalisée (Cass. soc., 1er octobre 2025, n° 24-17.418).

En l’espèce, la seule démarche consistant à offrir une activité concurrente a été considérée comme rendant impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, justifiant un licenciement pour faute grave.

Pour l’employeur

Il n’est pas à l’abri de sanctions, car autoriser, tolérer ou encourager la présence d’un salarié en arrêt maladie sur son lieu de travail peut conduire à :

  • Un risque de requalification de la situation à une reprise anticipée ; 
  • Un risque que la responsabilité de l’employeur soit engagée au titre de son obligation de santé et sécurité, en cas d’aggravation de l’état de santé du salarié ; 
  • Un risque prud’homal. 

Quelles sont les bonnes pratiques RH qui permettent de sécuriser les situations exceptionnelles  ?

Même une initiative qui part d’une bonne intention peut entraîner des conséquences juridiques. Ainsi, lorsqu’une visite exceptionnelle est justifiée, il est recommandé de formaliser cette visite par écrit, en précisant l’objet, la durée et le caractère non professionnel.

Cette traçabilité constitue une protection importante en cas de contentieux. 

Plus largement, la bonne approche pour les professionnels RH consiste à placer la protection de la santé du salarié au cœur des décisions, notamment en privilégiant la prudence et la clarté des règles pour tous les acteurs de l’entreprise afin d’éviter toute sollicitation inappropriée d’un salarié en arrêt maladie.


Cette approche aura également pour effet de protéger l’entreprise sur le plan juridique.

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