Bruit au travail : un enjeu de la QVCT ?

Bruit au travail : un enjeu de la QVCT ?
Adeline Lajoinie

À partir du 16 octobre débute la semaine de la santé auditive au travail. L’occasion de se pencher sur les effets nocifs du bruit au travail sur la santé physique, comme mentale, des collaborateurs.

Plus d’un quart des actifs indique que le bruit au travail impacte leur vie privée

À l’occasion de la 8ème Semaine de la Santé Auditive au Travail, l’association JNA tire la sonnette d’alarme. 

Les résultats du nouveau baromètre Ifop-JNA viennent confirmer que les acteurs économiques et sociaux peinent à intégrer ces analyses d’impacts du bruit et se doivent de changer rapidement leur approche. 

Si les actifs restent toujours aussi nombreux à être gênés par le bruit au travail (45%), la gêne vient aussi toucher leur vie privée, désormais. 

En effet, parmi les 52% des actifs en poste de travail déclarant vivre une gêne du bruit, pour 50% d’entre eux, cela impacte leur vie privée

Les moins de 35 ans l’expriment encore plus fortement (+13 points).

45% des actifs en poste déclarent alors que le bruit au travail a “au moins une répercussion pour leurs oreilles sur leur quotidien”. Une proportion également majoritaire chez les moins de 35 ans (52%).

Comment ces gênes se manifestent-elles ? 33% des actifs déclarent des gênes de compréhension de la parole et 30% des sifflements ou bourdonnements en raison des expositions sonores. 

Une souffrance également psychologique mal prise en compte par l’entreprise

La souffrance psychologique liée aux gênes auditives est bien présente, et concerne 31% des actifs dont 61% de ceux souvent gênés par le bruit au travail.

Incompréhension avec le management, tensions et agressivité au sein des équipes en seraient une résultante. En effet, le bruit ressenti au travail a également des répercussions extra-auditives sur la charge mentale du salarié et ses relations de travail.

Concrètement, 60% et 50% des interviewés mentionnent de la “fatigue, lassitude et irritabilité” et du stress en raison des expositions sonores au travail.

Et l’entreprise ne semble pas encore suffisamment consciente des conséquences de ce problème. Si les solutions proposées par l’employeur semblent progresser dans les secteurs de l’industrie et du BTP, leur mise en place demeure largement minoritaire. 

Autre public touché mais “oublié” par ses employeurs : le télétravailleur. 26% des télétravailleurs sur un rythme de 2 à 3 jours semaine sont gênés par le bruit, bien que peu exposés. Une difficulté liée à l’alternance entre des environnements sonores différents. 

Les conditions de télétravail varient d’un salarié à l’autre et certains peuvent se retrouver chez eux avec un nouvel environnement bruyant, angle mort s’il n’est pas remonté à l’employeur.

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Réduire les nuisances sonores en réduisant l’effort d’écoute

Selon une autre étude, menée cette fois par Actineo, un bruit d’à peine 40 décibels a un effet direct et néfaste sur les performances cognitives des personnes qui l’entendent.

Naviguer dans le paysage sonore d’un bureau devient un parcours d’obstacles pour un nombre non négligeable de travailleurs français. 

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Près de 4 salariés sur 10 (37%) expriment des difficultés notoires à maintenir une concentration optimale au bureau, évoquant fréquemment le niveau de bruit comme facteur prédominant d’une dispersion de l’attention. 

Un chiffre qui s’accentue dans les open spaces, où 43% peinent à focaliser leur attention, et où presque la moitié des répondants se disent accablés par l’intensité sonore et, de façon encore plus alarmante, 48% parmi eux déplorent une nuisance sonore persistante.

À lire également :

Atténuer tous les bruits environnants : la solution pour mieux travailler au bureau ? 

La santé auditive au travail s’avère cruciale pour notre bien-être global et notre efficacité professionnelle.

EPOS, entreprise reconnue dans le domaine audio, a récemment révélé les résultats de sa dernière étude BrainAdapt Studies

Cette dernière explore les incidences du bruit sur les capacités cognitives, particulièrement dans des situations requérant un haut degré de concentration mentale, telles que la réalisation de tâches simultanées – par exemple, interpréter des discours tout en répondant à des sollicitations visuelles.

En se penchant sur divers aspects tels que l’exécution de doubles tâches, l’appréciation personnelle de l’effort d’écoute et la pupillométrie, ces études révèlent des résultats éclairants sur l’interaction entre l’environnement sonore et notre performance cognitive. 

On y apprend que l’atténuation du bruit dans un contexte de double tâche peut diminuer l’effort d’écoute de 67% et améliorer la reconnaissance de la parole de 48%. De plus, elle peut augmenter la rapidité de réaction à une tâche visuelle de près de 24%, sans sacrifier la précision.

Ces chiffres montrent que la réduction des nuisances sonores, et donc de l’effort d’écoute, peut avoir des effets bénéfiques substantiels sur notre capacité de travail et notre santé auditive. 

Non seulement une meilleure qualité audio améliore notre capacité de mémorisation de 10%, mais elle oblige également notre cerveau à fournir 35% d’effort en moins pour interpréter les informations, selon les recherches d’EPOS. 

Autrement dit, minimiser le stress cognitif lié à l’écoute et à la compréhension de la communication peut booster l’efficacité d’un collaborateur jusqu’à 40%, ouvrant ainsi la voie vers une amélioration notable de la productivité et de la performance individuelle et collective.

Dans un monde où le travail hybride devient la norme, et où les réunions virtuelles constituent un outil quotidien de communication professionnelle, ces découvertes s’avèrent particulièrement pertinentes.

Mieux former et fidéliser les équipes en 9 fiches pratiques

Dans un contexte de turn-over croissant, l’entretien annuel devient un levier pour retenir et faire monter en compétences ses talents. Notre partenaire Lucca a réalisé un guide composé de 9 fiches pratiques afin de définir des actions concrètes pour développer la carrière des collaborateurs.

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L’importance de créer des environnements de travail silencieux, ou au moins de mettre en œuvre des solutions audio qui réduisent activement le bruit ambiant lors des interactions virtuelles, se révèle alors primordiale.

Finalement, la mise en exergue de ces données renforce l’argument selon lequel l’investissement dans la qualité audio et l’aménagement d’environnements de travail auditivement sains ne sont pas uniquement bénéfiques pour la productivité, mais aussi pour la préservation de la santé auditive des collaborateurs, soutenant ainsi une vie professionnelle (et privée) durable et équilibrée pour tous les acteurs impliqués.

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Adeline Lajoinie

Journaliste et Rédactrice Web SEO, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est surtout le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.