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Nuisances sonores au travail : la nécessaire adaptation des entreprises

Nuisances sonores au travail  : la nécessaire adaptation des entreprises
Adeline Lajoinie

Dans le cadre de la Semaine de la Santé Auditive au Travail (17 au 22 Octobre 2022), un nouveau baromètre Ifop-JNA révèle à quel point le bruit est toxique pour tous et dans tous les secteurs, dégradant le climat social, les organisations et la santé.

1 actif sur 2 déclare être concerné par la gêne du bruit au travail 

L’association JNA (Journée Nationale de l’Audition) estime avec intelligence que “la gêne du bruit au travail est une réalité à entendre.” Les résultats du nouveau baromètre Bruit Ifop-JNA “Bruit et santé auditive au travail : la fin des clichés ?” démontre que, depuis le COVID, les salariés ne sont plus prêts à revenir en arrière sur les nuisances auditives au travail. 

1 actif sur 2 est ainsi concerné par la gêne du bruit au travail depuis plusieurs vagues (2017, 2020, 2022). 16% des actifs disent souffrir du bruit « souvent » et 35% « de temps en temps », sachant que certaines catégories se démarquent : les 35 à 49 ans (57%), les ouvriers (65%), les Franciliens (64%) et même les télétravailleurs (56%).

Le secteur le plus concerné reste le commerce : 61% des actifs en poste dans ces métiers sont touchés par la gêne du bruit. Devançant désormais les secteurs traditionnellement décriés : Agriculture et industrie (58%) et BTP Construction (57%).

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Quelles sont ces sources de nuisance sonore au travail ? 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les sources de bruit les plus gênantes sur le lieu de travail viendraient de l’extérieur pour 35%. Puis viendraient les interactions humaines propres à la vie dans les locaux de travail : 

  • Les allers et venues de personnes (28% au total).
  • Les conversations entre collègues (27% au total).
  • Les conversations téléphoniques ou en visioconférence (24% au total).

Ne viennent qu’après les aspects techniques liés aux matériels utilisés (imprimantes, ordinateurs…) , pour seulement 14% des actifs .

Le télétravail également concerné par les nuisances sonores

56% des télétravailleurs se disent personnellement gênés par les nuisances sonores au travail, plus concernés que ceux qui ne télétravaillent pas (49%). Pour 1 télétravailleur sur 2, la gêne du bruit pourrait leur faire fuir le présentiel. Contrairement à ce qui était pensé «avant», le télétravail ne résout pas le problème du bruit. 

Dans ce cadre, la stratégie d’évitement face aux nuisances sonores prime sur une démarche de protection. Une majorité de personnes en télétravail (53%) regrette de venir travailler sur site en raison du bruit et des nuisances sonores.

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Quelles sont les conséquences des nuisances sonores sur les salariés ? 

La nuisance sonore au travail est jugée responsable d’incompréhensions avec le management (48% contre 36% en 2019), de tensions au sein des équipes (41% contre 31% en 2019) et d’agressivité dans les échanges (45% contre 32% en 2019).

Au-delà de l’aspect professionnel et des impacts auditifs, les nuisances sonores sont sources de gêne de compréhension de la parole (48%) ; sifflements, bourdonnements dans les oreilles (39%) ; surdités (34%). Mais également de stress 56% ; de fatigue et de lassitude 66%. 

L’étude souligne le manque de développement de solutions par les entreprises. On parle uniquement de réflexe PICB (28%) ; de sensibilisation (20%) ; de  réaménagement des espaces existants (22%).

Ainsi, 58% des interviewés déclarent ne pas savoir comment réagir en cas de troubles de l’audition provenant d’une forte exposition sonore à leur poste de travail.

Alors que des solutions existent. Comme le souligne l’étude, les droits des salariés en cas de nuisance sonore sont multiples : demander un équipement d’écoute approprié lorsqu’ils travaillent chez eux, demander un équipement de protection individuelle lorsqu’ils travaillent sur site, faire réaliser un test auditif, consulter un médecin, demander une réaffectation dans un autre espace de travail ou encore solliciter un arrêt de travail.

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Adeline Lajoinie

Ancienne journaliste, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.