Covid-19

Comment réagir face à un salarié positif au coronavirus ? Une suspicion ?

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Ecrit par Audrey Gervoise

De nouveau les cas de contamination liés au Covid-19 repartent à la hausse sur le territoire national et parmi les clusters (les foyers de contamination) les plus régulièrement cités, nous comptons les entreprises. Avec les rassemblements familiaux et sportifs, les clusters en entreprises sont les plus vecteurs de contamination.

C’est pourquoi, en tant qu’employeur, il vous faudra réagir rapidement et adopter les bons gestes dans le cas où l’un de vos salariés vous ferez part de sa contamination ou de sa contamination hautement probable au coronavirus.

Toutefois, cela n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Car malgré le fait que l’employeur soit tenu par l’article L. 4121-1 du Code du travail d’assurer, par tous les moyens jugés nécessaires, la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés ; à ce jour, aucune directive claire n’a été émise par le ministère du Travail sur les mesures à prendre par l’employeur en cas de cas Covid-19 au sein de son personnel.

C’est pourquoi, nous avons décidé de vous présenter une liste des actions à mener en cas de présence ou de suspicion d’un salarié contaminé par le coronavirus.

Informer le salarié sur les actions qu’il doit entreprendre.

Si votre salarié vous révèle qu’à l’issue d’un test PCR, ce dernier s’est avéré être positif et qu’il est présent au sein de vos locaux, il vous faudra immédiatement l’isoler des autres salariés de l’entreprise et veiller à ce qu’il respecte scrupuleusement l’application des gestes barrières. C’est-à-dire :

  • Le port obligatoire d’un masque chirurgical jetable (si le salarié n’en possède pas, vous devrez alors lui en fournir un).
  • Se désinfecter les mains avec du gel hydroalcoolique ou avec de l’eau savonneuse.
  • Éviter tous contacts physiques avec ses collègues et son employeur.
  • Utilisation de mouchoir jetable à usage unique.

En plus de ses mesures individuelles, mais aussi dans le cas où le salarié contaminé n’est pas présent dans les locaux au moment de l’information, vous devrez veiller au nettoyage et à la désinfection minutieuse de tous les espaces susceptibles d’avoir été contaminé par votre salarié malade. À savoir :

  • Les poignées de portes et de fenêtres.
  • Les touches de clavier des ordinateurs et machines collectives.
  • Couverts, mobiliers divers, etc.

Dans le même temps, invitez votre salarié à retourner ou à rester chez lui, mais aussi à contacter au plus vite son médecin ainsi que l’assurance maladie afin de mettre en œuvre le protocole sanitaire.

En dépit du test positif, si votre salarié se sent bien et qu’il lui est possible de télétravailler alors il ne sera pas dans l’obligation de demander un arrêt de travail.

Les mesures à prendre seront les mêmes en cas de suspicion hautement probable de contamination.

En revanche attention, si votre salarié ne peut télétravailler et s’il n’est pas déclaré positif par un test PCR et que vous lui demandez de rester chez lui, alors qu’il n’a pas d’arrêt de travail ou de quarantaine imposée, il vous faudra maintenir sa rémunération.

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Alerter son organisme de médecine du travail.

En parallèle des premières actions entreprises, nous vous conseillons fortement de prévenir la médecine du travail du risque possible ou avéré de contamination de l’un ou de plusieurs de vos salariés. Et ce, le plus rapidement possible.

En effet, grâce à l’ordonnance n°2020-386 du 1er avril 2020, les médecins du travail ont vu leurs prérogatives et leurs pouvoirs s’élargir afin de faire face à cette crise sanitaire.

Ainsi, les médecins du travail ont désormais la possibilité de pratiquer des tests de dépistage du Covid-19, mais ils ont également la capacité de prescrire ou de renouveler, si besoin, des arrêts maladies en lien avec une suspicion de contamination ou une contamination avérée par le Coronavirus.

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Établir la liste précise des cas contacts avérés et potentiels.

Limiter les risques de contamination en isolant le ou les salariés concernés par le Covid-19 ne répond qu’à une partie de vos obligations de sécurité en tant qu’employeur.

En effet, il est de votre devoir d’avertir vos salariés, et ce sans divulguer le nom du ou des salariés concernés et en respectant le principe du secret médical, de leur potentielle exposition au virus.

Afin d’éviter tout départ de cluster au sein de votre établissement, mais aussi pour éviter que la panique ne se répande auprès de vos salariés, nous vous invitons à dresser des listes de cas contacts en les dispatchant entre ceux considérés comme des cas contacts à fort risque d’exposition et ceux à faible risque d’exposition.

Les contacts à forts risques sont ceux répondant aux critères suivants :

  • Partage d’un même lieu de vie ou d’un moyen de transport personnel (cela sera le cas pour les salariés vivant en couple ou pratiquant le covoiturage).
  • Des discussions en face à face sans port du masque et à une distance inférieure à 1 mètre. (Pause-café et déjeuner entre collègues).
  • Contact prolongé de plus de 15 minutes à une distance inférieure à 1m50. (Situations identiques à celles du précédent point).
  • Utilisation d’outils de travail communs de façon régulière.
  • Collègues de travail se saluant par une poignée de main ou une bise.

Les contacts à faibles risques seront généralement :

  • Les voisins de bureau dans les espaces ouverts se situant à une distance supérieure à 1m50 et portant un masque en permanence.
  • Les cas de croisement lors des déplacements au sein de l’entreprise avec port du masque et un respect d’une distance minimale (pas de contact physique).

Assurer la protection des salariés et renforcer les mesures de prévention.

À la suite d’un test PCR positif chez l’un de vos collaborateurs ou d’une suspicion élevée de contamination, il sera préférable de procéder à un nettoyage et à une désinfection minutieuse de son espace de travail, mais aussi des espaces communs où il aurait été susceptible de se rendre et de déposer le virus. Procéder à la ventilation poussée des pièces communes et du lieu de travail du salarié concerné est également à préconiser.

Comme il l’a été démontré par de nombreuses études, le virus du Covid-19 est en mesure de survivre entre 24 à 72 heures (fonction des surfaces) en dehors du corps humain. Ainsi, il ne vous suffira pas d’isoler votre salarié pour éviter les contacts directs avec ses collègues. Les poignées de portes qu’il aura touchées, les éléments plastiques qu’il aura été susceptible de manipuler seront toujours vecteurs de contamination même après son départ.

Suggérer à vos salariés de réaliser un test de dépistage.

Bien que vous n’ayez pas la possibilité légale de soumettre vos salariés au test de dépistage du Covid-19, il est plus que préférable de les encourager à se faire tester s’ils ont été identifiés comme contact à risque.

À la fois pour eux, mais aussi pour préserver leurs proches de la maladie.

Pour ce faire, vous pouvez soit solliciter votre médecine du travail ou accorder à votre salarié une autorisation d’absence rémunérée pour qu’il puisse effectuer son test sur ses heures de travail.

A propos de l'auteur

Audrey Gervoise

Généraliste confirmée dans le domaine des Ressources Humaines et dans la gestion des entreprises, je mets l'ensemble de mes compétences, de mon expérience et de mes savoir-faire au service des entreprises pour les aider et les éclairer dans la gestion RH et administrative du quotidien.