Un présentéisme au travail qui coûte plus cher que l’absentéisme ?
On a longtemps mesuré la santé d’une entreprise à son taux d’absentéisme. Moins de gens absents, moins de problèmes. La logique semblait imparable. C’était sans compter sur ces salariés qui viennent, mais qui n’auraient pas dû.
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Recevoir le guideC’est ce que pointe le dernier baromètre de TELUS Health : 61 % des salariés français déclarent travailler au moins un jour par semaine alors qu’ils ne se sentent pas bien, physiquement ou mentalement.
Plus d’un salarié sur deux qui se lève, ouvre son ordinateur ou prend sa voiture, alors que son état de santé le déconseille.
Les chiffres de l’étude sont sans appel :
Un salarié qui travaille malgré un état dégradé perd en moyenne 38,8 jours de productivité par an,
contre 29,6 jours pour ceux qui font le choix de rester chez eux quand ils ne vont pas bien.
Soit un écart de 9,2 jours par personne et par an, en défaveur du présentéisme. Et plus le phénomène s’installe, plus la facture grimpe.
Un salarié qui vient travailler malade trois jours par semaine perd 55,9 jours de productivité annuelle. Cinq jours par semaine : 62,3 jours. La présence physique n’est donc pas un gage de performance. C’est même souvent l’inverse.
Ce qui reste difficile à mesurer, c’est la qualité du travail produit dans cet état. Un salarié épuisé ou anxieux répond à ses mails, participe aux réunions, traite ses dossiers. En apparence, tout suit son cours.
Mais sa concentration est altérée, ses décisions moins fiables, sa capacité à produire un travail de qualité sensiblement réduite.
Les données de TELUS le confirment indirectement : les 39 % de salariés qui ne travaillent jamais lorsqu’ils ne vont pas bien affichent le meilleur score de santé mentale du panel, à 74,4 sur 100, soit près de 13 points au-dessus de la moyenne nationale, établie à 61,6.
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Comment réduire le présentéisme au travail et protéger la performance ?
Derrière le présentéisme, il y a souvent un malaise plus profond.
Le baromètre TELUS dresse un tableau préoccupant : 42 % des salariés se déclarent anxieux, 35 % estiment que leur santé mentale nuit à leur productivité, 32 % se sentent isolés.
Par ailleurs, 37 % des actifs présentent un risque élevé pour leur santé mentale et 42 % un risque modéré. Seuls 21 % affichent un risque faible. Le présentéisme n’est donc souvent que le symptôme visible d’une situation qui s’est dégradée bien en amont.
Ce que les salariés attendent concrètement : davantage de soutien en matière de santé physique pour 26 % d’entre eux, plus d’opportunités de développement professionnel pour 25 %, et une formation à la gestion du stress et à la résilience pour 22 %.
Pour les équipes RH, la priorité est d’apprendre à détecter les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des situations critiques.
Fatigue persistante, baisse de concentration, irritabilité ou surcharge mentale sont autant d’indicateurs que les managers de proximité peuvent identifier, à condition d’y être sensibilisés et de se sentir légitimes pour agir.
La culture d’entreprise joue également un rôle déterminant. Seuls 46 % des salariés estiment que leur entreprise favorise réellement leur bien-être.
Et l’écart de productivité entre ceux qui se sentent soutenus et les autres est significatif : 36,2 jours perdus par an pour les premiers, contre 52,6 pour les seconds, soit plus de 16 jours d’écart annuel.
Encourager un salarié à rester chez lui lorsqu’il n’est pas en état de travailler n’est pas un coût. C’est un investissement mesurable.
Les données de TELUS le démontrent : le présentéisme fragilise la santé mentale sur la durée, dégrade la qualité du travail et génère des pertes de productivité que la plupart des entreprises sous-estiment.
Pour les RH, l’enjeu n’est plus seulement de réduire l’absentéisme, mais de construire un environnement où les collaborateurs peuvent réellement récupérer lorsqu’ils en ont besoin, sans que cela soit perçu comme un manque d’engagement.
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