Burn-out : jusqu’à 4 000 € perdus par salarié, une urgence RH

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L’absentéisme reste problématique en entreprise. Mais les causes des arrêts de travail évoluent. Le burn out, par exemple, prend de plus en plus de place dans le quotidien des salariés. Comment faire face à cette nouvelle réalité ?

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Le burn out : un signal d’alerte pour les entreprises ?

Le dernier Baromètre Ayming-OpinionWay de l’Absentéisme et de l’Engagement révèle un basculement inquiétant. 

Le burn out représente désormais 46,9 % des causes d’absence citées par les professionnels RH. En un an, cette part progresse de 4,5 points, tandis que les maladies ordinaires reculent de 4,7 points.

Derrière ces chiffres, une réalité apparaît. Les entreprises ne font plus seulement face à des salariés malades. Elles sont confrontées à une fatigue psychologique qui s’installe progressivement.

Charge mentale, perte de sens, injonctions contradictoires ou manque de perspectives professionnelles fragilisent de plus en plus de collaborateurs.

L’arrêt de travail ne constitue d’ailleurs qu’une partie du problème. Avant de s’absenter, le salarié est souvent déjà moins impliqué et moins performant. 

Pendant son absence, la charge de travail est redistribuée au reste de l’équipe. Au retour, le risque de rechute reste important si rien n’a changé dans l’organisation.

L’absentéisme ralentit légèrement, mais il demeure installé. En 2026, 30,8 % des RH constatent encore une hausse des absences, contre 37,5 % un an plus tôt. Surtout, 51,9 % considèrent toujours que leur entreprise connaît un niveau d’absentéisme élevé.

L’impact financier devient lui aussi difficile à ignorer. Le coût moyen atteint désormais 4 000 euros par salarié chaque année.

À l’échelle du pays, la facture dépasse les 100 milliards d’euros. Pourtant, ce montant reste largement invisible dans les comptes des entreprises.

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Pourquoi mesurer l’absentéisme ne suffit plus à freiner le burn out

Les entreprises n’ont jamais autant suivi leurs indicateurs. En 2026, 94,1 % disposent d’un tableau de bord dédié à l’absentéisme, contre 91,2 % en 2025. Elles sont également 63 % à calculer son coût réel, contre 57,1 % un an auparavant.

Les démarches de prévention deviennent elles aussi plus professionnelles. Près de 69,7 % des organisations évaluent désormais le retour sur investissement de leurs actions, contre 61,3 % en 2025. La progression atteint 8,4 points, soit la plus forte enregistrée par le baromètre.

Malgré ces progrès, les résultats peinent à suivre. Les directions RH savent de mieux en mieux mesurer le phénomène, mais elles rencontrent encore des difficultés à agir sur ses causes. 

Réduire durablement le burn out suppose d’intervenir sur l’organisation du travail, les pratiques managériales, la charge de travail et les moyens accordés aux équipes.

Les RH ne sont d’ailleurs pas épargnées. Les professionnels se déclarant désengagés passent de 3 % à 5,9 % en un an. Dans le même temps, la part des RH très engagés recule de 55,9 % à 51,7 %.


Plus qu’un simple indicateur RH, le burn out devient donc aujourd’hui un révélateur de la santé des organisations.

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Adeline Lajoinie