Canicule et droit de retrait : quand les salariés haussent le ton

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Quand fait-il vraiment trop chaud pour travailler ? Et les dirigeants sont-ils en accord avec les salariés sur ce sujet ? Avec la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, la question du droit de retrait se pose plus que jamais. Comment gérer ça en RH ?

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Le droit de retrait, c’est quoi ?

Le droit de retrait permet à un salarié de quitter son poste lorsqu’il estime être confronté à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il ne peut pas être utilisé pour un simple inconfort. En cas de fortes chaleurs, tout dépend donc des conditions de travail et des mesures de prévention mises en place par l’employeur.

Canicule et droit de retrait : des attentes qui évoluent rapidement

Les épisodes de chaleur extrême se multiplient et modifient les attentes des salariés. Si le Code du travail ne fixe toujours pas de température maximale pour travailler, il impose à l’employeur une obligation générale de protéger la santé et la sécurité de ses collaborateurs.

Depuis le 24 juin 2025, la réglementation a d’ailleurs été renforcée avec de nouvelles mesures de prévention en cas de canicule.

Dans ce contexte, le débat autour de la canicule et droit de retrait prend de l’ampleur. Selon une étude OberA réalisée en juin 2026 auprès de 3 216 actifs, 79 % des salariés sont prêts à agir pour faire évoluer leurs conditions de travail face aux fortes chaleurs.

Ce chiffre illustre une évolution profonde des attentes.

Le droit de retrait reste toutefois encadré. Il peut être exercé lorsqu’un salarié estime être confronté à un danger grave et imminent pour sa santé. La chaleur seule ne suffit donc pas automatiquement à le justifier.

En revanche, l’étude montre que 31 % des salariés considèrent que ce droit devient légitime dès l’apparition de symptômes comme des malaises, des vertiges, des nausées, une confusion ou un épuisement.

“79 % des salariés sont prêts à agir pour faire évoluer leurs conditions de travail face aux fortes chaleurs.”

Étude OberA, juin 2026.

Les situations jugées les plus critiques sont très concrètes. 15 % citent l’absence d’eau fraîche, 14 % un poste exposé sans protection, 12 % le refus d’adapter les horaires ou les tâches, 8 % le maintien d’un salarié vulnérable sur un poste exposé et 6 % un simple inconfort. Au total, 41 % évoquent directement des manquements de l’employeur.

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L’étude OberA révèle également un décalage entre les attentes des salariés et la manière dont les entreprises anticipent parfois ces situations. Avant d’envisager un droit de retrait, les collaborateurs privilégient d’abord le dialogue.

Ainsi, 21 % demanderaient immédiatement de l’eau, une pause supplémentaire ou un changement de poste. 18 % signaleraient oralement le problème à leur supérieur et 13 % adresseraient un écrit à leur manager ou aux RH.

Seuls 10 % exerceraient directement leur droit de retrait, tandis que 5 % contacteraient l’inspection du travail.

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Lorsqu’ils cherchent un interlocuteur, les salariés se tournent en priorité vers leur manager direct (29 %), devant leurs collègues (15 %), les secours en cas de malaise (10 %), les RH (9 %), le CSE (8 %), le médecin du travail (5 %) et enfin l’inspection du travail (4 %).

Ce résultat rappelle le rôle central du management de proximité dans la prévention des risques liés à la chaleur.

Les attentes envers l’employeur sont également très fortes. 25 % des salariés souhaitent une mise en place immédiate de mesures correctives.

17 % évoquent des sanctions financières en cas de manquement, 13 % un contrôle de l’inspection du travail, 13 % une responsabilité renforcée lors d’un malaise ou d’un accident du travail et 11 % la suspension temporaire des activités dangereuses.

À l’inverse, seuls 6 % estimeraient qu’un simple rappel à l’ordre serait suffisant.

Pour les RH, la meilleure stratégie consiste à agir avant que la situation ne se tende. Adapter les horaires, fournir de l’eau fraîche, renforcer les pauses, aménager les postes, protéger les salariés vulnérables et rappeler les procédures internes permettent souvent d’éviter les tensions.

Une communication régulière avec les managers est également indispensable, car ils restent le premier point de contact des équipes.

La canicule transforme progressivement les attentes des salariés. Plus qu’un débat juridique sur le droit de retrait, elle interroge désormais la capacité des entreprises à protéger concrètement leurs collaborateurs et à instaurer un climat de confiance.

FAQ : 3 questions fréquentes sur le droit de retrait en période de canicule

À partir de quelle température un salarié peut-il exercer son droit de retrait ?

Aucune température maximale n’est fixée par le Code du travail. Le droit de retrait dépend de l’existence d’un danger grave et imminent, évalué selon les conditions réelles de travail : exposition au soleil, efforts physiques, accès à l’eau, ventilation ou encore état de santé du salarié.

Un employeur peut-il sanctionner un salarié qui exerce son droit de retrait ?

Non, si le droit de retrait est exercé de manière légitime. En revanche, si aucun danger grave et imminent n’est caractérisé, l’employeur peut contester son utilisation. Chaque situation s’apprécie au cas par cas.


Comment éviter qu’une situation de canicule débouche sur un droit de retrait ?

La prévention reste la meilleure solution. Adapter les horaires, fournir de l’eau fraîche, augmenter les pauses, protéger les postes exposés et communiquer régulièrement avec les équipes permettent de limiter les risques. Les managers jouent également un rôle essentiel.

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