Retraite anticipée : quelles possibilités pour les salariés en 2026 ?

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Carrière longue, handicap, incapacité : découvrez les possibilités de retraite anticipée en 2026 et les nouvelles règles applicables au 1er septembre.

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Certains salariés peuvent partir à la retraite plus tôt que dans le cas général : c’est ce que l’on appelle la retraite anticipée. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu partiellement le calendrier issu de la réforme des retraites de 2023 avec un impact direct sur la retraite anticipée des salariés.

Deux décrets publiés en mai et juillet modifient les règles applicables aux carrières longues, aux assurés handicapés et aux parents.

Mais à partir de quel âge un salarié peut-il partir en retraite anticipée en 2026 ? Quelles sont les conditions ? Et comment en bénéficier ?

Dans cet article, nous proposons de faire le point sur les différentes possibilités de retraite anticipée ouvertes aux salariés en 2026.

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Retraite en 2026 : Quels changements au 1er septembre ?

La suspension partielle de la réforme des retraites de 2023 modifie l’âge légal et la durée d’assurance de plusieurs générations. Ces nouvelles règles concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Une suspension partielle de la réforme des retraites de 2023

La réforme de 2023 prévoyait un relèvement progressif de l’âge légal jusqu’à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. L’article 105 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a décalé ce calendrier.

Pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, les assurés nés entre 1964 et 1968 peuvent partir un trimestre plus tôt que selon le calendrier initial. L’âge de 64 ans s’applique désormais à partir de la génération 1969, selon les nouveaux tableaux publiés par l’Assurance retraite.

La durée d’assurance requise pour obtenir le taux plein est également réduite pour les personnes nées en 1964 et en 1965.

Année de naissanceÂge légal à compter du 1er septembre 2026Trimestres requis pour le taux plein*
Du 1er janvier 1963 au 31 mars 196562 ans et 9 mois170
Du 1er avril 1965 au 31 décembre 196563 ans171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
À partir de 196964 ans172
*Trimestres cotisés ou réputés cotisés compte tenu des périodes d’absence prises en compte

Ces âges ne constituent pas nécessairement la date de départ effective. Pour percevoir une pension complète avant 67 ans, l’assuré doit également justifier du nombre de trimestres requis, sauf dispositif accordant le taux plein indépendamment de la durée d’assurance, notamment pour certains cas de retraite anticipée.

Retraite anticipée : Deux décrets d’application à retenir en 2026

Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 adapte les conditions de départ anticipé pour carrière longue et pour handicap à la suspension de la réforme.

Le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 prévoit de retenir certaines majorations ou bonifications de durée d’assurance liées aux enfants dans la durée cotisée exigée pour la carrière longue. La prise en compte est limitée à deux trimestres par assuré.

En tout état de cause, les anciennes règles demeurent applicables aux pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026.

Quels dispositifs permettent de partir avant l’âge légal en 2026 ?

Plusieurs dispositifs spécifiques permettent de cesser l’activité avant l’âge légal ou d’aménager la fin de carrière, avec des conditions différentes en fonction des cas.

DispositifÂge de départ possible
Carrière longueDe 58 à 63 ans
Retraite anticipée pour handicapÀ partir de 55 ans
Incapacité permanente d’au moins 20 %À partir de 60 ans
Incapacité permanente de 10 % à 19 %Deux ans avant l’âge légal
Compte professionnel de prévention (C2P)Jusqu’à deux ans avant l’âge légal
Allocation des travailleurs de l’amianteÀ partir de 50 ans
Retraite pour inaptitudeÀ partir de 62 ans
Retraite progressiveÀ partir de 60 ans

À noter : La retraite progressive ne constitue pas une liquidation définitive anticipée. Elle permet de poursuivre une activité tout en percevant une fraction des pensions de retraite.

Comment bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue en 2026 ?

La carrière longue est le principal dispositif de départ anticipé. Le salarié doit avoir commencé à travailler jeune et de réunir une durée minimale d’assurance cotisée, tous régimes de base confondus.

Retraite carrière longue : Quelles sont les conditions ?

Deux conditions cumulatives doivent être réunies :

  • Justifier d’un nombre minimal de trimestres en début de carrière ;
  • Totaliser la durée d’assurance cotisée exigée pour la génération concernée.

Le décret du 7 mai 2026 avance de quelques mois le départ de certaines générations pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Ainsi, le salarié doit avoir validé cinq trimestres avant la fin de l’année civile de son 20e anniversaire. Cette condition est ramenée à quatre trimestres pour les personnes nées entre le 1er octobre et le 31 décembre.

Conditions pour bénéficier d’un départ à la retraite pour carrière longue à compter du 1er septembre 2026 :

Année de naissanceÂge minimal de départNombre de trimestres cotisés*
196460 ans et 6 mois170
Du 1er janvier au 31 mars 196560 ans et 9 mois170
Du 1er avril au 30 novembre 196560 ans et 9 mois171
Du 1er décembre au 31 décembre 196560 ans et 8 mois171
196660 ans et 9 mois172
196761 ans172
196861 ans et 3 mois172
196961 ans et 6 mois172
197061 ans et 9 mois172
*Trimestres cotisés ou réputés cotisés compte tenu des périodes d’absence prises en compte

Exemple : Un salarié né le 15 juin 1967 a commencé à travailler le 1er juillet 1985, à l’âge de 18 ans. Il a ainsi validé au moins cinq trimestres avant la fin de l’année civile de ses 20 ans.

S’il totalise les 172 trimestres cotisés requis, il peut bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue dès 61 ans, soit à compter du 1er juillet 2028. Selon le calendrier antérieur, son départ aurait été possible à 61 ans et 3 mois, soit à compter du 1er octobre 2028.

Quels trimestres sont retenus pour une carrière longue ?

Tous les trimestres inscrits sur le relevé de carrière ne sont pas nécessairement retenus. Le dispositif prend en compte les trimestres effectivement cotisés ainsi que certaines périodes dites « réputées cotisées », dans certaines limites.

Sont notamment retenus :

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  • Les périodes de service national, dans la limite de quatre trimestres ;
  • Les périodes de maladie et d’incapacité temporaire liées à un accident du travail, dans la limite globale de quatre trimestres ;
  • Les périodes de chômage indemnisé et d’activité partielle, dans la limite globale de quatre trimestres ;
  • Les périodes de perception d’une pension d’invalidité, dans la limite de deux trimestres ;
  • Les périodes assimilées au titre de la maternité ou de l’adoption ;
  • Les périodes validées au titre de l’assurance vieillesse des parents au foyer ou de l’assurance vieillesse des aidants, dans la limite de quatre trimestres ;
  • certains trimestres acquis grâce au compte professionnel de prévention (C2P).

Le nombre de trimestres cotisés ou réputés cotisés ne peut pas dépasser quatre pour une même année civile.

A lire également :

Les trimestres pour enfants comptent-ils désormais pour la carrière longue ?

À compter du 1er septembre 2026, les périodes de maternité, éducation ou adoption pourront être pris en compte, dans la limite de deux trimestres.

Comment fonctionne la retraite anticipée pour handicap en 2026 ?

Un salarié ayant travaillé en situation de handicap peut liquider sa retraite dès 55 ans. Le droit dépend de la durée cotisée et de la concomitance entre ces périodes cotisées et la situation de handicap.

Quelles conditions de handicap faut-il justifier ?

Le salarié doit avoir exercé son activité avec une incapacité permanente d’au moins 50 % ou avec un handicap de niveau comparable. Ainsi, la seule détention d’une RQTH après le 31 décembre 2015 ne suffit donc pas. Des justificatifs doivent établir la situation de handicap pendant toute la durée cotisée utilisée pour ouvrir le droit.

À noter : Pour les périodes antérieures au 1er janvier 2016, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé peut être retenue.

Combien de trimestres faut-il avoir cotisé ?

La durée cotisée exigée varie selon l’année de naissance et l’âge de départ. Elle correspond à la durée d’assurance requise pour le taux plein, diminuée de 60 trimestres pour un départ à 55 ans, de 70 trimestres à 56 ans, de 80 trimestres à 57 ans, de 90 trimestres à 58 ans et de 100 trimestres à 59 ans.

La circulaire Cnav n° 2026-18 du 15 juin 2026 détaille les durées applicables par génération à compter du 1er septembre 2026

Exemple : pour un assuré né en 1973, la durée requise pour le taux plein est de 172 trimestres. Un départ à 55 ans est conditionné à 112 trimestres cotisés en situation de handicap. À 59 ans, 72 trimestres sont nécessaires.

Incapacité permanente, inaptitude et amiante : Le départ anticipé en raison de l’état de santé

Dans certains cas, le salarié peut partir plus tôt à la retraite en raison de son état de santé.

Quel départ avec une incapacité permanente d’au moins 20 % ?

Une retraite à taux plein peut être attribuée dès 60 ans lorsque le salarié justifie d’une incapacité permanente d’au moins 20 % consécutive :

  • À une maladie professionnelle ;
  • Ou à un accident du travail ayant provoqué des lésions identiques à celles indemnisées au titre d’une maladie professionnelle.

Le seuil de 20 % peut résulter de l’addition de plusieurs taux, à condition qu’au moins l’un d’eux soit égal à 10 %. Une incapacité permanente consécutive à un accident de trajet n’ouvre pas droit à ce dispositif.

Quel départ avec un taux compris entre 10 % et 19 % ?

Lorsque le taux d’incapacité permanente est compris entre 10 % et 19 %, le départ peut intervenir deux ans avant l’âge légal applicable à la génération. Deux conditions doivent alors être remplies :

  • Avoir été exposé pendant au moins 17 ans, soit 68 trimestres, à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels ;
  • Etablir un lien direct entre l’exposition et l’incapacité permanente.

La pension d’invalidité permet-elle de partir avant l’âge légal ?

La pension d’invalidité n’ouvre pas, à elle seule, un droit à la retraite anticipée avant 62 ans. À cet âge, elle est en principe remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, calculée au taux plein quel que soit le nombre de trimestres.

Le maintien de la pension d’invalidité reste possible dans certaines situations de poursuite d’activité. Par ailleurs, un titulaire d’une pension d’invalidité peut bénéficier avant 62 ans d’un autre dispositif, notamment la carrière longue ou la retraite anticipée pour handicap, s’il en remplit les conditions.

Quel dispositif pour les travailleurs exposés à l’amiante ?

L’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante, ou ATA, permet aux salariés concernés de cesser leur activité avant l’âge légal. Elle est versée jusqu’à l’ouverture des droits à la retraite.

L’allocation cesse à partir de 60 ans lorsque l’assuré totalise la durée d’assurance requise pour le taux plein. À défaut, elle peut être maintenue jusqu’à 65 ans, âge auquel la retraite est attribuée à taux plein.

Quel est l’impact d’un départ anticipé à la retraite du salarié ?

Le départ anticipé à la retraite entraîne une cessation d’activité dans les conditions définies par la réglementation. Comme pour un départ à la retraite de droit commun, la rupture du contrat de travail ouvre droit au versement d’une indemnité de départ à la retraite, sous réserve que le salarié remplisse les conditions d’ancienneté requises.

Retraite anticipée : Quel impact sur le contrat de travail du salarié ?

Comme dans le cadre d’un départ à la retraite classique, le départ anticipé à l’initiative du salarié entraîne la rupture de son contrat de travail. Le salarié doit informer son employeur de sa décision, de préférence par écrit, dans les mêmes conditions que pour un départ à la retraite de droit commun.

Il doit également respecter un préavis au moins égal à celui applicable en cas de licenciement. Toutefois, des dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables peuvent prévoir une durée de préavis différente.

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Le salarié perçoit-il une indemnité de départ à la retraite ?

Le salarié qui quitte volontairement l’entreprise pour bénéficier de sa pension de retraite de base peut percevoir une indemnité de départ à la retraite s’il justifie d’au moins dix ans d’ancienneté, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.


AnciennetéIndemnité légale minimale
De 10 ans à moins de 15 ansUn demi-mois de salaire
De 15 ans à moins de 20 ansUn mois de salaire
De 20 ans à moins de 30 ansUn mois et demi de salaire
Au moins 30 ansDeux mois de salaire

Le salarié doit également respecter un préavis d’une durée identique à celle applicable en cas de licenciement. L’indemnité de départ volontaire est soumise aux cotisations sociales, à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu, sauf régime particulier, notamment en cas de plan de sauvegarde de l’emploi.

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Laetitia Baccelli