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Turnover : comment le mesurer ? L’analyser ? Le réduire ?

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Ecrit par Johan Hidouche

Vous avez besoin de mesurer le taux de turnover de votre entreprise et vous souhaitez connaître la formule adéquate ?

Vous l’avez déjà calculé mais vous vous demandez si ce taux est bon ou mauvais ? Comment interpréter un taux de turnover en entreprise ?

Vous avez pour mission de réduire le turnover de votre entreprise et vous recherchez des conseils pour vous aider dans cette tâche ?

Retrouvez les réponses à vos différentes questions dans cet article !

Turnover: qu’est-ce que c’est ? De quoi parle-t-on ?

Le Turnover (parfois nommé Rotation de l’emploi / Renouvellement du personnel / Taux de roulement) sont les termes synonymes afin de qualifier le taux de rotation du personnel au sein d’une entreprise. 

Si rester fidèle à son emploi était une règle tacite admise par tous il y’a 30 ans, le taux de turnover a quintuplé et se présente comme le reflet d’un rapport à l’entreprise qui a changé. Il est devenu peu à peu un indicateur et les entreprises peaufinent leurs marques employeurs afin d’attirer et surtout de conserver les meilleurs talents. 

La notion de Turnover est intimement liée à celle des conditions de vie au travail. 

Le taux de rotation se calcule et s’avère être donc une donnée précieuse pour les ressources humaines car il témoigne de l’attractivité de l’entreprise, de l’état de son secteur et de son climat social. Son impact sur ses finances est également un argument de poids pour veiller à le maîtriser.

Le réduire est donc une priorité mais attention à ne pas tomber dans l’excès : un taux de renouvellement est toujours nécessaire afin de dynamiser les équipes et apporter un nouveau souffle à son entreprise. Analysons ces données de plus près.

Lire également:

Comment calculer / mesurer le turnover dans une entreprise ?

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Le taux de rotation est un calcul plutôt simple à réaliser, il est :

Le rapport entre le nombre de d’employé ayant quitté l’entreprise durant une période donnée, divisé par le nombre d’employé en début de la période donnée.

Exemple : 

L’entreprise Caloop est composée de 88 employés au 01/01/X (début d’année). 

Après une année marquée par une baisse d’activité puis une stabilité lors du dernier semestre, 9 personnes ont quitté l’entreprise. 2 personnes ont été recruté en fin d’année dans le cadre de renouvellement de poste. Au total 7 postes n’ont pas été réaffecté. 

Soit pour notre calcul du taux de rotation (turnover) : X = [(9+2)/2] / 88 * 100= 6,5% 

(Dans le détail : X représente l’année du 1er Janvier au 31 décembre, soit notre taux de rotation. 9 le nombre de départ durant l’année, 2 le nombre de poste crées et 88 le nombre de l’effectif total.) 

N’oubliez pas de multiplier ce chiffre par 100 à la fin du calcul afin de vous donner un pourcentage  !

Comment interpréter un taux de turnover ? Comme l’analyser ?

Il n y’a pas de bon ou de mauvais taux de rotation. Tout dépend de votre entreprise, de votre secteur d’activité ainsi que des choix en Gestion et Ressources Humaines que vous faites. Exemple d’une petite entreprise : un salon de coiffure. 

Salon de coiffure : plus le taux est bas, mieux le salon se porte bien.

8 ans : c’est le nombre d’année moyen d’une carrière dans un salon de coiffure (Chiffre DARES).

Les conditions du métier étant difficile, suivre son taux de rotation est dans ce cas de figure une bonne indication du climat social et de la santé économique du salon. 

En effet, l’enjeu est ici -comme pour la plupart des TPE / PME- de fidéliser les employés pour :

  1. Réduire les coûts liés à un départ. Recruter coûte cher, par le temps de recherche qui est autant de temps perdu sans répondre aux demandes des clients, au temps de formation et d’intégration. D’un point de vue économique, l’enjeu est important et perdre un employé à des conséquences financières non négligeables.
  2. S’adapter au changement : dans tous les secteurs, les attentes des clients changent. Faire face à ces évolutions demande une équipe engagée, réactive, convaincue. Seule une équipe dont le turnover est faible peut se lancer dans de nouveaux projets. Un taux de rotation faible renforce ainsi, par l’ancienneté, la capacité à s’adapter à environnement économique mouvant – concurrences, attentes clients… 
  3. Renforcer la relation client : vitale pour les TPE / PME, chaque client doit être « chouchouté » afin de reconduire la prestation / le service. Seule une équipe pérenne peut nouer au fil des années une relation privilégiée avec le client. La dimension humaine, relationnelle est donc ici un aspect stratégique pour l’entreprise. 
  4. Tendre vers la mixité et la conserver : une mixité de genre, d’âge, de provenance pour s’assurer de compétence différente et de visions nouvelles dans la formulation des prestations. Un talent recruté doit être un talent conservé !
  5. Pour les TPE / PME, la question de la transmission peut se poser après le départ des fondateurs. Plus intime qu’une OPA dans un grand capital, la transmission est matérielle et humaine. L’aspect financier est également un point fondamental. Transmettre à une équipe pérenne, avec des acteurs forts et engagés est plus rassurant qu’une entreprise aux effectifs volatils.

Le turnover : opportunité plus que fatalisme !

Le turnover peut également être une opportunité pour : 

  • Dynamiser ses équipes et apporter de nouvelles compétences.
  • L’occasion de promouvoir des promotions internes.
  • Apporter du « sang neuf » à l’entreprise, éviter l’entre-soi et l’immobilisme. 
  • L’occasion de former ses collaborateurs à de nouveaux postes.

Comment analyser un taux de turnover ?

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  1. Turnover moins de 5% : un turnover faible, il peut être un signe de grande qualité comme d’un immobilisme. 
  2. Turnover entre 5 & 10% : dans la moyenne nationale, gardez un œil sur l’évolution de ce taux ainsi que de votre stratégie à ce sujet : avez-vous la main dessus ou subissez-vous ? 
  3. Turnover plus de 15% : hormis certains secteurs (restauration…), interrogez-vous sur les raisons qui expliquent ce taux élevé. Nous vous donnons 8 leviers pour le réduire ci-dessous.

8 techniques pour réduire le turnover en entreprise 

Avoir un minimum de Turnover est donc nécessaire, néanmoins la plupart des entreprises rencontrent le problème inverse. Nous vous proposons 8 leviers d’actions afin de réduire durablement un turnover supérieur à vos attentes:

Améliorer les relations sociales

Améliorer les relations sociales est un levier majeur pour retenir vos talents, surtout chez les TPE / PME pour qui l’esprit “convivial” motive les employés à rester fidèle au poste. Comment améliorer le climat social ?

Une règle d’or: une communication quotidienne, via un réseau social d’entreprise, voire même une conversation groupé sur smartphone pour faire remonter les besoins terrains et partager son quotidien. La communication est fluidifiée, les problèmes plus vite traités, la convivialité entretenue!

Vous pouvez également imaginer des évènements internes d’entreprise, la célébration des anniversaires ou encore des after-work.

Un contenu du travail en phase avec les compétences

Le travail doit être à porté des employés afin qu’ils puissant le réaliser et être en confiance dans la perspective d’affronter les challenges à venir. Le contenu du travail doit ainsi être en phase avec les compétences ou les aspirations des employés.

Si le contenu peut fortement varier dans les Petites entreprises pour remplacer un collègue par exemple, il se doit d’être réalisable et accessible. Entre challenger et décourager, il n’y a qu’un pas. La meilleure solution étant d’être claire dès le départ sur les périmètres du travail demandés.

Les conditions matérielles du travail : exemple de notre salon de coiffure

Sans faire la révolution au bureau, se préoccuper des conditions physiques et matérielles diminue considérablement le turnover. Ainsi, le matériel comme les chaises ou encore les outils techniques disponibles sont susceptibles de changer radicalement le quotidien pour les employés ainsi que les clients.

Un exemple : notre salon de coiffure fait le choix de modifier tous ses produits beauté (shampoing…) pour des produits 100% naturels. De même pour le nettoyage. C’est un pari 100% gagnant pour la santé des employés (moins de contact avec des substances à long terme nocives) mais également pour le client et l’image de marque du salon de coiffure.

Ces conditions peuvent également concerner le transport domicile – travail, avec le parrainage de transports doux comme le vélo ou la marche à pied, qui conjugue santé, bonne humeur et éthique d’entreprise.

Les conditions physiques au travail : Eve lève toi !

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Optez pour une demi-journée de travail debout par semaine ! Cette posture de travail est en effet meilleure pour le dos et maintient le cerveau plus en alerte !

Si l’idée peut interroger, plusieurs études dont celle de la prestigieuse l’European Journal of Preventive Cardiology montre que la posture assise favorise les maladies cardiovasculaires et le mal de dos.

Améliorer les conditions de physique de travail c’est aussi revenir à la simplicité et à la posture naturelle du corps actif : debout !

L’organisation du travail : libérez votre entreprise !


L’entreprise libérée est un concept crée par Isaac Getz, un chercheur de l’ESCP Europe, l’école de commerce de Paris. Son principe est de briser la hiéarchie en entreprise afin de libérer les collaborateurs d’un management directe et autoritaire, héritier du taylorisme.

L’objectif est au contraire de créer les conditions d’une liberté dans l’organisation du temps et du travail (mode projet, budget pour entreprendre des initiatives personnelles toujours dans le cadre de son travail) afin de responsabiliser plus que de contrôler.

Cette responsabilisation est le terreau pour créer un climat de confiance, mère de tout bon climat social. Il favorise également l’innovation, la créativité et la productivité des employés.

Management : mettez-vous à l’heure de la bienveillance & du sens au travail

La démission à cause du management est l’une des raisons principales qui invitent les employés à changer d’entreprise. Si l’entreprise libérée peut-être difficile à concevoir pour une petite entreprise, le management doit néanmoins s’adapter aux attentes des nouvelles générations.

Plusieurs études dont celle de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche des Etudes Statistiques, Ministère du Travail, juin 2018) montre que notre rapport au travail a changé depuis 25 ans. La génération Y, née entre 1980 et 2000, est avec la génération Z (née après 1995), plus sensibles aux valeurs au travail : bien-être au travail, sens, conditions de travail, bienveillance.

Manager un « babyboomer » est plus aisé car votre titre inspire votre autorité à son égard. Les autres générations, toujours dans l’optique de retenir vos talents, seront sensibles aux sens des missions qu’ils conduisent. La bienveillance et l’écoute doivent également être de mise. La communication non violente qui privilégie le remerciement, la reconnaissance du travail bien fait sont des pistes à explorer afin d’adapter votre management selon votre personnalité et votre culture d’entreprise.

Formez : montez en compétence !

La formation professionnelle est un pari gagnant-gagnant pour l’entreprise & pour l’employé. Il permet de ce pas de réduire le turnover. Il favorise la montée en compétence, favorise la reconnaissance au sein de l’entreprise, augmente l’innovation et la productivité avec l’acquisition de nouvelles connaissances et de savoir-faire. Si l’emploi du temps est difficile à concilier pour un départ en formation, pensez aux formations en ligne à suivre à distance et certifiées !

Recrutez & intégrez !

Un recrutement efficace est celui qui répond aux attentes professionnelles et techniques, mais également aux valeurs de votre entreprise. La dimension humaine, les soft-skills sont souvent négligés pour mettre en valeur les hard skills, à tort !

Demandez vous si la présence d’un candidat est positive, en cas de doute, n’hésitez pas à impliquer plusieurs collègues pour faire le bon choix !

Une fois le recrutement acté, une phase d’intégration est précieuse afin d’accueillir le nouveau collègue. Cette phase de recrutement est importante car elle nourrit la motivation au travail et la volonté de bien faire. Elle est un moteur, une base saine pour « une bonne lancée » !

Le turnover n’est pas une fatalité, il est possible de le réduire !

Le turnover est donc un excellent prisme pour analyser une entreprise : son attractivité économique, son climat social ainsi que de sa santé financière. Ce taux, qu’il soit faible, moyen ou fort doit être sous le contrôle des RH. Il ne doit jamais être subit mais toujours voulu !

A propos de l'auteur

Johan Hidouche

Conférencier & Consultant "Happiness at work",
mon background en philosophie (Sorbonne) & Management (Burgundy School of Business) me permet d'avoir une approche humaine et managériale des questions relatives au bonheur au travail.

J'interviens auprès des entreprises & des organisations,
Mon leitmotiv : optimisme, pragmatisme et audace!

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