Chaleur et travail, quelles sont les règles ?

Chaleur et travail, quelles sont les règles ?
Ingrid Andre

Alors que l’été n’est pas encore là, les premières vagues de chaleur se font déjà sentir, mais comment concilier canicule et sécurité au travail. Quelles sont les règles en matière de chaleur et de travail ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les conditions de travail en période de canicule !

Les beaux jours arrivent et avec eux, le soleil et les fortes chaleurs. Si en période de vacances, ce climat estival et plus qu’apprécier, chez les travailleurs le sentiment et les risques encourus sont tout autres.

Le Code du travail ne définissant pas le travail à la chaleur, chaque année, la même question se pose donc : chaleur et travail, quelles sont les règles ?

Ce que l’on sait, c’est qu’au-delà de 30°C pour une activité sédentaire, et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés.

Mais par exposition à la chaleur, on entend évidemment les périodes de canicule et notamment pour les travailleurs exerçant leur activité en extérieur, mais on entend aussi, ceux qui en période « normale » sont exposés à des matières en fusion par exemple. Il pourra ainsi s’agir des ouvriers de fonderies, d’aciéries, mais aussi des cuisiniers.

Mais attachons-nous prioritairement aux périodes de canicule.

Quelles sont donc les obligations des employeurs ?

L’employeur doit prendre soin de la santé physique et mentale de ses salariés. Pour ce faire, il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité.

Les cas de fortes chaleurs ne dérogent pas à la règle.

Depuis plusieurs années, face à la multiplication des épisodes caniculaires, on observe la mise en place au sein des entreprises de ce que l’on appelle les « plans canicule ».

S’il est certain que la prévention la plus efficace consiste à éviter ou au moins à limiter l’exposition à la chaleur, cela n’est pas toujours possible et dans ce cas, les entreprises doivent trouver des solutions leur permettant de poursuivre leurs activités. Elles peuvent alors agir directement sur l’organisation du travail.

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Quels sont les risques encourus par les salariés ?

Outre les symptômes courants, que nous avons déjà tous rencontrés, comme la fatigue, les sueurs abondantes, les nausées, les maux de tête, les vertiges, les crampes… d’autres symptômes plus graves peuvent apparaître lorsque la période caniculaire s’éternise.

La déshydratation, le coup de chaleur, peuvent s’avérer mortels.

Les travailleurs les plus exposés aux effets néfastes de la chaleur sur la santé sont ceux qui travaillent en extérieur et qui effectuent des tâches difficiles. Les travailleurs du BTP sont particulièrement concernés, mais pas seulement puisque les conducteurs de métro, par exemple, sont eux aussi impactés.

Dans cette hypothèse, la chaleur augmente les risques d’accidents. Elle fatigue les organismes donc elle occasionne une baisse de la vigilance. Autre effet, trop souvent négligé : la transpiration qui peut rendre les mains glissantes ou venir gêner la vue.

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Comment protéger ses salariés en période de fortes chaleurs ?

L’INRS précise que lors des périodes de canicule, il est indispensable de vérifier quotidiennement les conditions météorologiques et notamment le niveau de vigilance « canicule », pour prendre les mesures adaptées aux tâches et aux situations de travail.

Certaines mesures techniques et organisationnelles peuvent contribuer à la réduction des risques : 

  • « Aménager les horaires de travail en période de fortes chaleurs en favorisant les heures les moins chaudes de la journée ;
  • Limiter le temps d’exposition du salarié à la chaleur en effectuant des rotations de personnel si possible ;
  • Augmenter la fréquence des pauses de récupération dans des lieux frais ;
  • Permettre au salarié d’adopter son propre rythme de travail pour réduire sa contrainte thermique ;
  • Limiter ou reporter le travail physique pour réduire la production de chaleur métabolique ;
  • Modifier voire mécaniser certaines tâches. Par exemple, utiliser systématiquement les aides mécaniques à la manutention si la tâche demandée allie conditions de chaleur et manutention ;
  • Prévoir des sources d’eau potable à proximité des postes de travail et des aires de repos ombragées ou climatisées ;
  • Éviter le travail isolé, pour permettre une surveillance mutuelle des salariés et une intervention rapide si besoin ;
  • Former et informer les salariés sur les risques liés à la chaleur, les signes d’alerte du coup de chaleur et les mesures de premier secours. 
  • Prendre en compte la période d’acclimatation nécessaire (au minimum sept jours d’exposition régulière à la chaleur), en particulier pour les intérimaires, les nouveaux embauchés, les salariés de retour après une absence.

En complément, des mesures portant sur l’organisation du travail ou la conception de la situation de travail, il convient également de promouvoir les mesures de prévention individuelle (habillement, hydratation, alimentation…). »*

(*Source INRS)

Les salariés peuvent-ils faire valoir leur droit de retrait en période de canicule ?

Malgré les mesures prises par l’employeur, ou en l’absence de prise de ces mesures, il se peut que les salariés estiment que leur situation de travail représente un danger grave et imminent pour leur santé. Ils ont alors la possibilité d’appliquer leur droit de retrait.

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Ingrid Andre