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Congés estivaux 2026 : obligations, droits et organisation

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Chaque année, la gestion des congés d’été représente un défi pour les managers et les RH. Période obligatoire de prise des congés, règles du Code du travail, fixation des dates et obligations de l’employeur : découvrez tout ce qu’il faut maîtriser pour aborder la période estivale en toute sérénité.

Auteur / Autrice

Ex-Responsable RH, j'accompagne les entreprises du secteur RH dans la conception-rédaction d'articles visant à valoriser leur expertise.

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Sommaire de l'article

Entre les obligations légales à respecter, les délais à tenir et les cas particuliers à arbitrer, la période peut vite devenir source de tensions. On fait le point sur tout ce que l’employeur doit maîtriser pour aborder la période estivale sereinement, et que chacun puisse gérer les congés d’été avec fluidité.

Congés estivaux : quel cadre légal l’employeur doit-il respecter ?

Ce que dit le Code du travail sur le congé principal

La période légale des congés d’été s’étend du 1er mai au 31 octobre. C’est durant cette fenêtre que chaque salarié doit pouvoir poser au minimum 12 jours ouvrables consécutifs, correspondant au congé principal.

Cette règle est fixée par l’article L.3141-13 du Code du travail. Elle s’impose à tous les employeurs, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. La période peut notamment être étendue ou modifiée par accord d’entreprise ou par accord de branche, ce qui est fréquent dans certains secteurs (BTP, tourisme, industrie).

Combien de jours consécutifs l’employeur peut-il autoriser ?

Le congé principal ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables consécutifs (soit 4 semaines), sauf dérogation liée à des contraintes géographiques ou familiales particulières.

L’employeur a donc un réel pouvoir d’encadrement sur la durée de l’absence estivale, entre les 24 jours possibles et le plancher légal des 12 jours.

💡 Bon à savoir : Avant d’appliquer les règles du Code du travail à la lettre, vérifiez votre convention collective. De nombreux accords de branche prévoient des périodes différentes, des durées maximales ajustées, ou des modalités spécifiques d’organisation.

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Comment fixer et communiquer l’ordre des départs en congés ?

Les critères légaux pour établir l’ordre des départs

L’ordre des départs en congés est fixé par l’employeur, après consultation des représentants du personnel si l’entreprise en dispose. La loi impose de prendre en compte plusieurs critères cumulatifs :

  • La situation de famille du salarié : enfants scolarisés, conjoint en congé simultané.
  • L’ancienneté dans l’entreprise
  • L’activité chez un autre employeur (en cas de multi-emploi)

Ces critères sont définis à l’article L.3141-16 du Code du travail et doivent être diffusés auprès des salariés, sur un Intranet RH ou affichés au sein de l’entreprise. 

L’employeur peut y ajouter d’autres critères via la signature d’un accord collectif, à condition qu’ils soient objectifs et non discriminatoires.

Quel délai pour informer les salariés ?

L’ordre des départs doit être communiqué à chaque salarié au moins un mois avant son départ. Ce délai est impératif : tout manquement expose l’employeur à un risque de contentieux. 

Pour sécuriser la démarche, il est recommandé de conserver une trace écrite des validations (email, SIRH, formulaire signé). La traçabilité est la meilleure protection de l’employeur. Il est également possible d’afficher le planning de l’équipe ou l’ordre des départs dans les locaux. 

Passé ce délai, l’employeur ne peut plus modifier unilatéralement les dates de congés d’un salarié, sauf circonstances exceptionnelles justifiées.

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L’employeur peut-il refuser ou modifier les demandes de congés ?

Les motifs légitimes de refus

Oui, l’employeur peut refuser une demande de congés, à condition que ce refus soit justifié. Les motifs recevables incluent :

  • Nécessité de continuité de service (pics d’activité, effectifs insuffisants) ;
  • Absence simultanée d’autres salariés rendant le service impossible ;
  • Période de fermeture collective imposant d’autres dates.

Le refus doit être notifié avant le délai d’un mois mentionné ci-dessus. Un refus tardif ou non motivé peut être requalifié en faute de l’employeur.

Modification des dates après validation : ce que la loi permet

L’employeur ne peut modifier l’ordre et les dates de départ en congés payés moins d’un mois avant la date prévue, sauf en cas de circonstances exceptionnelles ou d’accord conventionnel. Les circonstances exceptionnelles sont liées à des situations de force majeure (commande urgente, intempéries, …).

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Dans le cas d’une modification tardive, le salarié a droit au remboursement des frais engagés (billets non remboursables, hébergement…).

Que faire en cas de litige ?

En cas de tension persistante, plusieurs recours existent :

  • Médiation interne via les représentants du personnel ou le CSE ;
  • Intervention de l’inspection du travail si les droits légaux ne sont pas respectés ;
  • Conseil de prud’hommes en dernier recours.

Une bonne communication interne en amont et des règles claires dans le règlement intérieur ou la charte RH permettent d’éviter l’essentiel des conflits.

💡 À retenir : Le refus de congés est possible, mais doit être justifié et notifié dans les délais. Le refus non justifié peut constituer une faute de l’employeur et une modification tardive des dates de congés engage la responsabilité de l’employeur sur les frais engendrés.

Qu’est-ce que le fractionnement des congés payés ?

Dans quelle condition s’applique-t-il ?

Le fractionnement des congés payés désigne le fait de diviser le congé principal en plusieurs périodes. La loi autorise cette pratique, à condition que le salarié bénéficie bien de ses 12 jours ouvrables consécutifs entre le 1er mai et le 31 octobre.

Si l’employeur impose ou accepte un fractionnement conduisant le salarié à prendre une partie de son congé principal hors de cette période, des jours de congés supplémentaires peuvent s’appliquer automatiquement.

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Les jours de congés supplémentaires liés au fractionnement

Jours pris hors période légaleJours supplémentaires dus
3 à 5 jours ouvrables1 jour supplémentaire
6 jours ouvrables et plus2 jours supplémentaires

Ces jours supplémentaires sont dus de plein droit, sauf si le salarié y renonce expressément par écrit.

Comment éviter les jours supplémentaires imposés ?

Si le fractionnement vient d’une demande du salarié, vous pouvez lui demander de renoncer à ses jours de congés supplémentaires. Pour cela, vous devez obtenir sa renonciation écrite, au moment où il pose ses congés hors période. Cette renonciation doit être libre, éclairée et non imposée.

Sans ce document, vous êtes dans l’obligation de lui accorder.

Cas particuliers à anticiper 

Salariés arrivés en cours d’année

Dans la majorité des entreprises, les congés payés s’acquièrent du 1er juin au 31 mai. Un salarié embauché après le 1er juin n’aura pas acquis suffisamment de congés pour poser 12 jours consécutifs en été. L’employeur n’est pas obligé d’anticiper des droits non acquis, sauf si un accord d’entreprise le prévoit.

Il est toutefois recommandé d’informer clairement ces salariés dès l’embauche pour éviter toute incompréhension.

CDD et temps partiels : quelles sont les règles spécifiques ?

  • Contrat à Durée Déterminée

Les salariés en CDD bénéficient des mêmes droits à congés que les CDI, calculés au prorata du temps travaillé. Soit vous autorisez les salariés concernés à poser leurs jours de congés pendant leur contrat, soit une indemnité compensatrice leur sera versée en fin de contrat, avec leur solde de tout compte.

Les droits sont calculés en jours ouvrables, identiques à ceux des temps pleins. La durée consécutive s’apprécie de la même façon.

Pour conclure

La gestion des congés d’été est une problématique récurrente des managers pour assurer la continuité de service. C’est aussi un challenge des équipes RH qui doivent garantir le respect des règles internes de prise de congés par l’ensemble des collaborateurs.


Des outils comme un planning partagé ou un module de gestion de congés sur SIRH permettent de visualiser les absences, d’identifier les risques de sous-effectif, et d’anticiper les changements d’organisation nécessaires sur la période estivale.

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Anne-Marie Arinal