Pénurie de main-d’œuvre : pourquoi le risque humain s’aggrave

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Les risques humains en entreprise sont de plus en plus importants. L’intelligence artificielle et les tensions géopolitiques sont en train de modifier l’équilibre et l’organisation du travail. Comment mieux les identifier pour y répondre au mieux ?

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Le risque humain ne se limite plus au recrutement

Selon l’étude Marsh et Mercer People Risk 2026, la pénurie de main-d’œuvre est désormais le premier risque identifié par les entreprises européennes et françaises. 

Cette évolution traduit un changement profond. Le risque humain ne concerne plus seulement les difficultés de recrutement. Il englobe désormais la transformation des métiers, l’adoption de l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les compétences numériques et la santé mentale.

En Europe, la probabilité que les pénuries de talents surviennent dans les 12 à 24 prochains mois est estimée à 62 %.

Ce phénomène touche particulièrement l’industrie, l’énergie, le commerce et la construction. Le vieillissement démographique, la concurrence entre employeurs et le déficit de compétences digitales accentuent encore cette tension.

L’IA accélère cette mutation. En Europe, 58 % des entreprises affichent déjà un niveau de maturité avancé ou transformationnel dans son déploiement. Pourtant, 40 % des responsables RH et Risk Managers redoutent une mise en œuvre de l’IA sans formation adaptée

En France, 38 % s’inquiètent des investissements réalisés sans accompagnement des collaborateurs, tandis que 39 % constatent déjà un manque de compétences en IA au sein même des équipes RH.

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Cette situation crée un cercle vicieux. Les entreprises recherchent des profils rares, mais doivent aussi former leurs effectifs existants pour éviter que la transformation technologique ne fragilise davantage leur organisation.

“Le marché français entre dans une nouvelle phase : les risques humains ne se résument plus uniquement aux difficultés de recrutement. Les entreprises doivent désormais gérer simultanément la rareté des talents, la transformation des compétences liée à l’IA et des attentes croissantes autour de la santé mentale. Cette évolution traduit un basculement profond : en France, le capital humain devient plus que jamais un enjeu de résilience et de performance.”

Kévin Blum, Responsable du département Santé et Prévoyance, Mercer Marsh Benefits France

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La cybersécurité en est un bon exemple. En France, le manque de culture cyber figure parmi les principaux risques identifiés. À l’échelle mondiale, il occupe même la première place. Les erreurs humaines restent aujourd’hui l’une des principales portes d’entrée des attaques informatiques.

La santé mentale prend également une place grandissante. En France, elle figure désormais parmi les dix principaux risques.

Plus largement, 60 % des professionnels interrogés estiment que la dégradation des conditions de travail physiques ou psychologiques pourrait avoir un impact majeur, voire catastrophique, sur leur entreprise. 

Dans le même temps, 61 % des organisations reconnaissent ne pas disposer d’une prise en charge réellement efficace de la santé mentale financée par l’employeur.

Les tensions économiques aggravent encore la situation. 60 % des répondants anticipent une hausse des coûts de santé et des prestations sociales. 41 % craignent que certaines décisions concernant les avantages sociaux soient prises sans mesurer leurs conséquences sur la santé ou la situation financière des salariés.

Pour les RH, l’enjeu consiste désormais à adopter une vision globale des risques. Former aux compétences digitales, renforcer le leadership, développer la sécurité psychologique, investir dans la prévention et améliorer l’expérience collaborateur deviennent des leviers de résilience. 

Les organisations les plus matures en gestion des risques affichent d’ailleurs une efficacité supérieure de 15 points dans leurs dispositifs RH et de 12 points sur les actions liées à la santé. 

L’étude souligne également que la collaboration entre les fonctions RH et Risques améliore fortement la planification des successions (+39 points) et les programmes de montée en compétences (+33 points).


Face aux bouleversements provoqués par l’IA, les tensions géopolitiques et la pénurie de talents, anticiper le risque humain devient ainsi un véritable avantage stratégique.

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Adeline Lajoinie