Pourquoi les jeunes quittent de plus en plus leurs CDI en début de carrière ?

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Le CDI ne semble plus être le Saint Graal du marché du travail. Certains jeunes peuvent même lui tourner le dos dès leurs premières années de salariés. Pourquoi ? Et comment remédier à ces départs inquiétants ?

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Un CDI de moins en moins synonyme de stabilité pour les jeunes actifs

Pendant longtemps, le CDI incarnait la promesse d’une carrière stable et durable. Pourtant, les trajectoires professionnelles des jeunes évoluent rapidement depuis quelques années. Les données récentes montrent que ce contrat ne garantit plus forcément une insertion solide sur le marché du travail.

Le dernier rapport du Céreq souligne que près d’un quart des jeunes en CDI ont quitté leur CDI trois ans après leur entrée sur le marché du travail, entre 2020 et 2023.

Concrètement, 24 % des jeunes titulaires d’un CDI ne se trouvaient plus en CDI ni fonctionnaires trois ans plus tard. Ce taux n’était que de 17 % pour la génération précédente et de 16 % pour celle d’avant.

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La progression est donc significative. En moyenne, les ruptures de CDI ont augmenté de plus de 40 % entre les deux générations étudiées. Cette évolution traduit un changement profond du rapport au travail chez les jeunes salariés.

Dans le détail, 58 % des jeunes de la génération 2017 occupaient un CDI trois ans après leur arrivée sur le marché du travail. Mais une part importante de ces salariés quitte rapidement cet emploi stable. Cette situation reflète une mobilité professionnelle plus forte et une moindre fidélité à l’entreprise.

La crise sanitaire a également accéléré ce phénomène. De nombreux jeunes actifs ont reconsidéré leurs priorités professionnelles après 2020. Les attentes concernant l’équilibre de vie, le sens du travail ou les perspectives d’évolution sont devenues plus fortes.

Ces départs précoces ne traduisent pas toujours une situation négative. Dans certains cas, ils permettent d’accéder à un poste mieux rémunéré ou plus intéressant. Mais dans d’autres situations, ils peuvent conduire à une instabilité durable ou à un déclassement professionnel.

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Des ruptures souvent volontaires mais aux conséquences contrastées

Contrairement à certaines idées reçues, les jeunes ne quittent pas toujours leur CDI par contrainte. Les données du Céreq montrent que 67 % des ruptures de CDI sont initiées par le salarié lui-même. Les démissions et les ruptures conventionnelles représentent donc la majorité des départs observés.

Ces ruptures volontaires s’accompagnent souvent d’une mobilité professionnelle. Les jeunes actifs changent parfois de secteur ou d’entreprise pour trouver de meilleures conditions de travail. Dans ces situations, la rupture du CDI peut fonctionner comme un tremplin de carrière.

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Cependant, toutes les trajectoires ne sont pas aussi favorables. Les ruptures subies, liées à des licenciements ou à des difficultés économiques, peuvent avoir des conséquences beaucoup plus lourdes. Elles conduisent plus souvent à une sortie durable de l’emploi stable.

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Les différences entre secteurs d’activité sont également marquées. Dans les activités financières, immobilières et d’assurance, le risque de sortie durable du CDI a été multiplié par quatre entre les générations étudiées.

D’autres secteurs connaissent également une forte instabilité, notamment le commerce, l’hébergement-restauration ou les métiers artistiques.

La situation est particulièrement préoccupante dans l’hôtellerie-restauration. Plus de la moitié des jeunes qui occupaient un CDI dans ce secteur en 2020 ne se trouvaient plus en emploi stable trois ans plus tard. Pire encore, 31 % d’entre eux se retrouvaient sans emploi en 2023.

À l’inverse, certains secteurs offrent des mobilités plus sécurisées. Dans l’information-communication ou l’ingénierie, plus de 70 % des jeunes ayant quitté leur CDI ont retrouvé un autre CDI ou un poste de fonctionnaire quelques années plus tard.

Pour les entreprises et les responsables RH, ces chiffres doivent être pris au sérieux. Les jeunes salariés recherchent aujourd’hui davantage de sens, de reconnaissance et de perspectives d’évolution. Sans réponses concrètes sur ces dimensions, le CDI ne suffit plus à fidéliser les nouvelles générations.

Les organisations qui souhaitent limiter ces départs précoces doivent donc agir sur plusieurs leviers. L’accompagnement des débuts de carrière, la qualité du management et la clarté des perspectives d’évolution deviennent essentiels.


Dans un marché du travail plus mobile, retenir les talents passe désormais par bien plus qu’un simple contrat stable.

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Adeline Lajoinie

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