Index de l’égalité professionnelle : où en est-on ?

Index de l’égalité professionnelle : où en est-on ?
Hélène Truffaut

Selon la Dares, qui dresse un bilan de l’outil de calcul des inégalités professionnelles en entreprises, la note moyenne obtenue au titre de l’année 2020 est de 85 sur 100.
Et vous, où en êtes-vous ?

Depuis l’entrée en vigueur de l’obligation de déclaration en 2019 – en 2020 pour les entreprises de 50 à 250 salariés –, la note moyenne de l’Index de l’égalité professionnelle progresse, note la Dares dans une étude publiée le 29 novembre. C’est le cas pour toutes les catégories de taille d’entreprises, mais davantage pour les plus grandes (+5 points dans celles qui comptent 1 000 salariés ou plus).

Elle atteint ainsi 85 sur 100 selon les déclarations de mars 2021 au titre de l’année 2020. Au total, quelque 27 500 entreprises ont déclaré leur Index, soit huit entreprises sur dix soumises à cette obligation légale. Et ce sont les petites structures qui affichent la note la plus basse. Lorsque l’index est calculable (voir encadré), la moyenne s’établit en effet à 84,5 pour les entreprises de 50 à 250 salariés, contre 85,2 pour celles ayant un effectif compris entre 251 et 999 salariés. Elle atteint 88 pour celles qui ont 1 000 salariés ou plus.

2,5 % seulement de l’ensemble des entreprises décrochent 100 points. 37 % obtiennent une note supérieure à 90. 12 % ont une note inférieure à 75 (ce qui oblige à engager des mesures correctives dans un délai de trois ans). Et, là encore, cette proportion est plus élevée pour les entreprises de moins de 250 salariés : 14 %, contre 3 % pour les grandes organisations. À noter que 40 % des petites entreprises ont un index en baisse quand seules 23 % des entreprises d’au moins 1 000 salariés ont vu leur note diminuer sur trois ans.

Meilleurs scores dans les secteurs féminisés

En moyenne, sur l’année 2020, les entreprises d’au moins 1 000 salariés obtiennent de meilleures notes que les autres à tous les indicateurs… à l’exception de celui portant sur les dix plus hautes rémunérations. C’est la seule « catégorie » où les petites entreprises font mieux que les grandes, avec une moyenne de 5,6 points sur 10, contre 4,7 pour celles de taille intermédiaire, et 3,8 pour les structures d’au moins 1 000 salariés. Dans ces dernières, en effet, moins de deux femmes (ou deux hommes) en moyenne font partie des dix salariés les plus rémunérés.

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Enfin, les entreprises des secteurs d’activité féminisés obtiennent plus souvent des notes supérieures à 90, observe la Dares. L’administration publique et l’action sociale, qui comptent plus de 70 % de femmes, ou encore l’industrie pharmaceutique et l’hébergement-restauration, qui en comptent 50 %, font ainsi partie du « top cinq ».

À l’opposé, la fabrication de machines et équipements, la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, ou encore la construction, où les hommes représentent plus des deux tiers des effectifs, figurent parmi les cinq secteurs ayant les notes les plus basses.

Index incalculable
Les modalités de calcul des indicateurs composant l’Index ne permettent pas toujours de calculer la note globale sur un total d’au moins 75 points, explique la Dares. L’Index est alors considéré comme incalculable.
Cela se produit lorsque l’indicateur sur les écarts de rémunération, noté sur 40, ou qu’au moins deux des autres indicateurs, notés sur 15 ou 20, ne sont pas calculables. En effet, les indicateurs sur les écarts de rémunération, sur les augmentations et sur les promotions ne peuvent être calculés que s’ils portent sur au moins 40 % de l’effectif (après retrait des groupes de comparaison de postes aux effectifs insuffisants). Le calcul de l’indicateur sur le retour de maternité ne peut d’ailleurs être réalisé que si au moins une femme revient de congé maternité et que l’entreprise a procédé à des augmentations de salaire durant cette absence.
La proportion d’incalculables est très liée à la taille des entreprises : sur l’année 2020, 44 % des entreprises de 50 à 250 salariés sont concernées, contre 4 % des plus grandes.

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Hélène Truffaut

Journaliste titulaire de la carte de presse, je cumule une expérience de plus de 20 ans en tant que rédactrice, chef de rubrique et pigiste, essentiellement en presse professionnelle (RH, financière, informatique), sur l'ensemble des thématiques ressources humaines, du recrutement à la formation en passant par les politiques de rémunération.