La réduction Fillon, devenue la réduction générale dégressive unique (RGDU) en 2026, permet aux employeurs de réduire leurs cotisations patronales pour les rémunérations allant du SMIC à 3 fois le SMIC.
Son montant dépend de la rémunération du salarié, du SMIC retenu et des taux de cotisations entrant dans le calcul.
La nouvelle formule, applicable depuis le 1er janvier 2026, élargit le niveau des rémunérations éligibles et prévoit une dégressivité plus progressive, afin de ne pas freiner les augmentations de salaire.
Mais quels employeurs peuvent en bénéficier ? Quelle rémunération faut-il retenir ? Quel est le taux maximal d’exonération en 2027 ? Et comment calculer le coefficient et ajuster le SMIC à la situation du salarié ?
Dans cet article, nous faisons le point sur le calcul de la réduction générale de cotisations patronales en 2027.
Dans l’attente de la publication des valeurs 2027, les paramètres et les exemples présentés ci-dessous correspondent à ceux de 2026.
Qu’est-ce que la réduction Fillon en 2027 ?
La réduction générale de cotisations patronales (ex. réduction Fillon), renommée réduction générale dégressive unique (RGDU) en 2026, est un dispositif d’allègement dégressif des cotisations patronales. Elle concerne les salariés dont la rémunération ne dépasse pas un certain seuil.
Comment fonctionne la réduction générale dégressive unique ?
La réduction Fillon permet de diminuer les cotisations patronales pour les salariés dont la rémunération brute ne dépasse pas 3 fois le SMIC.
Sur la base des valeurs applicables en 2026, ce seuil correspond à 65 629,20 € pour un salarié à temps plein présent toute l’année.
Le montant de la réduction varie selon la rémunération. Il est maximal pour un salarié payé au SMIC, puis diminue à mesure que le salaire augmente, jusqu’à devenir nul lorsque la rémunération atteint 3 fois le SMIC.
La nouvelle formule, applicable depuis le 1er janvier 2026, intègre un coefficient de puissance et un taux minimal d’exonération, appelé Tmin. Ces paramètres permettent d’obtenir une dégressivité plus douce et de limiter les effets du dispositif sur les augmentations des bas salaires.
Quels employeurs peuvent bénéficier de la réduction Fillon ?
La réduction Fillon concerne les employeurs du secteur privé, mais également certains établissements publics. Les entreprises privées peuvent en bénéficier quel que soit leur effectif, de la TPE à la grande entreprise.
Certains employeurs publics relevant du régime privé, comme les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) ou les sociétés d’économie mixte, peuvent également appliquer la réduction, sous réserve de relever du régime général de Sécurité sociale.
L’affiliation à l’assurance chômage est une condition indispensable. Certaines entités publiques qui ne sont pas soumises à cette obligation restent donc exclues du dispositif.
Quels salariés sont éligibles à la réduction ?
L’application de la réduction générale présente deux conditions :
- La rémunération brute du salarié ne doit pas dépasser 3 fois le SMIC. La réduction est maximale au niveau du SMIC et devient nulle lorsque ce seuil est franchi.
- Le salarié doit également être titulaire d’un contrat de travail. Les stagiaires, les mandataires sociaux et les dirigeants qui ne sont pas liés à l’entreprise par un contrat de travail sont exclus du dispositif.
Comment calculer la réduction Fillon en 2027 ?
Le calcul de la réduction Fillon repose sur plusieurs paramètres :
- La rémunération du salarié
- La valeur du SMIC
- Les taux de cotisations pris en compte
Dans l’attente de la publication des valeurs 2027, les paramètres et les exemples présentés ci-dessous correspondent à ceux de 2026.
Réduction Fillon : Quelle formule appliquer pour calculer le coefficient en 2027 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de la RGDU est déterminé selon la formule suivante :
C = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × (SMIC calculé pour un an + (SMIC horaire × nombre d’heures supplémentaires ou complémentaires)) / rémunération annuelle brute – 1)]ᴾ)
Les paramètres correspondent aux valeurs suivantes :
- Tmin : taux minimal d’exonération, soit 2 %.
- Tdelta : différence entre le taux maximal d’exonération et Tmin.
- P : coefficient de puissance fixé à 1,75.
Le coefficient obtenu est ensuite multiplié par la rémunération brute mensuelle du salarié pour déterminer le montant de la réduction applicable.
Exemple de calcul
La rémunération brute annuelle du salarié est de 24 000 €. Les paramètres retenus sont les suivants : Tmin = 0,02 et Tdelta = 0,3821.
Le salarié est présent tout le mois et n’effectue pas d’heures supplémentaires.
Étape 1 : calcul du coefficient
C = 0,02 + (0,3821 × [(1/2) × (65 629,20 / 24 000) – 1]¹·⁷⁵) = 0,3172
Étape 2 : calcul du montant de la réduction
Réduction générale = 24 000 € × 0,3178 = 7 627,20 €
Quelle rémunération brute faut-il retenir ?
La rémunération retenue correspond à celle soumise aux cotisations de Sécurité sociale. Elle comprend l’ensemble des éléments constituant la rémunération brute.
Depuis le 1er janvier 2025, la prime de partage de la valeur (PPV) doit également être prise en compte, qu’elle soit versée directement au salarié ou placée sur un plan d’épargne salariale.
La PPV est ainsi intégrée dans la rémunération utilisée pour calculer le coefficient, mais aussi dans celle servant de base au calcul du montant de la réduction.
Quels taux de cotisations entrent dans le calcul en 2027 ?
Le paramètre Tdelta dépend du taux maximal d’exonération applicable. Celui-ci varie selon la taille de l’entreprise (taux FNAL à 0, 10% ou 0,50%) et les taux de cotisations en vigueur.
Dans l’attente des valeurs 2027, voici les taux retenus en 2026 :
| Cotisation | Entreprises de moins de 50 salariés | Entreprises de 50 salariés ou plus |
|---|---|---|
| Assurance maladie | 13 % | 13 % |
| Vieillesse plafonnée | 8,55 % | 8,55 % |
| Vieillesse déplafonnée | 2,11 % | 2,11 % |
| Allocations familiales | 5,25 % | 5,25 % |
| Fraction de cotisation AT/MP | 0,49 % (1) | 0,49 % (1) |
| FNAL | 0,10 % | 0,50 % |
| Contribution solidarité autonomie | 0,30 % | 0,30 % |
| Retraite Agirc-Arrco et CEG | 6,01 % (2) | 6,01 % (2) |
| Assurance chômage | 4 % | 4 % |
| Total | 39,81 % | 40,21 % |
(1) Si l’entreprise applique un taux AT/MP inférieur, c’est ce taux qui doit être retenu.
(2) Un taux dérogatoire peut être retenu, le cas échéant, dans la limite de 6,01 %.
Les paramètres à intégrer dans la formule de calcul sont donc les suivants :
| Paramètre | Entreprises de moins de 50 salariés | Entreprises de 50 salariés ou plus |
|---|---|---|
| Tmin | 0,02 | 0,02 |
| Tdelta | 0,3781 | 0,3821 |

Comment déterminer la valeur du SMIC pour la réduction Fillon ?
Le SMIC est un paramètre essentiel du calcul de la RGDU. Sa détermination nécessite une attention particulière, car il doit être ajusté au temps de travail et à la situation du salarié.
A noter : Depuis le 12 juin 2026, l‘article D241-7 du code de la Sécurité Sociale a été modifié. La valeur du SMIC à prendre en compte n’évolue plus automatiquement avec l’évolution du SMIC mais doit être fixé par décrét.
Dans l’attente des valeurs 2027, les montants présentés sont ceux de 2026.
Pour un salarié à temps plein, sans heures supplémentaires ni absence non rémunérée au cours du mois, ils sont les suivants :
| Période de référence | Montant du SMIC brut retenu en 2026 |
|---|---|
| Mensuel | 1 823,03 € |
| Cumulé | 21 876,40 € |
Comment calculer le SMIC pour un salarié à temps partiel ?
Pour un salarié à temps partiel, le SMIC doit être ajusté proportionnellement au nombre d’heures réellement travaillées.
La formule est la suivante :
SMIC mensuel / 151,67 × nombre d’heures contractuelles
Exemple :
Un salarié travaille 28 heures par semaine, soit 121,33 heures par mois. Le SMIC mensuel de référence est de 1 801,80 €.
Le SMIC proratisé est calculé ainsi :
(1 823,03 € / 151,67) × 121,33 = 1 458,43 €
Comment prendre en compte les heures supplémentaires ou complémentaires ?
Lorsque le salarié effectue des heures supplémentaires ou complémentaires, le SMIC retenu pour le calcul de la réduction est majoré afin de prendre en compte l’intégralité de la durée rémunérée.
La formule applicable est la suivante :
SMIC horaire × (durée contractuelle mensuelle + heures supplémentaires ou complémentaires)
Exemple :
Un salarié à temps plein effectue 5 heures supplémentaires au cours du mois.
Le SMIC ajusté est égal à :
12,02 € × (151,67 + 5) = 1 883,13 €
Comment ajuster le SMIC en cas d’absence ?
Lorsqu’un salarié est absent pendant une partie du mois, notamment en cas de maladie non rémunérée ou de congé sans solde, le SMIC doit être ajusté pour tenir compte du temps effectivement travaillé.
La formule à appliquer est la suivante :
SMIC mensuel × (rémunération brute perçue / rémunération théorique pour un mois complet)
Les éléments de rémunération qui ne sont pas affectés par l’absence doivent être exclus des deux montants. C’est notamment le cas d’une prime forfaitaire versée intégralement malgré l’absence du salarié.
Un élément est considéré comme affecté lorsqu’il fait l’objet d’une proratisation strictement proportionnelle au temps d’absence dans le mois.
Pour accompagner les employeurs, le GIP-MDS a publié la fiche n° 2681 dans la base de connaissances DSN. Elle présente des exemples d’éléments non affectés par l’absence et un arbre de décision permettant d’identifier les éléments à retenir pour la proratisation du SMIC.
Exemple :
Un salarié prend un congé sans solde pendant une partie du mois. Sa rémunération habituelle est de 2 000 € pour un mois complet, mais il ne perçoit que 800 €.
Ces montants comprennent une prime forfaitaire de 100 €, versée intégralement et non affectée par l’absence.
Cette prime doit être retirée de la rémunération perçue et de la rémunération théorique :
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Rémunération perçue ajustée | 800 € – 100 € | 700 € |
| Rémunération théorique ajustée | 2 000 € – 100 € | 1 900 € |
Le SMIC ajusté pour le mois est donc égal à :
1 823,03 € × (700 / 1 900) = 671,64 €
Comment ajuster le SMIC en cas d’entrée ou de sortie ?
Lorsqu’un salarié entre dans l’entreprise ou la quitte en cours de mois, le principe est identique à celui applicable aux absences.
Le SMIC est ajusté en proportion du temps réellement travaillé, selon la formule suivante :
SMIC mensuel × (rémunération brute perçue / rémunération théorique pour un mois complet)
Les éléments de rémunération qui ne sont pas affectés par la présence effective du salarié doivent également être exclus des montants utilisés pour la proratisation.
Quels paramètres étaient applicables à la réduction Fillon les années précédentes ?
Le tableau suivant reprend les paramètres de calcul de la réduction générale de cotisations patronales pour les années 2024 à 2026.
| Période | Paramètre T | SMIC annuel | Plafond |
|---|---|---|---|
| 2026 | 0,3981 ou 0,4021* | 21 876,40 | 65 629,20 |
| Du 1er mai au 31 décembre 2025 | 0,3193 ou 0,3233* | 14 414,40 € | 23 063,04 € |
| Du 1er janvier au 30 avril 2025 | 0,3194 ou 0,3234* | 7 207,20 € | 11 531,52 € |
| 2024 | 0,3194 ou 0,3234* | 21 272,80 € | 34 036,48 € |
*La valeur dépend de l’effectif de l’entreprise et du taux de FNAL applicable.
FAQ : 3 questions fréquentes sur la RGDU
Comment est calculée la RGDU pour les apprentis ?
Les apprentis sont éligibles à la RGDU puisqu’ils sont titulaires d’un contrat de travail. Leur rémunération est généralement inférieure au SMIC, conformément aux barèmes applicables.
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Je télécharge le guideToutefois, le SMIC retenu dans la formule n’est pas réduit en fonction du pourcentage de rémunération de l’apprenti. Il est pris en compte pour sa valeur entière, sous réserve des ajustements habituels liés à la durée du travail et aux absences.
Ainsi, lorsque la rémunération de l’apprenti est inférieure au SMIC retenu pour le calcul, le coefficient atteint son niveau maximal. Le montant de la réduction reste limité aux cotisations et contributions patronales concernées effectivement dues.
Quelle est la formule Excel pour calculer la RGDU ?
Pour calculer la réduction Fillon dans un outil Excel, il faut être particulièrement attentif aux parenthèses, qui déterminent l’ordre des opérations. La puissance P s’écrit ^1,75 dans Excel et s’applique à l’ensemble du résultat situé entre les parenthèses. Le coefficient doit ensuite être arrondi à quatre décimales.
En utilisant des cellules nommées, la formule de calcul du coefficient peut être présentée ainsi :
=ARRONDI(Tmin+Tdelta*((1/2)*(3*SMIC_annuel/Remuneration_annuelle-1))^1,75;4)
Quel est le coefficient RGDU pour 2027 ?
Les coefficients de la réduction Fillon sont de 0,3981 pour un FNAL à 0,10 % et de 0,4021 pour un FNAL à 0,50 %. Ils correspondent à la somme de Tmin, fixé à 0,02, et de Tdelta, fixé respectivement à 0,3781 ou 0,3821.
Ces coefficients doivent être adaptés aux taux de cotisations effectivement applicables dans l’entreprise. Un ajustement peut notamment être nécessaire en présence de taux réduits, d’un taux AT/MP inférieur à la fraction retenue ou de taux patronaux Agirc-Arrco dérogatoires inférieurs aux taux pris en compte.
En résumé
La réduction Fillon, devenue la réduction générale dégressive unique en 2026, permet de diminuer les cotisations patronales pour les salariés dont la rémunération entre dans le champ du dispositif.
Son calcul repose sur la rémunération brute, les paramètres Tmin et Tdelta, ainsi que la valeur du SMIC ajustée à la situation du salarié. Le temps partiel, les heures supplémentaires ou complémentaires, les absences et les entrées ou sorties en cours de mois nécessitent donc une attention particulière.
La rémunération doit également intégrer la prime de partage de la valeur depuis 2025. Enfin, le calcul annuel suppose un suivi des montants appliqués en paie et une régularisation selon la méthode retenue par l’employeur.




