Canicule et télétravail : quelles règles pour l’employeur ?

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Depuis l’an dernier, les employeurs ont certaines obligations concernant leurs employés en cas de canicule. Mais qu’en est-il des salariés en télétravail ? L’employeur doit-il aussi protéger ses collaborateurs qui travaillent chez eux ? Et si oui, comment ?

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Comment adapter le télétravail lors des épisodes de chaleur intense ?

Les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents et plus intenses. Pour les entreprises, la canicule n’est plus seulement un sujet de confort. Elle représente désormais un véritable enjeu de santé au travail et de continuité d’activité.

Depuis l’entrée en vigueur du décret du 27 mai 2025, le Code du travail impose des mesures spécifiques lors des épisodes de chaleur intense.

L’employeur doit évaluer les risques, adapter l’organisation du travail et protéger la santé des salariés. Ces obligations concernent aussi bien les salariés présents dans les locaux que ceux en télétravail.

Contrairement à une idée reçue, travailler depuis son domicile ne dispense pas l’employeur de son obligation générale de sécurité prévue par l’article L.4121-1 du Code du travail

En revanche, il ne peut pas contrôler les conditions de logement de ses collaborateurs. Son rôle consiste donc à anticiper les risques et à proposer des solutions adaptées.

Plusieurs mesures peuvent être mises en place rapidement. L’entreprise peut décaler les horaires vers les heures les plus fraîches, limiter les déplacements professionnels, renforcer les pauses ou encore fournir des recommandations précises aux managers

Si le domicile du salarié devient difficilement supportable, l’employeur peut également proposer un espace de coworking climatisé.

En revanche, le télétravail ne peut pas être imposé unilatéralement, même pendant une canicule. En effet, cette solution doit toujours résulter d’un accord entre les deux parties.

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La température affichée dans un bureau, quel qu’il soit, ne suffit pas toujours à mesurer le risque réel. D’autres facteurs entrent en compte, comme l’humidité, la charge physique, les équipements de protection, les déplacements ou certaines pathologies.

C’est pourquoi les entreprises doivent adapter leurs décisions à chaque situation.

Les salariés vulnérables nécessitent une attention particulière. Les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques ou les collaborateurs prenant certains traitements peuvent être davantage exposés aux effets de la chaleur.

Le Code du travail prévoit d’ailleurs une adaptation spécifique des mesures de prévention pour ces publics.

Les managers deviennent également des acteurs essentiels. Ils doivent savoir identifier les premiers signes d’un coup de chaleur, réagir rapidement face à un malaise et adapter l’organisation de leur équipe sans attendre que la situation se dégrade.

Une communication régulière avec les télétravailleurs reste indispensable afin de vérifier leurs conditions de travail et rappeler les consignes de prévention.

Les chiffres montrent que les contrôles se renforcent. Lors de la vague de chaleur de juin 2026, l’inspection du travail a réalisé 2 600 contrôles et adressé 227 mises en demeure aux entreprises en seulement un mois

Cette première application du nouveau dispositif confirme que les obligations liées à la chaleur sont désormais pleinement contrôlées.

Face à des épisodes caniculaires appelés à se multiplier, les entreprises ont donc intérêt à intégrer ce risque dans leur DUERP, à formaliser un plan d’action et à former leurs managers. La prévention ne doit plus commencer lorsque la vigilance orange est déclenchée. 


Elle doit être pensée en amont afin de protéger les salariés, qu’ils travaillent au bureau, sur le terrain ou depuis leur domicile. Les recommandations du ministère du Travail et les nouvelles dispositions des articles R.4463-1 à R.4463-8 du Code du travail constituent aujourd’hui le cadre de référence pour construire cette stratégie.

5 points à retenir du télétravail en temps de canicule

Point cléCe qu’il faut retenir
L’obligation de sécurité demeureL’employeur reste responsable de la santé et de la sécurité des salariés en télétravail, conformément à son obligation générale de prévention.
Le télétravail ne peut pas être imposéMême en cas de fortes chaleurs, le télétravail doit résulter d’un accord. L’employeur ne peut pas le décider unilatéralement.
L’organisation du travail peut être adaptéeHoraires décalés, pauses supplémentaires, limitation des déplacements ou réorganisation des tâches permettent de réduire l’exposition à la chaleur.
Des solutions existent si le domicile est trop chaudL’entreprise peut proposer un espace de coworking climatisé ou un autre lieu de travail plus adapté lorsque le logement du salarié devient difficilement supportable.
La prévention doit être anticipéeLes épisodes de chaleur doivent être intégrés au DUERP, avec des consignes claires, une communication régulière et une vigilance renforcée pour les salariés les plus fragiles.

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Adeline Lajoinie