Parentalité et aidance en entreprise : quels biais persistent ?

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La parentalité et l’aidance sont deux situations fréquentes chez les salariés. Si l’entreprise fait des efforts pour accompagner ses collaborateurs, idées reçues, biais et discriminations persistent. Quelle est la réalité de ces deux situations en 2026 ? Et comment améliorer la prise en charge de vos équipes ?

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Parentalité et aidance : une reconnaissance qui progresse, mais reste incomplète

La parentalité et l’aidance ne relèvent plus uniquement de la sphère privée. Les entreprises sont désormais de plus en plus nombreuses à intégrer ces réalités dans leur politique RH.

Une toute récente étude Indeed montre ainsi que 72 % des recruteurs estiment qu’il est de leur responsabilité d’accompagner les salariés parents ou aidants.

Les progrès restent toutefois très inégaux. Si 70 % des recruteurs considèrent que leur entreprise prend en compte la parentalité, ils ne sont plus que 57 % à le penser concernant l’aidance. 

L’écart se creuse encore lorsqu’on regarde les dispositifs réellement mis en place. Seuls 32 % des recruteurs déclarent que le statut de salarié aidant est officiellement reconnu.

À peine 22 % évoquent l’existence d’un référent dédié. Côté salariés, seulement 14 % affirment bénéficier d’un accompagnement spécifique.

“Plus la parentalité et l’aidance sont reconnues dans l’entreprise, plus elles risquent parfois de devenir des marqueurs qui influencent la perception des salariés concernés. L’enjeu n’est donc plus seulement de reconnaître ces réalités, mais de s’assurer qu’elles n’aient aucun impact sur les opportunités professionnelles.“

Éric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed

Cette situation intervient dans un contexte de profondes évolutions. Le nouveau congé de naissance est entré en vigueur au 1er juillet 2026. Parallèlement, le vieillissement de la population augmente mécaniquement le nombre de salariés aidants.

Les RH doivent désormais gérer durablement ces nouvelles réalités plutôt que les considérer comme des situations exceptionnelles.

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La véritable difficulté ne réside plus dans la reconnaissance des situations familiales. Elle concerne désormais les biais qui leur sont associés. L’étude Indeed révèle que 75 % des recruteurs estiment que la parentalité influence la perception de l’engagement d’un salarié.

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Concernant l’aidance, ils sont encore 71 %, tandis que 70 % des salariés partagent cette analyse.

Ces représentations ont des conséquences concrètes. Pas moins de 85 % des recruteurs reconnaissent que ces critères interviennent dans les décisions d’évolution professionnelle ou de promotion. Les besoins d’aménagement du temps de travail alimentent également certains préjugés.

Ainsi, 79 % des recruteurs considèrent que les parents et les aidants nécessitent des adaptations spécifiques, contre 69 % des salariés. En parallèle, 85 % des deux populations estiment que ces collaborateurs doivent composer avec davantage de contraintes personnelles.

Les effets sont visibles sur les parcours professionnels. Selon l’étude, 74 % des recruteurs et 67 % des salariés pensent que les parents et les aidants renoncent plus souvent à certaines opportunités. Cette perception atteint 76 % chez les femmes, contre 60 % chez les hommes.

Plus préoccupant encore, 89 % des recruteurs considèrent que ces situations influencent les mobilités internes, 87 % le recrutement et 80 % les refus de promotion.

La pression déborde même sur la vie personnelle. Un salarié sur cinq (21 %) déclare avoir déjà renoncé ou repoussé un projet d’enfant en raison de son travail. Cette proportion grimpe à 35 % chez les aidants. Enfin, 56 % des salariés estiment que l’aidance demeure un sujet tabou dans leur entreprise.

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Pour les RH, la priorité consiste désormais à transformer les intentions en pratiques concrètes. Cela passe par des dispositifs visibles, des managers formés aux biais inconscients, des critères d’évolution transparents et une évaluation fondée sur les résultats plutôt que sur la disponibilité supposée. 


En 2026, accompagner la parentalité et l’aidance ne suffit plus. Les entreprises doivent également garantir que ces situations n’influencent ni les carrières, ni les opportunités professionnelles.

Les 10 chiffres à retenir sur la parentalité et l’aidance en entreprise

ChiffreCe qu’il faut retenir
72 %Des recruteurs estiment qu’il est de leur responsabilité d’accompagner les salariés parents ou aidants.
70 %Des recruteurs considèrent que la parentalité est prise en compte dans leur entreprise.
57 %Des recruteurs estiment que l’aidance est réellement prise en compte dans leur organisation.
32 %Des recruteurs déclarent que le statut de salarié aidant est officiellement reconnu en interne.
22 %Des entreprises disposent d’un référent dédié à l’aidance selon les recruteurs.
14 %Des salariés affirment bénéficier d’un dispositif spécifique lié à l’aidance.
85 %Des recruteurs reconnaissent que parentalité et aidance influencent les décisions d’évolution ou de promotion.
74 %Des recruteurs estiment que les parents et les aidants renoncent plus souvent à certaines opportunités professionnelles.
35 %Des salariés aidants ont déjà renoncé ou reporté un projet d’enfant à cause de leur travail.
56 %Des salariés considèrent que l’aidance reste un sujet tabou en entreprise.

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Adeline Lajoinie