Application de la Loi Rixain : ce qui change depuis le 1er Mars

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Alors que l’on fête le 8 mars la journée internationale des droits des femmes, la loi Rixain est entrée en vigueur depuis le 1er mars. Elle modifie la place des femmes au sein des instances dirigeantes. Quelles sont les entreprises concernées ? Qu’est-ce que cela peut changer pour le leadership des femmes, concrètement ?

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Sommaire de l'article

Loi Rixain : une nouvelle obligation pour les grandes entreprises

Depuis le 1er mars 2026, les grandes entreprises françaises doivent respecter une nouvelle obligation en matière de parité.

Les organisations de plus de 1 000 salariés doivent désormais compter au moins 30 % de femmes parmi les cadres dirigeants et les instances dirigeantes. Cette exigence concerne notamment les comités exécutifs et les comités de direction.

La loi rixain, adoptée en 2021, vise à accélérer l’égalité économique et professionnelle entre les femmes et les hommes. Elle introduit également une obligation de transparence. Les entreprises doivent publier chaque année l’écart de représentation entre les femmes et les hommes au sein de leur gouvernance.

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Ces données doivent être communiquées au comité social et économique. Elles sont aussi rendues publiques sur le site du ministère du Travail. En cas de non-respect de l’objectif de 30 %, les entreprises doivent mettre en place des mesures correctrices.

Une deuxième étape est déjà prévue. En mars 2029, le seuil minimal passera à 40 % de femmes parmi les cadres dirigeants et dans les instances dirigeantes. Si l’entreprise reste en dessous de ce seuil pendant deux ans, une pénalité financière pourra être appliquée.

Cette sanction pourra atteindre 1 % de la masse salariale annuelle. L’objectif est donc clairement d’inciter les entreprises à transformer durablement leur gouvernance.

Des progrès visibles mais un plafond de verre toujours présent

La progression des femmes dans les directions d’entreprise reste lente malgré les avancées législatives. Selon une récente étude de SKEMA Business School, dans le CAC 40, les femmes représentent aujourd’hui 28,81 % des membres des comités exécutifs. En 2008, elles ne représentaient que 6,3 % de ces instances.

Cette évolution est notable, mais elle reste insuffisante. Les femmes occupent encore seulement 7,5 % des postes de président ou directeur général dans ces grandes entreprises. Aucun groupe du CAC 40 n’est dirigé par une femme cumulant les fonctions de président-directeur général.

La situation est différente dans les conseils d’administration. Les femmes représentent désormais 45,9 % des administrateurs grâce à la loi Copé-Zimmermann. La contrainte légale a donc produit des résultats rapides.

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La féminisation progresse désormais de manière plus structurelle. Les entreprises remplacent progressivement des dirigeants masculins par des dirigeantes plutôt que d’élargir artificiellement les comités exécutifs.

Cependant, le plafond de verre reste visible. L’écart entre la proportion de femmes cadres et leur présence dans les comités exécutifs atteint encore 8,9 points. La transformation dépend largement des politiques de promotion internes.

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Leadership féminin : des compétences reconnues mais encore sous-exploitées

Au-delà des obligations légales, la question du leadership féminin reste centrale pour les ressources humaines. Les stéréotypes continuent d’influencer les décisions de promotion et les trajectoires professionnelles.

Pourtant, les données scientifiques contredisent largement ces perceptions. Une étude de Hogan Assessments montre que les femmes et les hommes occupant des postes de direction présentent les mêmes traits de personnalité associés à un leadership efficace.

Les capacités d’apprentissage, le discernement ou l’autorégulation apparaissent comme des indicateurs fiables de performance managériale. Ces caractéristiques ne diffèrent pas entre les dirigeants masculins et féminins.

Les inégalités apparaissent souvent plus tôt dans les parcours professionnels. Selon le rapport Women in the Workplace, pour 100 hommes promus managers, seules 87 femmes accèdent au même niveau. Ce déséquilibre initial se répercute ensuite à chaque étape de carrière.

À l’échelle mondiale, les femmes ne représentent que 10 % des PDG du Fortune 500. Pourtant, elles occupent près de 32,2 % des postes de haute direction. Ce décalage confirme l’existence d’un plafond de verre persistant.

Pour les entreprises, la mixité constitue pourtant un levier stratégique. Les organisations les plus féminisées affichent des performances économiques supérieures. Certaines études montrent même que leur rentabilité opérationnelle peut être deux fois plus élevée.

Les entreprises du quartile supérieur en matière de diversité de genre ont également 39 % de probabilité supplémentaire d’obtenir de meilleurs résultats financiers. La diversité constitue donc un avantage compétitif réel.

Pour les directions RH, l’application de la loi rixain dépasse donc une simple obligation réglementaire. Elle pousse les organisations à revoir leurs politiques de promotion, leurs pratiques managériales et leurs critères d’évaluation du leadership.


La féminisation des instances dirigeantes devient ainsi un enjeu stratégique pour l’attractivité, la performance et la crédibilité ESG des entreprises. Dans un contexte où les investisseurs et les talents scrutent de plus en plus ces indicateurs, la parité s’impose progressivement comme un nouveau standard de gouvernance.

En bref, 10 choses à retenir sur la Loi Rixain et la place des femmes dans les instances dirigeantes

Point cléCe qu’il faut retenir
Entrée en vigueurDepuis le 1er mars 2026, les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent respecter un objectif minimal de représentation femmes-hommes dans leurs instances dirigeantes.
Objectif immédiatLes cadres dirigeants et les instances dirigeantes doivent compter au moins 30 % du sexe minoritaire.
Prochaine étapeÀ partir de mars 2029, ce seuil passera à 40 % pour les cadres dirigeants et les instances dirigeantes.
Entreprises concernéesToutes les entreprises de plus de 1 000 salariés pendant trois années consécutives sont soumises à cette obligation.
Obligation de transparenceLes entreprises doivent publier chaque année les écarts de représentation entre femmes et hommes parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes.
Mesures correctricesSi l’objectif de 30 % n’est pas atteint, l’entreprise doit mettre en place un plan d’actions pour corriger la situation.
Sanctions financièresÀ partir de 2029, une entreprise non conforme pourra être sanctionnée d’une pénalité pouvant atteindre 1 % de sa masse salariale.
Situation actuelleDans le CAC 40, les femmes représentent environ 28,8 % des membres des comités exécutifs, contre seulement 6,3 % en 2008.
Accès aux postes les plus élevésLes femmes occupent encore seulement environ 7,5 % des postes de président ou directeur général dans les entreprises du CAC 40.
Enjeu pour les RHLa loi pousse les entreprises à revoir leurs politiques de promotion, leurs viviers de talents et leurs pratiques de leadership pour favoriser une gouvernance plus mixte.

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Adeline Lajoinie

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