VAE et certification : que faut-il vérifier ?  

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Le choix de la certification conditionne directement la réussite d'un parcours VAE. Pour les RH, il ne suffit pas d'identifier un diplôme ou un titre attractif : il faut vérifier son inscription au RNCP, ses voies et modalités d’accès, son adéquation avec l'expérience du salarié, et ses blocs de compétences.

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Consultante experte en formation professionnelle, je suis spécialisée en ingénierie de certification et en ingénierie de la formation : enregistrement et habilitation RNCP/RS, certification Qualiopi, dispositifs de développement des compétences (actions de formation, VAE, bilans de compétences). Je produis également des analyses et décryptages spécialisés en RH et formation professionnelle, contribuant à éclairer les évolutions réglementaires et stratégiques du secteur.

VAE : comment vérifier qu'une certification RNCP est bien accessible et adaptée à l'expérience du salarié ?
Sommaire de l'article

Choisir une certification est l’une des premières décisions structurantes d’un parcours VAE. Ce choix détermine le certificateur compétent, le référentiel à analyser, les compétences à démontrer et les conditions d’accès spécifiques à la voie par VAE.

Une certification mal ciblée peut fragiliser la démonstration des acquis et conduire à une validation partielle, voire à un échec devant le jury. 

Pour un service RH, cette vérification est donc stratégique. Elle permet d’orienter le salarié vers une certification réellement cohérente avec son expérience, son poste, son évolution professionnelle et les besoins de l’entreprise. Elle évite aussi de confondre reconnaissance de l’expérience et simple recherche d’un diplôme valorisant.

La VAE ne valide pas un potentiel général : elle permet de faire reconnaître des compétences déjà acquises, au regard d’un référentiel de certification précis. 

Vérifier que la certification est inscrite au RNCP  

La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir une certification, un diplôme, un titre à finalité professionnelle ou un certificat de qualification professionnelle enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). La VAE permet de valider un ou plusieurs blocs de compétences de ces certifications professionnelles.  

Le premier point de contrôle est donc simple : la certification visée doit être enregistrée au RNCP, conformément au cadre légal applicable. Concrètement, cela consiste à rechercher la certification sur le site de France compétences, via le moteur de recherche dédié, puis à vérifier la fiche RNCP correspondante.

Cette fiche permet notamment d’identifier l’intitulé exact de la certification, son niveau de qualification, son certificateur, les activités visées, les compétences attendues, les blocs de compétences constitutifs de la certification, ainsi que les voies d’accès prévues.  

Moteur de recherche France compétences – Extrait du site francecompétences.fr

Il convient également de vérifier que la certification est active. Une certification inactive — dont l’échéance d’enregistrement est dépassée — peut poser difficulté si aucune demande de renouvellement n’a été engagée par l’organisme certificateur avant la date de fin de son enregistrement.  

La fiche RNCP publiée sur le site de France compétences est la source de référence pour vérifier qu’une certification est active, accessible par VAE et portée par un certificateur identifié — une page web d’un organisme de formation ne remplace pas cette vérification.  

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Vérifier que la certification est accessible par VAE  

L’inscription au RNCP est indispensable, mais elle ne dispense pas de vérifier les voies d’accès à la certification visée — toutes n’étant pas accessibles par la VAE. Ainsi, sur la fiche France compétences de la certification concernée, la rubrique relative aux voies d’accès indique si elle est accessible ou non par VAE, c’est-à-dire par la voie de l’expérience, et précise la composition du jury, le cas échéant.   

Si l’expérience fait bien partie de ses voies d’accès, il convient ensuite de se rapprocher de l’organisme certificateur pour connaître le détail des modalités à suivre. Ce point est important, car le parcours dépend du certificateur.

Dans le cadre de la VAE, celui-ci traite notamment la recevabilité, organise le jury, précise les attendus du dossier de validation et délivre la certification en cas de validation totale.  

Pour les RH, la bonne question n’est donc pas seulement : “Cette certification existe-t-elle ?” mais : “Cette certification est-elle mobilisable dans un parcours VAE, avec un certificateur clairement identifié et des modalités lisibles ?”.  

Vérifier l’adéquation entre l’expérience du salarié, les activités et les compétences visées  

Le critère le plus décisif reste l’adéquation entre l’expérience réelle du salarié et le référentiel de la certification. Le site du ministère du Travail et des Solidarités rappelle qu’il n’existe plus de durée minimale d’expérience pour engager une VAE ; l’essentiel est d’avoir exercé des activités en lien avec celles visées par le diplôme.  

Cette évolution ne signifie pas que toute expérience suffit. Elle renforce au contraire la nécessité d’analyser précisément les activités exercées. Le salarié doit pouvoir démontrer qu’il a réellement mis en œuvre les compétences attendues dans des situations professionnelles, bénévoles ou personnelles pertinentes.  

Côté RH, la vérification peut s’appuyer sur plusieurs questions simples : les missions exercées correspondent-elles aux activités visées ? Le niveau d’autonomie est-il comparable ? Le salarié a-t-il produit des résultats, pris des décisions, coordonné des actions ou assumé les responsabilités attendues par le référentiel ?  

Ce qui compte pour un jury VAE, ce n’est pas l’intitulé du poste ou l’ancienneté mais la capacité du candidat à démontrer, situation par situation, qu’il a exercé les activités et mis en oeuvre les compétences décrites dans le référentiel, au même niveau d’autonomie et de responsabilité attendu.  

Vérifier le niveau de qualification visé  

Le niveau de certification est un autre point de vigilance. Une certification de niveau 5, 6 ou 7 ne correspond pas seulement à un niveau de diplôme : elle traduit aussi un niveau attendu de complexité, d’autonomie et de responsabilité professionnelle.  

Un salarié peut exercer dans le même domaine que la certification visée sans pour autant avoir occupé le niveau d’activité attendu. Par exemple, une expérience d’exécution, même solide, ne suffit pas toujours à démontrer des compétences de pilotage, de conception, de management ou de définition stratégique.  

Pour les RH, vérifier le niveau de qualification visé par la certification permet d’éviter deux erreurs fréquentes : viser trop bas, ce qui limite la reconnaissance obtenue ; ou viser trop haut, ce qui fragilise la validation. Le bon niveau est celui qui correspond aux responsabilités effectivement exercées, et non uniquement au projet d’évolution souhaité.  

Analyser les blocs de compétences  

Depuis la loi Avenir professionnel de 2018, toutes les certifications enregistrées au RNCP sont obligatoirement structurées en blocs de compétences. Un bloc correspond à un ensemble homogène et cohérent de compétences, contribuant à l’exercice autonome d’une activité professionnelle, et pouvant être évaluées et validées. Il peut être validé indépendamment des autres : c’est ce qu’on appelle la capitalisation.  

Cette logique est centrale en VAE. Un candidat peut obtenir une validation partielle — certains blocs validés, d’autres non — et capitaliser les blocs acquis. Les blocs non validés pourront ensuite faire l’objet d’un parcours complémentaire ou d’une nouvelle présentation, selon les modalités prévues par le certificateur.

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Pour les RH, c’est un point important à intégrer dès le départ : une validation partielle n’est pas nécessairement un échec si elle s’inscrit dans un plan de complétude structuré.  

L’analyse bloc par bloc permet d’objectiver l’orientation avant même le dépôt du dossier. Il s’agit de croiser les activités réellement exercées par le salarié avec le contenu de chaque bloc : les situations professionnelles couvertes, le niveau d’autonomie démontrable, les responsabilités exercées et les preuves mobilisables.

Ce travail préalable permet d’identifier les blocs pour lesquels le dossier sera solide, ceux qui nécessiteront un effort de formalisation particulier, et ceux pour lesquels les acquis sont insuffisants — ce qui peut conduire à remettre en question le choix de la certification ou à ajuster le calendrier.  

Analyser les blocs de compétences avant d’engager un parcours VAE, c’est transformer un choix de certification en diagnostic opérationnel : quels blocs sont démontrables dès maintenant, lesquels nécessitent un travail de formalisation approfondi, et lesquels font peser un risque réel de validation partielle faute de preuves suffisantes.  

Clarifier les modalités d’évaluation en VAE   

La fiche RNCP donne un premier niveau d’information sur les modalités d’évaluation de la certification : nature des situations évaluées, critères attendus, modalités prévues pour apprécier les compétences. Mais elle ne suffit pas toujours à comprendre précisément ce qui sera attendu dans le cadre d’un parcours VAE.  

C’est pourquoi il est nécessaire de se rapprocher du certificateur. C’est lui qui précise les attendus du dossier de validation, les pièces utiles, le déroulement du jury et, le cas échéant, les modalités complémentaires prévues : entretien, mise en situation professionnelle, étude de cas ou autre format d’évaluation.  

Ce point est important, car les pratiques peuvent varier sensiblement d’une certification à l’autre. Dans la plupart des parcours, le dossier de validation et l’entretien avec le jury occupent une place centrale. Mais selon la certification visée, une mise en situation professionnelle ou d’autres éléments complémentaires peuvent aussi être prévus.  

Dans tous les cas, le candidat ne doit pas seulement montrer qu’il a exercé les activités visées. Il doit aussi être capable de les expliciter, de les relier aux compétences du référentiel et de démontrer son niveau d’autonomie, de responsabilité et de maîtrise.

En pratique, les éléments mobilisables dans une VAE ne se limitent donc pas aux justificatifs produits par le candidat. Les attestations, productions, livrables, procédures rédigées ou supports réalisés peuvent montrer qu’il a bien exercé certaines activités.

Mais ils ne suffisent pas toujours : le candidat doit aussi analyser ses situations, les mettre en perspective et prendre du recul sur sa pratique. C’est souvent cette dimension d’analyse qui est sous-estimée, y compris par des candidats très expérimentés.  

Pour les RH, cette vérification permet d’anticiper le type de preuves à réunir, le niveau de formalisation attendu et la préparation nécessaire avant le passage devant le jury. Elle évite qu’un candidat solide sur le fond soit fragilisé par une mauvaise compréhension des attendus formels.  

Mettre en place une grille de vérification RH  

Avant d’orienter un salarié vers une certification RNCP, les RH peuvent utiliser une grille simple :  

Point à vérifier Question RH à se poser 
Inscription RNCP La certification existe-t-elle sur France compétences ? 
Statut La certification est-elle active ? 
Voie VAE La voie d’accès par l’expérience est-elle prévue ? 
Certificateur L’organisme certificateur est-il clairement identifié ? 
Activités visées Les missions du salarié correspondent-elles aux activités du référentiel ? 
Niveau Le niveau d’autonomie et de responsabilité est-il cohérent ? 
Blocs Les compétences sont-elles couvertes bloc par bloc ? 
Évaluation Les modalités d’évaluation spécifiques à la VAE ont-elles été obtenues auprès du certificateur ? 

Cette grille permet de décider si le parcours peut être engagé, s’il nécessite un accompagnement renforcé ou si une autre certification doit être recherchée.  

Une orientation mal calibrée en amont — certification trop éloignée des activités, niveau inadapté, modalités d’évaluation sous-estimées — peut fragiliser fortement un parcours VAE, parfois avant même la qualité du dossier ou la préparation au jury.  

FAQ  

Toutes les certifications sont-elles accessibles par VAE ?  

Non. La VAE vise les certifications professionnelles enregistrées au RNCP. Il faut donc vérifier la fiche officielle France compétences, le statut de la certification et les modalités prévues pour l’accès par l’expérience.  

Faut-il exercer exactement le métier visé ?  

Pas nécessairement sous le même intitulé de poste. En revanche, l’expérience doit être en lien direct avec les activités et compétences visées par la certification. C’est le contenu réel des missions qui compte.  

Une certification RS peut-elle être visée par la VAE ?  

La VAE concerne les certifications professionnelles enregistrées au RNCP. Le Répertoire spécifique répond à une autre logique : il recense des certifications et habilitations portant sur des compétences complémentaires ou transversales.  

Que se passe-t-il si toutes les compétences ne sont pas validées ?  

Le jury peut prononcer une validation partielle. Dans ce cas, certains blocs sont validés et capitalisés définitivement, tandis que les blocs non validés pourront faire l’objet d’un parcours complémentaire ou d’une nouvelle présentation, selon les conditions prévues par le certificateur. La validation porte sur des blocs entiers : un bloc est validé en totalité ou ne l’est pas.  

Conclusion  

Vérifier une certification RNCP avant une VAE n’est pas une formalité administrative. C’est une étape de sécurisation du parcours. Pour les RH, elle permet d’éviter les orientations approximatives, d’aligner la certification sur l’expérience réelle du salarié et de mieux anticiper les exigences du jury.  

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La bonne démarche consiste à partir de la fiche RNCP officielle, puis à croiser le référentiel avec les missions exercées, le niveau de responsabilité et les blocs de compétences — avant de contacter le certificateur pour obtenir les modalités spécifiques à la voie VAE.

C’est cette analyse préalable qui transforme la VAE en outil fiable de reconnaissance des compétences et de développement professionnel.  


Un parcours VAE réussi commence par une certification correctement choisie.

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Morgane Mazenc