Un dispositif durci avant 67 ans
Les débats parlementaires ont confirmé un basculement majeur. Plusieurs syndicats, dont la FMF (fédération des médecins de France), ont dénoncé un système qui pénalise fortement les retraités actifs avant 67 ans.
Le gouvernement défend pourtant une évolution jugée nécessaire, en cohérence avec les analyses de la Cour des comptes. Son rapport de 2025 insistait sur le besoin de limiter les situations où les retraités cumulent pension élevée et revenus substantiels.
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Accéder au simulateurL’un des points les plus sensibles concerne l’écrêtement avant 64 ans. Chaque euro gagné en travaillant sera déduit de la pension. Pour les salariés comme pour les RH, cette règle ferme presque totalement la porte à une reprise d’activité avant l’âge légal.
Pour exemple, une salariée partant à 62 ans avec 1 500 euros de pension et reprenant une activité à 1 000 euros par mois verrait sa retraite entièrement amputée du même montant. Elle touchera donc uniquement son salaire de reprise, ce qui rendra l’opération peu attractive.
Entre 64 et 67 ans, la réforme instaure un cumul partiel. Le retraité pourra percevoir sa pension sans réduction jusqu’à 7 000 euros de revenus d’activité par an. Au-delà, la pension sera réduite de moitié du dépassement.
Prenons l’exemple d’un salarié de 65 ans touchant 1 600 euros de pension mensuelle (19 200 euros par an). S’il gagne 10 000 euros par an via un emploi à temps partiel, il dépassera le seuil de 3 000 euros. La pension sera alors réduite de 1 500 euros sur l’année.
Ce mécanisme modifie profondément l’équilibre financier du cumul et pourra décourager les salariés intéressés par un complément d’activité.
Pour certains secteurs, ce changement pourrait avoir un impact immédiat. Les professions médicales, où le cumul emploi-retraite constitue une ressource importante, risquent de voir diminuer l’engagement des seniors.
Les RH devront anticiper cette baisse potentielle de disponibilité, notamment dans les structures déjà confrontées à une pénurie de main-d’œuvre.
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Cumul emploi retraite : un nouvel équilibre après 67 ans
Après 67 ans, le cumul emploi retraite devient nettement plus avantageux. Le retraité pourra cumuler pension et revenus sans plafond et acquérir une seconde pension, désormais non plafonnée.
Cette évolution offre un levier précieux pour les organisations cherchant à retenir des compétences rares. Un salarié partant à 67 ans avec 1 800 euros de pension pourrait reprendre une mission ponctuelle rémunérée 1 200 euros par mois, sans aucune réduction de pension.
Les cotisations versées durant cette période lui permettront de sécuriser une seconde pension, renforçant son revenu global.
La suppression du délai de carence constitue une autre avancée structurante. Les entreprises pourront réembaucher immédiatement un salarié retraité, ce qui facilite la continuité opérationnelle.
Les RH pourront organiser des reprises d’activité rapides pour gérer les pics d’activité, les formations internes ou les transmissions de compétences. Cette souplesse réduit le risque de rupture dans les équipes, particulièrement dans les métiers techniques où l’expérience est décisive.
Pour les entreprises, cette réforme exige une anticipation accrue. La fenêtre 64-67 ans deviendra complexe à mobiliser en raison du cumul partiel, ce qui incitera les organisations à repenser la gestion de fin de carrière.
Pour préparer au mieux la réforme du cumul emploi-retraite, les RH devront :
- cartographier les compétences critiques détenues par les salariés proches de la retraite ;
- proposer des dispositifs de transition adaptés comme la retraite progressive ;
- planifier plus tôt la succession interne pour éviter les pénuries soudaines ;
- construire des accords internes permettant des retours ponctuels après 67 ans.
Ces nouvelles règles transforment la gestion des seniors. Le passage à la retraite devra désormais s’inscrire dans une stratégie RH globale, intégrant trajectoires individuelles, budget salarial et continuité opérationnelle.
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