Une perte de repère qui touche tous les salariés et les pousse à changer de travail
Le dernier Baromètre Amour Pro 2025 – Chance par YouGov nous apprend que le doute pourrait devenir une norme au travail en 2026.
Recruter efficacement en 2026 : où en êtes-vous ?
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Je fais le testIl décrit une France en poste, mais émotionnellement fragilisée. 53 % des répondants se disent perdus dans leur vie professionnelle. Et seuls 2,3 % affirment que tout va très bien.
Cette fragilité se traduit en intentions de mobilité très élevées. 30 % des Français disent vouloir changer de travail en 2026. Chez les 18–54 ans, la proportion grimpe à 46 %, soit près d’un sur deux. Le signal est fort, car il touche des actifs déjà installés.
Le plus marquant reste l’ampleur des insatisfactions. 79 % des Français déclarent au moins une insatisfaction préoccupante dans leur vie professionnelle.
Le travail n’est plus seulement une question de poste ou de contrat. Il devient un sujet de désir, de peur et de projection. Quand cette projection disparaît, l’idée de changer de travail s’impose vite.
La réalité est aussi sociale, car tout le monde ne peut pas bouger. 47 % des répondants citent le manque d’opportunités visibles comme premier frein.
Le manque de réseau arrive juste derrière, dans un marché où beaucoup de postes circulent hors annonces. Sans réseau, certains restent dehors, même motivés. L’envie existe, mais les portes semblent fermées.
Le baromètre souligne aussi le poids de l’argent dans la capacité à se réorienter. Les répondants estiment qu’il faut au minimum 2 000 euros nets mensuels pour se projeter. Quand on vit sous contrainte, l’énergie manque pour préparer un saut.
La mobilité devient un privilège de temps, d’argent et de contacts. Cette fracture explique pourquoi l’intention est massive, mais l’action plus rare.
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“Ce baromètre dit ce que l’INSEE et les DRH ne mesurent pas : l’Amour Pro, les peurs, l’alignement, le sentiment d’être à sa place. Tant qu’on ne parle pas de ses désirs, ses choix et ses possibilités de changer, de se réorienter, on passe à côté de ce qu’est vraiment le rapport des gens avec leur travail. “
Ludovic de Gromard, co-fondateur de Chance
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Comment les RH doivent gérer le doute professionnel en 2026
Le doute professionnel n’est pas un phénomène abstrait, il a des visages et des déclencheurs. 85 % des répondants sont en poste, et pourtant un sur deux se sent perdu.
Le questionnement arrive aussi plus tôt, parfois dès 25-28 ans. Les trentenaires sont nombreux, avec 37 % entre 31 et 40 ans. Les 41–50 ans suivent, avec 34 %, ce qui confirme un malaise durable.
Les femmes apparaissent en première ligne de cette fragilisation. Elles représentent 77 % des répondants Chance, et déclarent plus de pression au travail.
L’écart atteint dix points avec les hommes sur la pression ressentie. 38 % des femmes évoquent une surcharge, contre 28 % des hommes. Elles citent aussi plus souvent les tensions d’équilibre de vie.
Les sources d’insatisfaction sont très concrètes pour les salariés. La rémunération est la première cause d’insatisfaction, tous âges confondus.
Juste derrière, arrive la pression de travail jugée excessive. Ce duo nourrit une frustration quotidienne et une perte de sens. Pour beaucoup, la question devient simple : tenir ou changer de travail.
Le management pèse lourd dans cette érosion. Près de 70 % des Français ayant un manager déclarent au moins une insatisfaction à son égard.
Les reproches sont surtout relationnels, pas stratégiques. Le manque de reconnaissance arrive en tête, puis l’écoute et le soutien. Les 18–34 ans sont les plus critiques, et les plus de 50 ans plus cléments.
Les RH doivent aussi regarder les moments de bascule. 34 % des répondants citent l’épuisement professionnel comme déclencheur de remise en question.
Les conflits avec un manager ou un collègue arrivent ensuite, avec 16 %. Le burnout devient un point de non-retour, plus qu’un accident. Prévenir ces ruptures devient un enjeu de fidélisation.
Enfin, le baromètre montre que les salariés ne fuient pas le travail en soi. Ils cherchent plus d’apprentissage, plus de sérénité et plus d’utilité. Une part importante se projette vers des activités liées à la santé et au bien-être, avec 47 % qui placent ces causes en tête.
Pour les RH, l’enjeu est d’ouvrir des perspectives visibles et crédibles. En 2026, gérer le doute, c’est rendre possible une trajectoire, pas seulement retenir un effectif.
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