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Jeudi 25 juin 2026

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Avant l’été : 5 automatisations que les RH peuvent enfin s’offrir

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Les baromètres virent au rouge sur la charge de travail des RH. Et si, cette année, l'automatisation servait d'abord à celles et ceux qui la mettent en place pour les autres ?

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Consultante et rédactrice RH, dirigeante de Semantik RH, j'accompagne les entreprises dans leur marketing de contenus RH

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Sommaire de l'article

Il y a une semaine type qui ressemble à toutes les autres à cette période de l’année. La to-do RH qui déborde sur juillet, les soldes de congés à fiabiliser, les contrats saisonniers qui s’accumulent, et l’idée, vague mais tenace, qu’il faudrait vraiment automatiser tout ça un jour ! 

Puis septembre arrive, et finalement, on se dit qu’on a fait exactement comme l’année dernière…

Pendant ce temps, le baromètre GERESO 2025/2026 nous dit des choses sur la réalité des RH. Et il ne fait pas dans la dentelle : 93% des professionnels RH ont ressenti du stress cette année, dont 55% à un niveau “très élevé”. 

Alors avant que ces chiffres ne servent juste à faire un titre, posons une question simple : à qui sert vraiment l’automatisation ? Si la réponse n’inclut pas les RH eux-mêmes, c’est qu’on s’est trompé d’angle !

Le vrai sujet n’est pas la productivité, c’est la charge mentale

Habituellement, quand on parle automatisation, on parle ROI, optimisation des process, gains de temps mesurables. Les éditeurs nous expliquent qu’on peut traiter trois fois plus vite, la direction financière acquiesce.

Ce n’est pas faux, mais ça loupe quelque chose d’important pour celles et ceux qui sont en première ligne. Comment utiliser l’automatisation pour alléger vraiment la charge mentale ?

En 2025, 60% des professionnels RH déclarent avoir travaillé davantage qu’en 2024, toujours selon GERESO.

La charge de travail bondit comme premier facteur de stress, à 69%, soit 16 points de plus en un an. L’équilibre vie pro / vie perso se dégrade pour 38% d’entre eux. Le tableau n’est pas anecdotique : c’est une fonction qui absorbe la charge des autres pendant que la sienne dérape doucement.

Le paradoxe le plus parlant tient en deux chiffres. 69% des RH reconnaissent que l’IA et les outils digitaux les rendent plus efficaces sur les tâches répétitives. Mais seulement 19% estiment qu’ils en tirent un allègement réel de leur charge mentale.

Autrement dit : on automatise, mais on ne s’autorise pas à respirer derrière. Comme si chaque heure récupérée était aussitôt réinvestie dans la suivante ! 

Avant l’été 2026, l’enjeu, c’est de cesser de répéter à la main quelques gestes qui rongent l’énergie disponible pour ce qui compte vraiment : les sujets sensibles, les conversations difficiles, les arbitrages humains que personne ne fera à votre place.

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En plus, l’été 2026 ne fait pas de cadeau côté réglementaire

Et ce stress risque malheureusement de ne pas s’alléger cet été, la faute à un calendrier réglementaire intense !

La transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, attendue pour le 7 juin 2026, ne sera certes pas prête à temps.

Le ministère du Travail vise désormais une adoption parlementaire à la rentrée. Sauf que certaines dispositions auront un effet direct dès le 7 juin malgré tout, notamment l’interdiction de demander l’historique salarial des candidats et l’obligation d’afficher une fourchette de rémunération dans les offres.

Bilan pour les équipes RH : une zone grise particulièrement inconfortable, où l’on doit anticiper sans cadre national précis.

En parallèle, juillet 2026 sera le premier été complet sous le régime du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 sur la protection des travailleurs contre la chaleur.

Le texte adosse les obligations de l’employeur aux niveaux de vigilance Météo-France, impose la mise à jour du DUERP à chaque épisode caniculaire, et place la charge de la preuve sur l’employeur en cas d’accident de travail.

Ajoutez la hausse de la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles (passée de 30% à 40% au 1er janvier), le déploiement des Entretiens de Parcours Professionnels en remplacement des entretiens pro, le nouveau congé de naissance, le suivi continu de l’acquisition des congés pendant les arrêts maladie, etc… Chacun pris isolément, rien d’insurmontable.

Tous ensemble, en quelques semaines, c’est une autre histoire.

Personne ne vous demandera d’absorber tout ça pendant que les “Out of Office” remplissent les boîtes mail des collègues. Mais comme personne n’a pensé non plus à étaler ces obligations sur l’année, autant alléger là où c’est possible. Avant que ces textes ne s’invitent dans le quotidien !

A lire également :

Cinq automatisations à piocher avant juillet

Attention au perfectionnisme qui vous guette, l’idée n’est pas de cocher les cinq cases ! Une seule, choisie sur la liste qui suit, suffirait à changer la couleur de votre mois de juillet. Le reste suivra peut-être l’an prochain. Ou jamais, et ce n’est pas grave !

6 trames pour des entretiens de parcours professionnels conformes

Évitez les sanctions à 3 000 € : notre partenaire Factorial vous offre 6 trames complètes pour chacun de vos entretiens de parcours professionnel (initial, périodique, état des lieux, mi-carrière…), élaborées avec Loubna Tigroussine, juriste en droit du travail.

J'accède aux trames

1. Sortir du ping-pong de mails sur les congés

Le scénario est connu. Un salarié demande à poser, le manager oublie de répondre, vous relancez, le manager valide, vous saisissez, vous mettez à jour le tableau Excel, le solde affiché ne colle pas, on recommence. Plus la période avance, plus la pile grossit.

Voici de quoi vous inspirer : l’entreprise Clôture Arès a basculé sur Lucca pour gérer ses absences. Témoignage de leur côté : “une demi-journée par mois gagnée rien que sur la saisie des congés”.

Au-delà du chrono, c’est surtout la fin des trois ou quatre allers-retours par demande, et la garantie que le solde affiché correspond à la réalité quand le salarié pose. Sur le pic de juin, la différence est immédiate !

Vous êtes tenté ? N’hésitez pas à consulter notre article sur les meilleurs logiciels de gestion des congés pour vous aider à faire votre choix.

2. Faire signer les contrats saisonniers depuis le canapé

Si vos jobs d’été représentent un volume sérieux, vous connaissez le rituel : courir après les RIB, les pièces d’identité, les autorisations parentales pour les mineurs. La DPAE qui se déclenche dans l’urgence. Bref, juillet en accordéon.

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Chez Franprix, l’équipe RH a choisi Workelo pour structurer ses parcours d’intégration

“Aujourd’hui c’est un vrai gain de temps, un vrai gain de productivité, d’optimisation et surtout d’amélioration du quotidien du directeur de magasin”, témoigne Jonathan Goldfarb, Directeur recrutement, formation et digital RH. 

La logique : tout ce qui peut se faire avant le premier jour du saisonnier se fait avant, automatiquement, sans que vous ayez à le réclamer.

Ça vous parle ? Direction notre article sur les meilleurs logiciels d’onboarding !

3. La signature électronique : le ticket à six jours

C’est sans doute l’automatisation au meilleur rapport temps investi / temps gagné

Quelques jours de paramétrage et les contrats, avenants, ruptures conventionnelles ne dorment plus dans les boîtes mail en attendant qu’un manager ait imprimé, scanné, renvoyé.

Yousign, DocuSign, Universign : le marché est mature, les solutions s’intègrent en quelques clics au reste de l’écosystème RH, et les retours éditeurs annoncent entre 60% et 90% de temps gagné sur le cycle de signature.

Pour vous aider à faire votre choix, nous avons élaboré un comparatif des meilleures solutions de gestion des signatures éléctroniques, on vous laisse creuser si le cœur vous en dit !

4. Programmer des délégations qui tiennent l’été

L’été est aussi la période où les workflows de validation se grippent. Un manager part en congés, il “oublie” de prévoir son back-up, et les notes de frais ou demandes de formation s’accumulent jusqu’à la rentrée.

Pas besoin d’un nouveau SIRH pour traiter ça. La plupart des plateformes intègrent nativement la délégation temporaire et les relances automatiques. 

Pour les bricoleuses et bricoleurs, un outil no-code comme Zapier ou Make permet en une matinée de paramétrer une escalade automatique à un N+2 si le N+1 ne répond pas dans les délais. C’est moins glamour qu’un projet de transformation digitale. Mais c’est ça qui sauve les bulletins de paie de juillet, non ?

5. Recevoir la veille juridique au lieu de la traquer

Ce point boucle directement avec ce qu’on évoquait plus haut. Les décrets d’application, arrêtés et circulaires sortent souvent au cœur de l’été, parfois au JO du 15 août. Si votre veille repose sur du picotage manuel de Légifrance et de service-public.fr, vous reprendrez la rentrée avec un retard de plusieurs textes à digérer.

Les agrégateurs type Feedly Pro, les newsletters spécialisées, ou les alertes IA bien paramétrées sur vos sujets prioritaires (paie, santé au travail, durée du travail) font le travail à votre place. Vous récupérez en septembre une note de synthèse propre plutôt que 47 onglets à ouvrir.

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Les automatisations à faire soi-même, sans budget

Toutes les idées précédentes passent par un outil RH dédié. Mais il existe une couche d’automatisation plus discrète, plus bricoleuse, que vous pouvez déclencher seul cet après-midi. Sans ligne budgétaire à ouvrir, sans appel à la DSI ! Imaginez un peu ! Voici quelques pistes concrètes.

  1. Un Google Forms + un Google Sheets pour suivre les pièces manquantes à la signature des contrats saisonniers. Le candidat dépose son RIB, sa pièce d’identité et son autorisation parentale via le formulaire, la case se coche automatiquement dans le tableau, et une relance par mail part toute seule au bout de trois jours pour les justificatifs non reçus. Trente minutes de paramétrage avec Google Apps Script ou Make en version gratuite.
  2. Un Google Calendar partagé avec rappels automatiques pour toutes les échéances RH récurrentes : fin de période d’essai, renouvellement de CDD, visite médicale, dates limites de paie, entretien à programmer. Plus aucune échéance oubliée parce qu’elle dormait au fond d’un tableur.
  3. Une FAQ RH dans Notion ou un GPT personnalisé qui répond aux questions récurrentes des salariés (solde de congés, modalités de télétravail, processus de note de frais). Vous économisez la vingtaine de mails par semaine qui commencent par “petite question rapide”.
  4. Une bibliothèque de prompts sur ChatGPT, Claude ou Mistral pour générer en quelques secondes une trame d’avenant, une réponse type à une demande d’arrêt maladie, ou un brief de poste. Ça ne remplace ni votre regard ni votre signature. Ça vous épargne la page blanche.

L’avantage : aucun de ces dispositifs ne nécessite de validation budgétaire et tous se mettent en place en moins d’une demi-journée. Et ils touchent souvent à ce qui pèse le plus dans une semaine RH : les petites tâches répétitives qu’on déteste

Ce qu’il ne faut surtout pas faire avant l’été !

Lancer un appel d’offres SIRH global en juin, par exemple. Vous savez exactement ce qui se passera : trois éditeurs en démo en juillet, un cahier des charges qui s’allonge en août, un comité de sélection reporté à octobre, et au final aucune automatisation déployée en 2026.

La période n’est pas la bonne, l’agenda non plus.

Même remarque pour la cartographie exhaustive des process RH. C’est passionnant. C’est aussi le projet qui mange six mois sans rien livrer d’utile pour l’été. Préférez repérer une seule tâche qui vous coûte trois heures par semaine pour rien, et automatisez celle-là. 

Le mantra qui fonctionne : un process, un outil, six semaines maximum. Au-delà, vous êtes en train de faire de la transformation digitale, ce qui est un autre métier.

La vraie question : qui s’autorise à respirer ?

Reprenons le baromètre GERESO une dernière fois. 88% des professionnels RH placent la reconnaissance en tête des leviers de leur engagement. 55% n’en ont reçu aucune marque concrète en 2025.

Et quand on leur demande quel mot résume le mieux leur état d’esprit pour 2026, c’est “résilience” qui arrive en première position, suivi de “reconnaissance”.

Sur la reconnaissance des autres, vous pouvez agir partiellement. 

Sur la vôtre, vous ne pouvez compter que sur vous, malheureusement, le plus souvent !

Avec une nuance qui change tout : la reconnaissance la plus accessible, en juin 2026, n’attend pas forcément une prime ou une évolution de poste.

Elle peut commencer par une décision plus modeste, et beaucoup plus immédiate. Choisir une tâche qui n’a aucune valeur ajoutée, l’automatiser. Et se laisser, l’été venu, le droit de ne plus avoir à la faire.


C’est un geste minuscule. C’est aussi, dans le vocabulaire que les RH ont eux-mêmes choisi pour qualifier 2026, une forme très concrète de résilience !

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Laure Piana