En quoi le développement de l’intelligence artificielle dans le monde professionnel rend les soft skills encore plus essentielles ?

En quoi le développement de l’intelligence artificielle dans le monde professionnel rend les soft skills encore plus essentielles ?
La rédac' Culture RH

A priori, Soft Skills et Intelligence Artificielle n’ont pas de liens et sont même assez antagonistes. Pourtant, dans un monde à l’ère du numérique, où le développement des IA peut faire peur aux entreprises et aux collaborateurs, les soft skills peuvent s’avérer d’autant plus essentielles. Ces compétences douces peuvent même aider les créateurs des IA à mieux comprendre les utilisateurs.

Intelligence artificielle : quels risques pour le monde du travail ? 

L’Intelligence Artificielle fait peur aux entreprises, mais surtout aux salariés qui craignent de perdre leur emploi, remplacés par une IA. Si cette crainte ne date pas d’hier, elle est renforcée depuis peu par les bonds en avant de technologie grand public comme Chat GPT (et sa versions 3.5, trés impressionnante), l’outil conversationnel d’Intelligence Artificielle développé par Open AI (une entreprise co-créée en 2015 par Elon Musk).

Les performances de ChatGPT étant particulièrement impressionnantes dans le champ de ce qui est calculable, on a vu le logiciel d’IA s’introduire dans le domaine des experts-comptables, par exemple. Un juge chilien a récemment pris une décision de justice avec Chat GPT.  Et une entreprise indienne a nommé ChatGPT au poste de PDG.

Mais concrètement, l’IA fait-elle planer de véritables risques sur le monde du travail ? L’épouvantail des machines tuant les emplois des humains existe depuis le début du 19ème siècle. En 1930, alors que la Grande Dépression débutait, l’économiste John Maynard Keynes travaillait déjà sur le concept de « chômage technologique ».

Selon certains économistes et scientifiques, l’Intelligence Artificielle n’est pas un danger pour les emplois de services à la personne et tous les métiers qui ont un lien avec l’humain, directement. L’industrie reste un des éléments centraux de l’Intelligence Artificielle. Et surtout, l’IA va permettre d’automatiser de plus en plus les tâches cognitives à faible valeur ajoutée, les tâches les plus répétitives, évitant les erreurs “humaines”. 

Comme expliqué par Laurent Alexandre, expert des bouleversements de l’humanité suite aux progrès de la biotechnologie, dans un article d’Atlantico, les nouveaux emplois, comme les Data Scientists ou les data analysts, très recherchés actuellement, “requièrent des profils innovants, adaptables et très intelligents. La difficulté qui va se poser est que les métiers qui vont être supprimés suite à l’évolution technologique vont être remplacés par des métiers très conceptuels et très compliqués. Il n’est pas évident que tous les travailleurs puissent se reconvertir.”

Et c’est ici que les soft skills viennent prendre toute leur importance. 

Les soft skills, le petit supplément d’âme recherchés par les entreprises

Les soft skills (compétences douces, pour une traduction littérale), représentent le “savoir-être” des salariés à l’inverse des hard skills qui représentent leur savoir-faire.

Aujourd’hui, les soft skills sont particulièrement importantes pour développer l’innovation en entreprise. En arrivant à reconnaître les compétences cognitives, conatives, relationnelles, émotionnelles et environnementales de leurs collaborateurs, les managers peuvent les aider à mieux les développer et, par exemple, créer des dispositifs de mobilisation des intelligences multiples des individus au service de la transformation et de l’innovation.

Ces traits de personnalité et ces compétences annexes, ajoutés à des états émotionnels positifs (comme l’empathie et l’enthousiasme) constituent des qualités “non professionnelles” qui ajoutent à la valeur d’un collaborateur. 

Parmi les soft skills particulièrement utiles en entreprises, l’on trouve par exemple la confiance, la communication, la bonne gestion du temps et du stress, le sens du collectif ou la curiosité. 

Les soft skills les plus recherchées en 2023 en entreprise

Ces compétences transversales ne sont pas cloisonnées à un métier et peuvent apporter beaucoup à toutes les entreprises, pour des postes très différents. D’où le lien très fort qui s’est créé entre recrutement et évaluation des soft skills

Les soft skills les plus prisées par les recruteurs changent avec le temps. En 2021, le trio de tête des soft skills était l’autonomie, la capacité d’adaptation et la résolution des problèmes complexes. 

En 2023, Welcome To The Jungle met dans son Top 5 des Soft Skills :

  • L’adaptabilité pour naviguer dans l’inconnu.
  • Une bonne maîtrise de la communication mixte en milieu virtuel.
  • L’autonomie… favorisée par une culture interne adéquate.
  • Plus de coopération pour rebondir et avancer ensemble.
  • Les Mad Skills, ces “folles “compétences qui font tout le caractère unique d’un salarié.

Comment les soft skills peuvent sauver le monde du travail (et notamment le recrutement) des risques des IA ?

Quelle est la place de l’IA dans le recrutement ? Elle est de plus en plus importante. En effet, en 2022, 22% des entreprises les plus performantes ont automatisé une partie de leurs processus de recrutement

L’IA offre alors un véritable gain de temps et d’argent aux DRH et aux recruteurs pour tout ce qui est sourcing et pour une première analyse et un tri des CVs envoyés

Mais de nombreuses études ont démontré que les IA peuent augmenter les biais de recrutements. Pour exemple, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont étudié un logiciel de recrutement géré par une IA et ont publié leurs résultats dans la revue Philosophy and Technology. Ils disent considérer les logiciels de recrutement comme une “pseudoscience automatisée”. Pourquoi ? Parce que les prédictions de ce logiciel se sont révélées “affectées par les changements dans les expressions faciales, l’éclairage et les arrière-plans des personnes, ainsi que par leur choix de vêtements”. 

L’on a également découvert que l’IA, prenant en compte les profils des salariés actuels d’une entreprise pour dresser le portrait idéal d’un candidat, avait tendance à ne sélectionner que des CVs proposant le même type de personne et à trop uniformiser les recrutements.

Il est donc clair que si l’IA est un outil très utile pour le recrutement, les compétences humaines et notamment les soft skills développées par le recruteur (notamment son empathie, son ouverture d’esprit, son instinct, sa connaissance des équipes….) sont indispensables pour analyser finement les candidatures et trouver le candidat idéal.

Développer les Soft Skills : un atout indispensable dans un monde numérique

Au-delà du domaine du recrutement, les soft skills semblent essentielles au développement de la capacité innovatrice des entreprises, aux prises avec un monde de plus en plus numérique. Face à toujours plus de technologie, des compétences humaines et émotionnelles sont d’autant plus nécessaires. Une étude menée par West Monroe Partners a révélé que 98% des directeurs RH estimaient que les Soft Skills étaient importantes pour les candidats à un poste dans le domaine technologique.

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Si, avec l’évolution et le développement rapide des technologies de l’IA, les “Soft Skills”, sont devenues plus importantes que jamais, elles sont encore très peu présentes sur le marché du travail. Une enquête européenne (European Skills and Jobs – ESJ) a révélé que près de 30% des collaborateurs européens ne possèdent pas les compétences requises pour leur poste et 45% des travailleurs adultes pensent que leurs compétences peuvent être améliorées ou mieux mises à profit. 

D’après un rapport de 2018, basé sur les résultats de l’ESJ, il semble que les Soft Skills les plus recherchées pour les postes à haut potentiel de recrutement sont la planification et l’organisation, la résolution de problèmes, la communication et le travail en équipe, ainsi que la planification, l’adaptabilité et le raisonnement critique. 

Des compétences essentielles dans les environnements de travail numériques où la quantité de données est très importante et où la capacité de leadership, la coopération et le travail d’équipe sont très prisés.

9 soft skills nécessaires à l’ère de l’IA

Le magazine Forbes a listé les principales compétences non techniques qui lui semblent devenir particulièrement essentielles dans un monde du travail où l’IA prend de plus en plus de place. 

Là encore, les soft skills sélectionnées sont bien différentes (et particulièrement propre à l’intelligence humaine) :

  1. La créativité.
  2. La pensée analytique et critique.
  3. L’intelligence émotionnelle.
  4. Les aptitudes à la communication interpersonnelle.
  5. L’apprentissage actif avec un esprit de croissance.
  6. La capacité à juger et à prendre des décisions.
  7. Les compétences en matière de leadership.  
  8. Diversité et intelligence culturelle. 
  9. La capacité à se révéler positif au changement.

Les soft skills, des compétences impératives pour les ingénieurs des IA ? 

Les soft skills se révèlent d’autant plus nécessaires, par leur aspect le plus humain et le plus personnel, dans un monde professionnel qui laisse une grande part à la technologie. Mais, même au sein du monde des IA, les soft skills sont des compétences obligatoires au développement des logiciels.

Comme l’explique Aurélie Van Dijk et Frédéric Oru dans leur analyse du lien entre l’IA et les softs skills sur Lefebvre Dalloz Compétences, pour que l’Intelligence Artificielle fonctionne correctement, il faut que “le programmeur donne l’objectif à la machine, et la laisse tester toutes sortes de programmes jusqu’à trouver une série d’instructions qui remplit l’objectif dans la plupart des cas.”

Il est donc essentiel que tous les acteurs et décideurs comprennent les limites et les conséquences de l’intelligence artificielle (IA) afin que l’objectif initial soit atteint. Les utilisateurs de l’IA devront donc aiguiser leur esprit critique (et donc leurs soft skills) pour remettre en question, analyser et contrôler les résultats de l’IA. Ils devront également développer leurs aptitudes comportementales pour aider la machine à améliorer ses performances. 

Et les ingénieurs en IA sont également touchés par cette nécessité de développer leurs soft skills, car ils se doivent d’être aptes à programmer la machine avec une cible quantitative qui représente au plus près l’intention humaine dans sa totalité.

A propos de Lefebvre Dalloz Compétences

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