Retour de vacances : pourquoi le blues touche autant de salariés ?
On présente souvent les vacances comme une parenthèse bénéfique. Et pourtant, elles peuvent aussi jouer un tout autre rôle : celui de révélateur du mal-être au travail. En prenant de la distance, certains salariés se rendent compte que des situations devenues habituelles n’ont, en réalité, rien de normal.
L’étude Reversens le confirme : 52 % des salariés n’arrivent pas à déconnecter totalement pendant leurs congés. Plus inquiétant, 17 % disent ne jamais parvenir à décrocher mentalement.
Au moment de la reprise, 29 % ressentent une appréhension somme toute classique, mais 13 % parlent, eux, d’une vraie boule au ventre. Et 15 % avouent avoir envie de changer d’équipe, de poste, voire d’entreprise.
Les vacances approchent… mais le Code du travail, lui, ne s’arrête pas !
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Je télécharge mon cahier de révision“Les vacances ne créent pas les situations nocives, mais elles peuvent les rendre plus visibles et devenir un véritable moment de bascule.”
Anne-Sophie Chéron, fondatrice de Reversens.
Mais chez les salariés ayant déjà fait un signalement de harcèlement au travail, la fragilité est encore plus marquée. Seuls 10 % réussissent à déconnecter complètement, tandis que 39 % restent mentalement connectés au travail pendant toute la durée de leurs congés.
Au retour, 27 % ressentent un stress important et 21 % redoutent carrément de retrouver leur manager ou certains collègues.
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Les signaux faibles que les RH ne doivent pas ignorer
Le retour de congés est donc un moment stratégique pour repérer les premiers signes de mal-être d’un salarié déjà harcelé. Une motivation qui chute soudainement, un salarié inhabituellement silencieux, des erreurs qui se répètent : ces détails peuvent trahir un malaise bien plus profond.
D’après Reversens, 30 % des salariés ayant vécu une situation de harcèlement disent avoir pris conscience de l’anormalité de leur situation justement grâce aux vacances.
Les deux principaux déclencheurs ? La prise de distance avec le travail, citée par 59 % d’entre eux, et les conséquences du travail sur leur santé (épuisement, troubles du sommeil, anxiété), pour 58 %.
Les managers ont donc un rôle clé à jouer ici. Ils doivent savoir écouter sans minimiser ce qu’on leur confie, et surtout orienter rapidement les collaborateurs vers les bons interlocuteurs.
Retour de vacances : 7 actions concrètes pour éviter le blues collectif
Le retour de vacances ne s’improvise pas. Quelques mesures simples permettent de réduire le stress des collaborateurs et de favoriser une reprise plus sereine.
- Évitez les réunions importantes dès le premier matin. Laissez aux équipes le temps de consulter leurs messages et de reprendre leurs dossiers.
- Clarifiez les priorités de la semaine. Une feuille de route simple évite le sentiment d’être immédiatement submergé.
- Organisez un point d’équipe convivial. Ce moment permet de recréer du lien et de partager les objectifs de la rentrée.
- Limitez les urgences pendant les premiers jours. Une reprise progressive est souvent plus efficace qu’un retour sous pression.
- Rendez visibles les dispositifs d’écoute. Pourtant, 16 % des salariés déclarent ne pas savoir vers qui se tourner en cas de difficulté.
- Sensibilisez les managers aux signaux faibles. Ils sont les premiers à pouvoir repérer un changement de comportement ou une perte de motivation.
- Prévoyez un suivi individuel pour les collaborateurs les plus fragiles. Cette vigilance est essentielle, car 61 % des professionnels RH constatent une hausse des alertes liées au mal-être après les vacances, dont 23 % de manière très marquée.
Une rentrée qui peut devenir une opportunité pour les RH
Le retour de vacances ne devrait pas être vu comme une simple reprise d’activité. C’est aussi un excellent moment pour prendre le pouls du climat social, renforcer la qualité de vie au travail et prévenir les risques psychosociaux.
En accompagnant les équipes dès les premiers jours, les RH peuvent limiter le blues de la reprise, soutenir l’engagement et, parfois, éviter certaines démissions de rentrée.
Une attention portée à cette période particulière contribue, au fond, à installer un climat de confiance qui dure bien au-delà du mois de septembre.
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