Arrêt maladie : le délai de renouvellement initial passe à un mois
La lutte contre l’absentéisme et les dérives financières liées aux arrêts de travail est un axe majeur du PLFSS 2026, impactant directement la gestion de la santé en entreprise. Pour cela, le gouvernement cherche à mieux encadrer la durée des prescriptions.
Le texte voté prévoit désormais que la durée maximale d’un premier arrêt de travail ne pourra excéder un mois, quel que soit le prescripteur.
Au-delà, un renouvellement sera nécessaire, potentiellement soumis à des critères plus stricts (bien que les tentatives pour limiter le renouvellement par télémédecine aient été débattues).
Face à cette mesure, les services RH doivent faire preuve d’une vigilance accrue : il est essentiel de communiquer auprès des managers pour qu’ils comprennent l’impact de ce plafonnement initial sur la durée des absences courtes et potentiellement répétées.
Les RH devraient également encourager les politiques de prévention robustes, car toute réduction de l’absentéisme passe avant tout par une amélioration des conditions de travail et la prise en charge des risques psychosociaux.
Anticiper le besoin de contre-visites médicales patronales dans un contexte de forte tension sur la Sécurité Sociale devient une nécessité stratégique.
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Complémentaires santé : taxation en vue et gel des tarifs 2026
Le financement des dépenses sociales passe par une contribution exceptionnelle sollicitée auprès des organismes complémentaires (mutuelles et assurances) dès 2026. Cette mesure vise à récupérer plusieurs centaines de millions d’euros.
En contrepartie de cette taxation, le gouvernement a imposé un blocage des cotisations : les tarifs appliqués par les organismes complémentaires en 2026 ne pourront excéder ceux de 2025.
Pour les départements RH, cette situation représente un répit temporaire, mais cache une menace future.
Si le gel des tarifs 2026 est une excellente nouvelle à court terme, permettant de maintenir le pouvoir d’achat des salariés et de stabiliser le budget de l’entreprise, il est fort à parier que l’impact de cette nouvelle taxe se répercutera sur les tarifs des années suivantes.
Les responsables RH doivent donc préparer les négociations avec leurs assureurs dès maintenant, en demandant des projections pluriannuelles et en explorant des leviers d’optimisation (meilleure utilisation des garanties, actions de prévention financées par l’organisme) pour amortir l’augmentation probable dès 2027.
Santé mentale : lancement du « pass premiers secours »
La reconnaissance de la santé mentale comme un pilier de la santé en entreprise est réaffirmée par le PLFSS 2026, qui soutient une stratégie nationale de repérage et d’intervention précoce.
Le projet s’articule autour du déploiement de formations de type « premiers secours en santé mentale » (PSSM) via un possible “pass” de sensibilisation. L’objectif est de former un grand nombre de citoyens et de professionnels aux gestes et attitudes qui sauvent en cas de détresse psychologique.
Il est impératif pour les RH de s’inscrire dans cette dynamique. Plutôt que d’attendre la mise en place d’un dispositif officiel généralisé, les entreprises devraient former de manière proactive des référents en santé mentale.
Ces ambassadeurs internes sont essentiels pour déstigmatiser le sujet, identifier les signaux d’alerte chez les collègues et orienter vers les structures d’aide compétentes (médecine du travail, psychologues).
Intégrer cette formation dans le plan de développement des compétences des managers est un signal fort de l’engagement de l’entreprise envers le bien-être de ses équipes.
Mutuelle d'entreprise : Le guide pratique pour optimiser son contrat et en faire un vrai levier RH
Hausse des cotisations, réglementation floue, salariés perdus dans leurs garanties… Votre mutuelle d'entreprise mérite mieux qu'une simple obligation administrative ! Découvrez le guide pratique de notre partenaire Mūcho, pour transformer ce poste de coût en véritable atout RH : optimisation des contrats, communication auprès des équipes, et conseils terrain pour les PME.
Je télécharge le guide gratuitCongé de naissance : quatre mois d’absence cumulable pour les deux parents
Mesure sociale attendue, le nouveau congé de naissance a déjà été annoncé. Il vient compléter les droits existants et permet à chaque parent de s’absenter jusqu’à deux mois supplémentaires après l’épuisement du congé maternité/paternité.
Avec une durée maximale cumulée de quatre mois pour le couple, ce congé peut être pris de manière fractionnée (deux périodes d’un mois) dans les neuf mois suivant la naissance.
L’indemnisation prévue est plus avantageuse que celle du congé parental actuel, avec un taux envisagé de 70% du salaire net le premier mois, puis 60% le second mois.
Les responsables RH font face à un défi d’organisation majeur. Ils doivent mettre à jour l’ensemble des processus de gestion des absences pour intégrer cette nouvelle donne.
L’anticipation des départs et des retours est critique : l’absence prolongée de l’un ou des deux parents nécessite de sécuriser l’activité de l’équipe (remplacement temporaire, transmission des dossiers, etc.).
Il est également fondamental de communiquer avec précision auprès des futurs parents sur leurs droits, les délais de prévenance (entre 15 jours et un mois) et les modalités de fractionnement. Ce congé est un outil d’égalité parentale, et sa bonne gestion contribue positivement à l’image employeur.
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