#TendancesRH : le Growth mindset

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C’est un concept qui peut énormément aider à la conduite du changement en entreprise. Le Growth Mindset, qu’est-ce que c’est exactement ? Et comment bien l’appliquer auprès des collaborateurs ?

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Growth mindset : un état d’esprit qui transforme la perception du changement

Qu’est-ce donc que le growth mindset ? Ce concept créé par la psychologue américaine Carol Dweck par d’un constat assez simple : les compétences ne sont pas gravées dans le marbre.

Elles se construisent, se développent, évoluent, à condition d’y croire et de s’en donner les moyens. C’est ça, le growth mindset, ou état d’esprit de développement.

Son opposé, le “fixed mindset”, part d’une hypothèse inverse : le talent est inné, l’intelligence est fixe, et l’échec prouve qu’on n’est pas à la hauteur. Avec le growth mindset, l’erreur change de statut. Elle n’est plus une preuve d’incompétence, elle devient une étape normale dans un processus d’apprentissage.

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La nuance peut sembler philosophique. Elle ne l’est pas. Selon une récente étude Fasterclass, 85 % des salariés pensent que les compétences peuvent évoluer tout au long d’une carrière. 

Mais seuls 24 % déclarent travailler dans un environnement où l’erreur est réellement perçue comme une occasion d’apprendre. L’écart entre ce que les gens croient possible et ce qu’ils vivent concrètement est saisissant.

Ce décalage prend encore plus de relief dans un contexte où les transformations s’enchaînent : intelligence artificielle, nouvelles formes de travail, transitions environnementales. 

61 % des salariés ont déjà eu le sentiment de devoir changer trop vite, trop souvent, ou sans vraiment comprendre pourquoi. Et seuls 18 % estiment être clairement accompagnés par leur entreprise face à ces évolutions.

“Le growth mindset ne peut pas être seulement un slogan managérial. Il doit devenir une culture concrète, dans laquelle l’erreur est acceptée, l’apprentissage est valorisé et la performance se construit collectivement sur le long terme.”

Raphaël Maisonnier, CEO de Fasterclass

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Comment développer le growth mindset auprès des collaborateurs ?

L’étude met en évidence un paradoxe qui en dit long. Si 85 % des actifs adhèrent au principe du développement des compétences, 73 % n’ont jamais entendu parler du terme “growth mindset”.

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Ce n’est pas forcément un problème, cela signifie surtout que l’enjeu n’est pas de diffuser un concept, mais de faire évoluer des pratiques.

Première chose à changer : le rapport à l’erreur. Aujourd’hui encore, 32 % des salariés considèrent qu’une erreur représente une faute ou un risque pour leur réputation professionnelle. Cette peur-là ne favorise ni l’initiative, ni la créativité, ni la prise de risque mesurée.

Tant qu’elle sera présente, parler de culture de l’apprentissage restera un vœu pieux.

Deuxième levier : l’accompagnement au changement. Quand les salariés comprennent les raisons d’une transformation, ils y adhèrent bien plus facilement. À l’inverse, les changements imposés sans explication génèrent de la fatigue et des résistances qui coûtent cher en énergie collective.

Troisième piste : valoriser les progrès autant que les résultats. Ce déplacement d’attention encourage l’apprentissage continu et construit une forme de résilience face aux difficultés, deux choses dont les organisations ont particulièrement besoin en ce moment.

Les salariés, eux, semblent prêts. 35 % se déclarent curieux face aux grandes transformations actuelles, à condition d’être accompagnés. 81 % profitent des temps de pause ou de congés pour réfléchir à leur évolution professionnelle

Et 52 % apprennent déjà de nouvelles compétences en dehors de leur temps de travail. Mais 46 % refusent cette logique et estiment que c’est à l’entreprise d’organiser ces temps d’apprentissage, un point d’attention pour les RH qui construisent leurs plans de formation.

Le growth mindset n’est pas un outil de développement personnel parmi d’autres. Dans un contexte de transformations permanentes, c’est une façon de tenir collectivement. 

Seuls 7 % des salariés estiment aujourd’hui que les entreprises privilégient réellement une performance durable.


Pour les organisations qui veulent changer cette perception, créer une culture de l’apprentissage concrète, visible, incarnée par le management est sans doute l’un des chantiers les plus utiles à ouvrir.

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Adeline Lajoinie