L’emploi en 2027 : marqué par la pénurie de compétences ?
Comment va se comporter le marché de l’emploi en 2027 ? S’il devrait poursuivre sa stabilisation, les entreprises conserveront une visibilité économique et politique limitée. Les budgets resteront donc étroitement à surveiller.
Pour y voir plus clair, Michael Page vient de sortir son Guide des salaires 2027. Selon cette étude, les augmentations salariales devraient atteindre 2 % à 2,5 %. Pour rappel, elles se situent entre 1,5 % et 2 % en 2026.
Cette prudence ne signifie pourtant pas l’arrêt des recrutements. Mais les entreprises concentrent désormais leurs efforts sur les compétences indispensables à leur transformation.
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Télécharger le modèle gratuitLe manque de profils qualifiés demeure cependant toujours un obstacle de taille. L’étude Talent Trends 2026 de Michael Page avait déjà souligné que 62 % des entreprises avaient récemment rencontré des difficultés de recrutement. Parmi elles, 83 % évoquaient le manque de compétences disponibles.
Les prétentions salariales représentent également un frein pour 42 % des employeurs. En parallèle, seuls 47 % des salariés se déclarent satisfaits dans leur poste actuel. Plus inquiétant encore, seuls 12 % envisagent d’occuper leur fonction au-delà de trois ans.
L’équilibre personnel transforme aussi les critères de mobilité. Ainsi, 53 % des salariés refuseraient une promotion nuisible à leur équilibre de vie. L’emploi en 2027 devrait donc confronter les RH à des attentes parfois contradictoires.
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Pourquoi les fonctions RH résistent-elles mieux ?
Dans ce contexte prudent, les recrutements RH ne disparaissent pas. Ils deviennent simplement plus ciblés et plus stratégiques. Les entreprises limitent les créations de postes généralistes. Elles privilégient les professionnels capables de sécuriser leurs pratiques et leurs transformations.
“Les entreprises recherchent aujourd’hui des professionnels RH capables d’allier expertise technique, maîtrise d’un environnement réglementaire en constante évolution et forte capacité d’analyse. Au-delà de la gestion des talents, ils sont désormais attendus comme de véritables partenaires stratégiques de la transformation des organisations.”
Laurent Bargiarelli, Practice manager Michael Page.
Le droit social, les relations sociales et la paie figurent parmi les expertises les plus recherchées. La rémunération, la data RH et les SIRH gagnent également en importance. Cette évolution s’explique notamment par le renforcement des obligations réglementaires.
La transparence salariale impose aussi davantage de fiabilité, d’équité et de traçabilité. Les responsables RH doivent désormais objectiver leurs décisions. Ils doivent également rendre les politiques salariales compréhensibles pour les candidats et les collaborateurs.
Quels métiers dynamiseront l’emploi en 2027 ?
Cinq fonctions devraient bénéficier des plus fortes progressions salariales. Michael Page cite les juristes en droit social et les responsables paie. S’ajoutent les gestionnaires de paie, les responsables Compensation & Benefits et les responsables SIRH.
Les rémunérations annuelles fixes illustrent la valeur de ces expertises. Un juriste en droit social débute entre 35 000 et 40 000 euros. Après quinze ans, sa rémunération peut atteindre 70 000 euros.
Un gestionnaire de paie perçoit entre 32 000 et 35 000 euros en début de carrière. Cette fourchette atteint 48 000 à 58 000 euros après quinze ans.
Les écarts sont encore plus marqués pour les responsables Compensation & Benefits. Leur rémunération débute entre 60 000 et 75 000 euros. Elle peut atteindre 150 000 euros pour les profils les plus expérimentés.
Les responsables SIRH peuvent, quant à eux, dépasser 100 000 euros après quinze ans. Les responsables paie expérimentés peuvent atteindre 115 000 euros.
Les jeunes diplômés conservent également des opportunités. Trois portes d’entrée restent particulièrement accessibles : juriste social, gestionnaire ADP et chargé de recrutement.
Les RH tirent donc leur épingle du jeu grâce à leur technicité. Leur capacité à conjuguer conformité, données et accompagnement du changement devient difficilement remplaçable.
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