Recrutement : face à l’IA, le choc des générations

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L’IA, les salariés en parlent mais tous ne lui font pas entièrement confiance. Concernant son usage dans le recrutement, par exemple, les avis sont assez partagés. Et ces divergences pourraient creuser encore la fracture générationnelle.

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Pourquoi l’IA dans le recrutement séduit surtout les moins de 35 ans

Impossible d’ignorer l’intelligence artificielle quand on cherche un emploi aujourd’hui. Mais tout le monde ne l’aborde pas de la même façon, loin de là : l’âge change complètement la donne.

C’est ce que révèle l’étude OpinionWay réalisée pour iCIMS en août 2026 : seuls 40 % des actifs disent faire confiance à l’IA pour leur prochaine recherche d’emploi. Le chiffre grimpe à 56 % chez les moins de 35 ans. Il tombe à 29 % chez les actifs de 50 ans et plus.

Autrement dit, les jeunes actifs sont presque deux fois plus enclins à croire en ces outils que leurs aînés. Et le même fossé se creuse dès qu’il s’agit de savoir si l’IA peut réellement aider à trouver un poste.

58 % des jeunes pensent qu’elle est capable de dénicher une offre qui correspond à leur profil, contre seulement 26 % chez les plus de 50 ans.

Pour la génération la plus jeune, l’IA est avant tout un outil pratique, qui simplifie et personnalise la recherche d’emploi. Les profils plus expérimentés, eux, gardent une distance plus prudente.

“Les entreprises doivent accompagner l’ensemble des profils afin que ces technologies soient perçues comme des opportunités et non comme des facteurs d’exclusion.”
Amandine Reitz, DRH Europe d’iCIMS

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Une fracture générationnelle qui représente un nouveau défi RH

Cet écart d’adoption n’est pas qu’une statistique : il a des répercussions bien réelles sur le terrain du recrutement. Les candidats à l’aise avec l’IA savent en tirer parti pour gagner du temps et de l’efficacité à plusieurs étapes de leur recherche.

Repérer les bonnes offres, ajuster une candidature en quelques clics : ceux qui maîtrisent ces outils prennent une longueur d’avance, quitte à laisser les autres sur le bord du chemin.

Le risque est donc réel de voir l’IA accentuer des inégalités déjà présentes entre générations. Un enjeu qui dépasse la seule pratique des candidats et qui interroge aussi les choix technologiques des entreprises elles-mêmes.

Du côté des RH, la vigilance s’impose : il ne faut pas confondre la facilité avec laquelle un candidat manie ces outils et la qualité réelle de sa candidature. Accompagner les équipes devient indispensable pour éviter que certains profils ne s’autocensurent, faute de maîtriser ces nouvelles pratiques.

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Une attention toute particulière doit être portée aux salariés les plus expérimentés. Se méfier de l’IA ne veut évidemment pas dire manquer de compétences ou de pertinence professionnelle.

IA dans le recrutement : 95 % des Français veulent préserver le contact humain

Sur un point, en revanche, tout le monde semble d’accord, quel que soit l’âge : personne ne souhaite voir l’IA remplacer purement et simplement les recruteurs.

L’étude iCIMS est sans appel sur ce point : 95 % des Français jugent essentiel de conserver un contact humain pendant le processus de recrutement, et plus de la moitié (56 %) considèrent même ce contact comme très important.

Ce constat rappelle une chose simple : adopter la technologie ne veut pas dire renoncer à l’humain. Même les candidats les plus ouverts à l’IA continuent d’attendre un vrai échange avec les recruteurs.

L’IA a donc toute sa place pour automatiser ou fluidifier certaines tâches, mais elle doit rester en soutien de l’intervention humaine, notamment lors des étapes décisives du parcours de recrutement.

Utiliser l’IA mais privilégier transparence et pédagogie pour éviter une nouvelle fracture

Autre attente forte exprimée par les candidats : la transparence. 76 % des Français réclament une communication claire sur la manière dont l’IA est utilisée dans le processus de recrutement.

Cela concerne en particulier l’analyse des candidatures et la sélection des profils. Pour les équipes RH, expliquer concrètement quels outils sont utilisés et comment devient un véritable levier d’expérience candidat.

Miser sur la pédagogie pourrait d’ailleurs contribuer à réduire la fracture générationnelle mise en évidence par l’étude. Les candidats ont besoin de comprendre où intervient l’IA et quelles décisions restent, in fine, entre des mains humaines.


L’enjeu ne se limite donc pas à déployer davantage d’IA dans le recrutement. Il s’agit surtout de faire en sorte qu’elle reste lisible et accessible, pour toutes les générations.

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Adeline Lajoinie