Partage de la valeur : un système trop complexe pour les PME ? 

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Depuis début 2025, certains employeurs doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Mais est-il bien adapté, notamment aux PME ? Comment mieux l'appliquer ?

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Une complexité réglementaire mal vécue par les petites structures

France Stratégie, appuyée par le cabinet Plein Sens, vient de publier une étude révélant un constat alarmant : les dispositifs de partage de la valeur sont devenus illisibles pour certaines entreprises. 

Cette étude, réalisée dans le cadre de l’évaluation de la loi Pacte, alerte sur une mise en œuvre trop complexe pour de nombreuses entreprises, en particulier les plus petites. Pour beaucoup de dirigeants interrogés, le cadre légal s’apparente à un « grand bazar » difficile à maîtriser.

Intéressement, participation, prime de partage de la valeur (PPV), épargne salariale ou actionnariat salarié : les outils sont nombreux mais peu accessibles pour les TPE et les petites PME.

Leur utilisation reste souvent opportuniste et liée à des événements conjoncturels. Ces entreprises ne disposent ni des ressources internes ni de l’expertise juridique nécessaire pour structurer une politique durable de partage de la valeur.

À l’inverse, les grandes entreprises intègrent ces dispositifs dans une stratégie RH plus globale. Elles mobilisent des compétences internes spécialisées et construisent des politiques cohérentes. Ce dualisme accentue les inégalités d’accès et fragilise la lisibilité du système à l’échelle nationale.

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Des effets contre-productifs et un dialogue social affaibli

L’étude pointe également une dérive préoccupante : le partage de la valeur est parfois utilisé en substitution d’une hausse salariale. En particulier, la PPV devient un levier de négociation court-termiste, détourné de sa vocation initiale. Cette confusion entre rémunération pérenne et pouvoir d’achat ponctuel brouille la reconnaissance du travail dans la durée.

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Autre faiblesse soulevée : un dialogue social trop formel. Faute de formation et de maîtrise technique, les représentants du personnel ne s’emparent pas réellement des sujets. Les accords sont souvent signés sans débat approfondi. Ce manque d’appropriation limite l’impact potentiel de ces dispositifs sur l’engagement ou la cohésion interne.

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En parallèle, l’étude souligne une segmentation croissante selon les catégories de salariés. Les cadres bénéficient davantage de l’épargne salariale ou de l’actionnariat, quand les non-cadres perçoivent surtout des primes ponctuelles. Cette dissymétrie peut créer un sentiment d’injustice si elle n’est pas accompagnée d’une communication claire sur les objectifs poursuivis.

France Stratégie recommande une clarification du cadre juridique et une simplification des dispositifs. 

Elle appelle aussi à mieux former les acteurs du dialogue social et à articuler intelligemment les outils collectifs avec les politiques de rémunération individuelles.


Pour les PME, ces conclusions appellent à repenser l’approche : rendre le système plus lisible, plus souple, et surtout mieux accompagné. C’est à cette condition que le partage de la valeur pourra réellement devenir un levier d’attractivité, de fidélisation et de performance durable.

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