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IA dans les RH : quels freins persistent en 2026 ?

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L’IA est de plus en plus présente dans le quotidien des RH. Mais l’adoption à grande échelle n’est pas si simple. De nombreux freins perdurent encore.

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L’IA dans les RH est devenue une priorité stratégique

L’intelligence artificielle n’est plus un sujet expérimental pour les directions des ressources humaines. La dernière étude d’Axys, menée auprès de professionnels RH en Europe et aux États-Unis, montre que son adoption progresse rapidement.

Le changement est spectaculaire. En 2019, 88 % des professionnels RH n’avaient aucun projet IA à l’agenda. En 2025, ils ne sont plus que 8 %. Cette évolution traduit une prise de conscience forte du potentiel de ces technologies.

Les usages les plus répandus concernent les tâches à forte valeur opérationnelle. Plus de 50 % des organisations utilisent déjà l’IA pour analyser ou générer des documents comme les CV, les comptes-rendus ou les emails.

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Dans le même temps, 42 % ont automatisé certains processus administratifs et près de 40 % exploitent des outils d’analytique prédictive.

Les bénéfices semblent aujourd’hui largement reconnus. Ainsi, 98 % des répondants attendent un gain de temps grâce à l’IA. Ils sont également 96 % à considérer qu’elle facilite le travail quotidien. Plus de 80 % y voient aussi un moyen d’anticiper les besoins futurs en compétences.

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“L’intelligence artificielle n’est plus un sujet d’exploration pour les RH : elle est devenue un levier structurant de performance et de transformation. Mais cette transformation ne se limite pas à l’outil : elle implique une évolution profonde des compétences, des pratiques et du rôle même de la fonction RH dans l’entreprise.”

Delphine Bourgeot, Directrice de la BU ACTE chez Axys

Ces résultats montrent que l’IA dans les RH est désormais perçue comme un outil de transformation. Pourtant, entre les intentions et la réalité du terrain, plusieurs obstacles freinent encore son déploiement à grande échelle.

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Pourquoi l’IA dans les RH peine encore à changer d’échelle ?

Le principal frein identifié par les professionnels concerne les compétences. Selon l’étude Axys, 52 % des répondants considèrent le manque d’expertise technique comme un obstacle majeur. Plus révélateur encore, 88 % estiment que l’IA exige de nouvelles compétences au sein des équipes RH.

Cette situation crée un paradoxe. Les RH sont chargées d’accompagner la transformation des métiers, mais elles doivent également développer leurs propres connaissances sur l’IA.

Les contraintes financières restent également importantes. La moitié des répondants évoquent le coût des développements technologiques. Dans le même temps, 49 % citent les contraintes juridiques et réglementaires comme un frein significatif.

La culture d’entreprise constitue un autre défi. En effet, 41 % des professionnels interrogés estiment que leur organisation n’est pas suffisamment ouverte à l’intelligence artificielle. Par ailleurs, 39 % regrettent un manque d’implication ou de soutien de la direction.

Les questions éthiques demeurent également préoccupantes. Seuls 9 % des répondants déclarent disposer d’une gouvernance active pour surveiller les biais algorithmiques. De plus, 21 % reconnaissent un faible niveau de sensibilisation aux enjeux éthiques liés à l’IA.

Enfin, la transformation reste souvent insuffisamment structurée. Si 63 % des répondants pensent que l’IA modifie profondément les compétences métiers, seulement 15 % collaborent formellement avec les autres directions sur les compétences liées à l’IA.

Plus inquiétant encore, seuls 18 % ont intégré ces enjeux dans leur planification stratégique des effectifs.


Pour les RH, l’enjeu est désormais clair. Il ne s’agit plus seulement d’adopter des outils. Il faut développer les compétences, structurer la gouvernance, rassurer les équipes et inscrire l’IA dans une stratégie globale. C’est à cette condition que l’IA pourra réellement tenir ses promesses de performance et de transformation.

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Adeline Lajoinie