Le décrochage silencieux des managers : ça ressemble à quoi ?

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Les managers sont-ils plus ou moins engagés que les salariés de leurs équipes ? La logique voudrait que l’engagement des responsables soit le plus élevé. Mais il semble que ce ne soit plus vraiment le cas. Pourquoi ?

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Les managers décrochent, et les chiffres le confirment

Le décrochage silencieux des managers n’est plus un signal faible. Il devient un risque RH majeur. Et les données récentes montrent que les managers ne sont plus les plus engagés dans l’entreprise.

Selon une récente étude de Gallup, seuls 27 % des managers se déclarent engagés. Entre 2024 et 2025, ce taux a chuté à 22 %, soit 5 points perdus en un an. Depuis 2022, le recul atteint 9 points.

C’est une rupture. Historiquement, les managers bénéficiaient d’une “prime d’engagement”. Ils étaient plus investis que les équipes qu’ils encadraient. Cette avance disparaît.

À quoi ressemble ce décrochage silencieux ? Il ne prend pas toujours la forme d’une démission. Il se traduit souvent par moins d’initiative, moins d’énergie dans l’animation des équipes et une prise de distance progressive.

La pression explique en partie ce phénomène. Les managers cumulent transformations, injonctions contradictoires et surcharge cognitive. Gallup relève d’ailleurs 46 % de stress quotidien chez les leaders.

Le sujet n’est pas marginal. Le désengagement coûte 10 000 milliards de dollars à l’économie mondiale. Cela représente 9 % du PIB mondial perdu en productivité.

En France, le contexte est encore plus sensible. Le taux d’engagement salarié plafonne à 8 %, contre 12 % en moyenne en Europe. Et 39 % des salariés déclarent ressentir du stress chaque jour.

Le décrochage managérial ne fragilise donc pas seulement les managers. Il fragilise toute la performance collective.

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Pourquoi cet écart ? Parce que la transformation dépend largement du management intermédiaire. Et c’est justement ce maillon qui se fragilise.

Les chiffres sont éloquents. Les salariés soutenus activement par leur manager sont 8,7 fois plus nombreux à considérer que l’IA transforme le travail. Ils sont aussi 7,4 fois plus nombreux à percevoir davantage d’opportunités grâce à ces outils.

Pourtant, moins d’un tiers des salariés déclarent recevoir ce soutien. L’enjeu n’est donc pas seulement technologique. Il est managérial.

Le décrochage silencieux ressemble aussi à cela. Des managers présents, mais moins disponibles pour accompagner le changement. Des relais essentiels, mais sous tension.

Pour les RH, le message est clair. On ne peut pas demander aux managers de porter les transformations tout en négligeant leur propre engagement.

Réengager les managers : un enjeu stratégique

La bonne nouvelle, c’est que cette tendance n’est pas inévitable. Les organisations les plus avancées montrent l’inverse. 

Cela suppose d’agir sur trois leviers : 

  • Repenser la charge managériale. 
  • Renforcer l’accompagnement au changement. 
  • Et faire du soutien aux managers un sujet stratégique RH.

Le décrochage silencieux des managers ressemble donc moins à une rupture visible qu’à une usure progressive. C’est ce qui le rend difficile à repérer.

Le constat est désormais clair. Les managers ne sont plus systématiquement plus engagés que leurs équipes. La pression du rôle, l’intensification des transformations et la place croissante de l’IA fragilisent leur engagement.


Pour les RH, l’enjeu dépasse le management intermédiaire. Quand les managers décrochent en silence, ce sont souvent les équipes, la performance et les projets de transformation qui décrochent avec eux.

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Adeline Lajoinie

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