La mortalité au travail et son lien avec la route
Quand on évoque la mortalité au travail, l’image d’un chantier vient souvent à l’esprit. La réalité est pourtant bien différente, comme le démontre la dernière étude de MMA : 11e édition de son baromètre Ifop consacré au risque routier professionnel.
En 2024, 424 personnes ont perdu la vie dans un accident lié à un déplacement professionnel ou domicile-travail. Parmi elles, 314 sont décédées lors d’un trajet domicile-travail et 110 lors d’un déplacement professionnel.
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J'accède aux tramesLes accidents routiers professionnels représentent donc la 1ère cause de mortalité au travail en France.
Plus frappant encore, 43 % des personnes décédées sur les routes en France métropolitaine en 2024 l’ont été dans un accident impliquant au moins un usager en déplacement lié au travail.
Malgré ces chiffres, seuls 21 % des dirigeants sont conscients du fait que le risque routier constitue aujourd’hui la première cause d’accidents mortels au travail. Ce résultat progresse de 3 points par rapport à 2025, mais reste inférieur de 4 points au niveau observé en 2016.
Pour les RH, ce constat est essentiel. Les salariés utilisant un véhicule, même occasionnellement, sont exposés à un risque majeur. Cette réalité concerne aussi bien les commerciaux que les techniciens, les livreurs ou les collaborateurs effectuant simplement leurs trajets quotidiens.
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Pourquoi la mortalité au travail liée à la route reste-t-elle sous-estimée ?
La dernière étude de MMA révèle un paradoxe inquiétant. Les dirigeants connaissent le risque mais continuent à adopter des comportements dangereux. Ainsi, 78 % reconnaissent avoir déjà eu au moins un comportement à risque au volant dans le cadre professionnel.
Dans le détail, 58 % admettent avoir utilisé leur téléphone en conduisant. Ils sont également 56 % à avoir dépassé les limitations de vitesse. Un tiers affirme avoir déjà conduit en étant fatigué ou somnolent. Même l’alcool reste présent puisque 9 % reconnaissent avoir pris le volant après avoir consommé de l’alcool.
Les actions de prévention progressent, mais restent insuffisantes et souvent mises en place après un accident. Seul un dirigeant sur quatre déclare avoir mis en place des mesures de prévention du risque routier pour ses salariés. Pourtant, ce taux grimpe à 39 % lorsque l’entreprise a déjà connu un accident impliquant un collaborateur.
Pour les RH, plusieurs leviers existent. L’intégration du risque routier dans le DUERP concerne désormais 51 % des entreprises. Parmi celles qui agissent, 81 % contrôlent régulièrement les véhicules et 77 % vérifient les permis de conduire avant les premiers déplacements.
D’autres actions restent encore sous-utilisées : 43 % disposent d’une charte de bonnes pratiques, 37 % diffusent des messages de sensibilisation et 35 % proposent des formations à la sécurité routière ou à l’éco-conduite.
Le message est donc clair : la première cause de mortalité au travail est souvent la plus banale du quotidien. Chaque déplacement professionnel ou domicile-travail représente un risque réel. Pour les entreprises, renforcer la prévention routière n’est plus une option.
C’est aujourd’hui un enjeu majeur de santé, de sécurité et de responsabilité.
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