Blue Monday 2026 : les véritables enjeux de la santé mentale

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Le lundi 19 Janvier 2026 est censé être le jour le plus déprimant de l’année. Au-delà de l’aspect “marketing”, le Blue Monday 2026 pose des questions essentielles concernant la santé mentale des salariés.

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Le concept du Blue Monday repose sur une équation créée au début des années 2000 par l’agence Sky Travel. Cette formule n’a jamais été validée scientifiquement et reste largement critiquée par les chercheurs. 

Pourtant, le Blue Monday 2026 continue d’occuper une place importante dans le débat public et il agit comme un révélateur collectif. Chaque année, il remet en lumière les fragilités psychologiques liées au travail. 

Blue Monday 2026 et santé mentale : un révélateur plus qu’une cause

Pour les RH, le Blue Monday 2026 sert surtout de point d’entrée vers des problématiques structurelles durables.

Selon la 3ᵉ édition du Baromètre de la Santé Mentale des salariés publié par Teale, la santé mentale moyenne atteint 51 sur 100 en 2025. Ce score se situe à peine au-dessus du seuil d’alerte défini par l’OMS, fixé à 50. Cette progression reste donc fragile et insuffisante.

L’étude montre également que 35 % des salariés ont envisagé de quitter leur entreprise pour préserver leur santé mentale. Ce chiffre était de 30 % en 2023 et de 34 % en 2024, traduisant une progression continue. 

Le Blue Monday 2026 met en lumière cette normalisation de l’arbitrage santé-départ.

Une santé mentale qui progresse, mais un lien au travail qui se dégrade

En 2025, les salariés ont renforcé leurs ressources individuelles face au stress. Selon l’étude teale, les capacités de régulation émotionnelle et de gestion du stress progressent légèrement. Cependant, les indicateurs organisationnels suivent une trajectoire inverse.

La reconnaissance perçue recule de plus de trois points en un an, passant à 62 %. Dans le même temps, le stress jugé « acceptable » au travail chute à 61,1 %, contre 63,5 % l’année précédente. Ces signaux faibles traduisent une dégradation du cadre de travail.

La productivité perçue reste pourtant stable, autour de 59,8 %, selon le même baromètre. Cette stabilité masque une désaffiliation silencieuse des salariés. Ils continuent à produire, mais s’attachent de moins en moins à leur organisation.

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Selon l’étude teale, seuls 39,5 % d’entre eux se sentent alignés avec les valeurs de leur entreprise, contre 75,3 % chez ceux qui restent. Les perspectives positives ne concernent que 37,5 % des salariés en intention de départ.

La reconnaissance devient un point de rupture majeur dans cette dynamique. Seuls 43,4 % des salariés envisageant un départ se sentent reconnus, contre 72,6 % parmi ceux qui souhaitent rester. Les ressources suffisantes sont également citées comme un facteur clé de désengagement.

Le coût de cette situation est loin d’être symbolique pour les entreprises. Selon teale, le coût annuel de la santé mentale est estimé à 3 800 euros par collaborateur. Cette estimation inclut l’absentéisme, le turnover et la baisse de performance.

Santé mentale et conditions de travail : un écart qui se creuse

Le Baromètre EGYM Wellpass 2025 confirme l’ampleur du malaise. Selon cette étude, 87 % des salariés français s’inquiètent de l’impact de leurs conditions de travail sur leur santé. Plus d’un salarié sur deux constate déjà un impact négatif sur sa performance.

La santé mentale constitue le principal point de tension identifié par l’étude. En effet, 53 % des salariés estiment que leur travail fragilise leur équilibre psychologique. Par ailleurs, 57 % déclarent avoir vu leur performance affectée par la fatigue mentale ou les troubles du sommeil.

Les nouvelles organisations du travail accentuent également l’isolement : 71 % des salariés jugent leur travail trop sédentaire et 20 % se sentent isolés malgré l’importance accordée au collectif. Ces facteurs renforcent les risques de bore out et de blur out.

2026 : passer d’un slogan à une politique RH structurée

En 2026, la reconduction de la santé mentale comme Grande Cause nationale crée une opportunité stratégique. L’enjeu n’est plus de multiplier les campagnes de sensibilisation ponctuelles. Il s’agit désormais de piloter la santé mentale comme un indicateur de performance durable.

Les études convergent sur un point central. Selon teale, le déploiement d’une politique structurée de prévention aux RPS permet de réduire de 14 % le risque d’absentéisme et de 21 % le risque de turnover liés à la santé mentale. La productivité progresse en parallèle de 8 %.

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Le Blue Monday 2026 rappelle que la santé mentale n’est pas un sujet de communication. C’est un enjeu de gouvernance, d’organisation et de décisions managériales. Pour les RH, la question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment agir durablement.

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