Longtemps cantonné aux services généraux ou à la direction sûreté, le contrôle d’accès physique s’invite désormais dans le périmètre des ressources humaines.
Et pour cause : gérer les badges des collaborateurs, organiser l’accueil des visiteurs et prestataires, relier les droits d’accès aux horaires de travail ou encore produire des listes d’évacuation fiables en cas d’alerte incendie : tout cela relève directement de la gestion du personnel.
Les chiffres récents ne laissent d’ailleurs guère de place au doute.
La France a enregistré environ 218 000 cambriolages en 2025, un volume stable, mais les locaux professionnels connaissent une trajectoire bien différente : les intrusions y progressent de 5 à 9 % selon les régions, avec une hausse notable de 7 % des effractions commises en journée, hors heures ouvrées.
En Île-de-France et en PACA, les taux d’incidents atteignent des niveaux particulièrement élevés.
Le coût moyen d’une intrusion pour une entreprise oscille entre 25 000 et 50 000 €, en comptant les pertes directes et les arrêts de production.
Le constat le plus frappant tient sans doute à l’origine de ces incidents : 80 % d’entre eux exploitent des failles humaines : portes non verrouillées, badges partagés entre collègues, visiteurs qui circulent sans accompagnement.
Un logiciel de contrôle d’accès bien configuré permet précisément de combler ces brèches, en automatisant ce que la vigilance individuelle ne peut pas garantir 24 heures sur 24.
Mais le marché propose des solutions très différentes, depuis les plateformes cloud accessibles en quelques clics jusqu’aux systèmes certifiés ANSSI conçus pour les infrastructures critiques.
Entre une PME de 50 salariés qui cherche à sécuriser ses locaux et un site Seveso soumis à des obligations réglementaires strictes, les besoins n’ont rien à voir.
C’est pourquoi nous avons analysé en détail 10 logiciels de contrôle d’accès disponibles sur le marché français, en évaluant leurs fonctionnalités, leur positionnement tarifaire et leur pertinence pour différents profils d’entreprises.
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TOP 10 des logiciels de contrôle d’accès
Kelio Accès, la solution complète qui couple accès et gestion des temps

Kelio Accès est développé par Bodet Software, un éditeur français basé à Cholet qui cumule plus de 35 ans d’expérience dans la gestion des temps et des accès.
La particularité de Bodet, c’est d’être à la fois éditeur du logiciel, fabricant des équipements (lecteurs, terminaux, obstacles) et installateur : un positionnement intégré assez rare sur ce marché, qui simplifie considérablement la relation fournisseur pour les entreprises qui ne veulent pas jongler entre plusieurs interlocuteurs.
La solution se distingue d’abord par son couplage natif entre contrôle d’accès et gestion des temps de travail.
Concrètement, les droits d’accès d’un collaborateur peuvent être conditionnés à ses horaires de travail définis dans le module GTA : un salarié en poste du lundi au vendredi ne pourra pas badger le samedi sauf autorisation explicite.
Ce lien direct entre planning et accès physique élimine une bonne partie des failles humaines identifiées dans les statistiques d’intrusion.
Côté fonctionnalités, Kelio Accès couvre un périmètre large.
La traçabilité est complète avec un historique détaillé de chaque passage (qui, où, quand), une supervision en temps réel avec plans 2D/3D, et un fonctionnement autonome en cas de coupure serveur : les terminaux continuent de gérer les accès localement.
La gestion des visiteurs est intégrée, avec badges provisoires, QR codes uniques et procédures différenciées selon le type de visiteur (prestataire, candidat, livreur). Le logiciel intègre également le couplage vidéosurveillance, la détection intrusion, les asservissements automatiques (éclairages, listes d’évacuation incendie) et un module de réservation de salles compatible Outlook.
La gamme de terminaux Kelio mérite qu’on s’y arrête : le Visio X7 propose un écran tactile interactif pour communiquer directement avec les collaborateurs à leur arrivée, tandis que le Kelio Xtrem est conçu pour résister aux conditions extérieures sans connexion internet permanente. L’ouverture à distance via smartphone complète le dispositif.
Point tarifaire notable : Bodet propose une version On Demand gratuite (0 €/mois), ce qui en fait l’une des rares solutions du marché accessible sans investissement initial. Les formules payantes complètent l’offre pour les organisations aux besoins plus avancés.
Kelio Accès s’adresse aussi bien aux PME qu’aux grands comptes, tous secteurs confondus, avec des références dans l’agroalimentaire, les sites Seveso et les environnements haute sécurité.
ZEUS Access Control, le duo GTA et contrôle d’accès pour les PME industrielles

ZEUS est proposé par Tempro France, filiale de l’éditeur allemand ISGUS. Si le nom évoque d’abord un logiciel de gestion des temps ( c’est historiquement son cœur de métier), la brique contrôle d’accès fait partie intégrante de la suite et s’appuie sur la même interface.
Pour une PME industrielle de 25 à 500 salariés, c’est un argument de poids : un seul outil pour gérer le pointage et la sécurisation des locaux, sans multiplier les fournisseurs ni les interfaces.
Le système repose sur des profils d’accès personnalisés par zone, avec un principe d’héritage qui facilite l’administration au quotidien.
Un nouveau collaborateur rattaché à un service hérite automatiquement des droits d’accès de ce service, tout en conservant la possibilité de personnaliser les autorisations au cas par cas. Les visiteurs et les prestataires externes disposent de profils dédiés, avec des droits temporaires paramétrables.
ZEUS propose un plan de verrouillage numérique qui permet de visualiser l’état de sécurité de l’ensemble du site, ainsi que des lecteurs capables de fonctionner sur des portes non câblées au système principal – un atout concret pour les bâtiments anciens ou les sites industriels où le câblage complet serait trop coûteux.
L’application mobile avec GPS et mode offline permet aux collaborateurs en déplacement de pointer et d’accéder aux zones autorisées même sans connexion réseau.
L’intégration avec l’écosystème paie est un autre point fort : Tempro annonce une compatibilité avec 95 % des logiciels de paie du marché français.
Les badgeuses ISGUS de la série IT, avec écran tactile 7 pouces et capacité de stockage de 50 000 pointages, complètent le dispositif matériel.
Disponible en mode SaaS ou en installation locale, ZEUS s’adresse prioritairement aux PME et ETI du secteur industriel et agroalimentaire. Les tarifs sont communiqués sur devis après démonstration.
Protecsys 2 Suite, la référence sûreté pour les sites sensibles

Protecsys 2 Suite est édité par Horoquartz, un acteur français qui occupe une place à part sur le marché : à la fois fabricant de matériel, installateur et intégrateur, l’entreprise revendique plus de 1 200 clients allant de la PME aux grands comptes, en passant par les opérateurs d’importance vitale (OIV) et les sites classés Seveso.
C’est cette capacité à adresser des environnements à forte exigence sécuritaire qui positionne Protecsys 2 comme une référence dans le haut du spectre.
La suite ne se limite pas au contrôle d’accès.
Elle intègre nativement la vidéosurveillance, la détection d’intrusion, la supervision centralisée, la gestion des visiteurs et les serrures autonomes – le tout piloté depuis une interface unifiée.
Cette approche modulaire mais intégrée évite aux directions sûreté de jongler entre plusieurs logiciels hétérogènes, un problème récurrent dans les organisations complexes.
Les fonctionnalités de gestion des accès sont particulièrement fines. Les droits sont différenciés par catégorie de personne (employés, visiteurs, stagiaires, prestataires, livreurs) et par ressource (bâtiment, zone, salle, ascenseur, parking).
L’anti-passback empêche un même badge d’être utilisé deux fois consécutivement dans le même sens : impossible de prêter son badge à un collègue qui aurait oublié le sien.
Le contrôle de cheminement obligatoire impose un parcours de badgeage précis avant d’accéder à certaines zones sensibles.
Côté sécurité des personnes, Protecsys 2 embarque un module d’aide à l’évacuation (P2 EAP) qui génère des listes de présents en temps réel, ainsi qu’un module parking (P2 Park) avec guidage intégré. L’interopérabilité est large : LDAP, intégration avec la GTA eTemptation, ERP et logiciels métier via web services.
Point important pour les RH : les lecteurs de nouvelle génération sont conformes aux préconisations de l’ANSSI, et la certification complète est en cours d’obtention. L’architecture web permet un déploiement cloud si nécessaire, avec une conformité RGPD intégrée dès la conception (Privacy by Design).
Avec un ticket d’entrée à partir de 400 € en licence perpétuelle, Protecsys 2 Suite reste accessible aux PME tout en offrant la profondeur fonctionnelle requise par les sites les plus exigeants.
Cimag Accès, le spécialiste du multi-site en architecture web

Alpha-3i n’est pas le nom le plus connu du marché, et pourtant l’éditeur français accumule plus de 25 ans d’expérience dans la gestion des accès et de la sécurité des bâtiments.
Son logiciel Cimag Accès a été pensé dès l’origine pour les entreprises qui exploitent plusieurs sites; un cas de figure fréquent dans l’industrie et le tertiaire, mais souvent mal couvert par des solutions conçues d’abord pour un site unique.
L’architecture 100 % web constitue le socle technique de la solution.
Pas de client lourd à installer sur chaque poste, pas de limites en nombre de sites ni d’utilisateurs. Un responsable RH ou un directeur sûreté peut superviser l’ensemble de ses implantations depuis un navigateur, quel que soit l’endroit où il se trouve.
La base de données salariés est mutualisée entre les sites, mais chaque établissement conserve une gestion indépendante de ses accès et il est possible d’attribuer des droits ponctuels inter-sites quand un collaborateur doit se déplacer.
Le zonage est l’autre point fort de Cimag Accès. La solution permet un découpage fin de l’entreprise en zones, avec des niveaux de restriction différents : accès libre, accès restreint par profil, zones sensibles (salle serveurs, coffre, stock de matières premières).
Les droits sont configurables par profil, par zone et par plage horaire, avec la possibilité de créer des autorisations temporaires pour les visiteurs et prestataires.
La dimension sécurité ne se limite pas au contrôle d’accès proprement dit.
Cimag intègre le pilotage anti-intrusion avec activation et désactivation des alarmes, la détection d’état des portes en temps réel, des alertes SMS et email en cas d’anomalie, et l’affichage de flux vidéo pour la levée de doute; le tout dans la même interface.
En cas d’alerte incendie, le système produit automatiquement la liste des personnes présentes sur chaque site.
Pour les responsables RH, l’intégration avec les logiciels de GTA existants simplifie la gestion administrative : les mouvements d’accès alimentent directement le suivi des temps, sans double saisie.
Le tarif n’est pas communiqué publiquement. Il faut passer par une demande de devis, ce qui est cohérent avec le positionnement sur mesure de la solution. Cimag Accès s’adresse en priorité aux PME et ETI multi-sites dans l’industrie et le tertiaire
Nedap AEOS, la plateforme haute sécurité certifiée ANSSI

On change ici de catégorie.
Nedap AEOS n’est pas un logiciel qu’on déploie en quelques jours pour sécuriser une poignée de portes ; c’est une plateforme de sûreté conçue pour les environnements où la moindre faille peut avoir des conséquences graves : sites gouvernementaux, infrastructures critiques, établissements de santé, sièges de grands groupes financiers.
Le prix d’entrée, autour de 15 000 €, donne le ton.
Ce qui distingue Nedap des autres acteurs de cette sélection, c’est d’abord sa certification ANSSI : un sésame obligatoire pour les opérateurs d’importance vitale (OIV) et les opérateurs de services essentiels (OSE) dans le cadre des lois LPM et NIS.
Concrètement, cela signifie que l’ensemble de la chaîne est sécurisée : communications chiffrées par certificats numériques TLS de bout en bout, du serveur jusqu’au lecteur. Nedap a d’ailleurs été le premier éditeur du secteur à proposer cette gestion de certificats numériques sur toute la chaîne.
L’approche de Nedap repose sur un principe fondamental qui mérite d’être souligné : les autorisations sont attribuées aux personnes, pas aux badges. La nuance est importante. Un collaborateur qui perd son badge n’a pas besoin de reconfigurer ses droits : il suffit de lui attribuer un nouveau support.
Les profils sont définis par rôle, par horaires, avec anti-passback et double badgeage pour les zones les plus sensibles. Le système gère jusqu’à 250 000 badges et environ 30 000 portes, ce qui le rend adapté aux très grands déploiements.
Les scénarios de sécurité prédéfinis apportent une réactivité précieuse en situation de crise : déclenchement immédiat d’un verrouillage total en cas d’intrusion, ouverture automatique de toutes les portes en cas d’incendie, passage en mode de sécurité renforcée la nuit avec authentification multifactorielle.
Les niveaux de sécurité peuvent être ajustés dynamiquement : badge simple en journée, badge plus code PIN la nuit, biométrie pour certaines zones.
L’écosystème d’intégration est vaste : vidéosurveillance, détection intrusion et incendie, systèmes RH, casiers connectés, gestion technique du bâtiment.
L’architecture modulaire avec contrôleurs en réseau garantit un fonctionnement autonome de chaque zone même en cas de perte de connexion avec le serveur central.
Nedap AEOS s’adresse clairement aux grands comptes et aux sites haute sécurité. Pour une PME classique, la solution serait surdimensionnée et financièrement disproportionnée.
Mais pour un directeur sûreté qui doit sécuriser une infrastructure critique tout en restant conforme aux exigences réglementaires françaises, c’est l’une des rares options véritablement à la hauteur.
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Kisi, le contrôle d’accès 100 % cloud et mobile-first

Avec Kisi, on bascule dans un tout autre univers.
Exit les automates en baie de brassage et les licences perpétuelles à cinq chiffres : ici, tout est cloud, tout passe par le smartphone, et le déploiement se veut aussi simple que l’installation d’une application SaaS.
L’éditeur américain cible en priorité les espaces de coworking, les salles de sport, les établissements d’enseignement et les PME tech qui veulent sécuriser leurs locaux sans projet d’intégration lourd.
L’argument principal de Kisi, c’est la flexibilité des modes d’accès.
Les collaborateurs peuvent ouvrir les portes via Bluetooth ou NFC depuis leur smartphone, depuis une Apple Watch, via Apple Wallet, ou avec un badge classique sans contact.
La fonctionnalité MotionSense permet même l’ouverture par un simple geste de la main devant le lecteur.
Pour les visiteurs, un intercom vidéo intégré autorise le déverrouillage à distance : pratique pour les bureaux sans accueil permanent.
La gestion s’effectue depuis un tableau de bord unique accessible en ligne, avec des niveaux d’accès configurables par zone.
L’intégration SSO (Single Sign-On) avec provisioning automatique est un vrai gain de temps pour les équipes RH : quand un collaborateur est créé dans l’annuaire de l’entreprise, ses droits d’accès physiques sont attribués automatiquement.
Inversement, la désactivation d’un compte désactive instantanément les accès : un point critique que beaucoup d’entreprises gèrent encore manuellement, avec les risques que cela comporte.
Kisi se distingue aussi par son API ouverte et son SDK mobile pour iOS et Android, qui permettent des intégrations custom ou en marque blanche. Les espaces de coworking peuvent ainsi intégrer le contrôle d’accès directement dans leur propre application membre.
Les rapports et analytics détaillés offrent une vision claire des schémas d’accès, avec comparaison historique.
Autre atout concret : Kisi permet de réutiliser le matériel existant (contrôleurs, lecteurs, câblage) tout en migrant vers le cloud. Pas besoin de tout remplacer pour moderniser son système – une approche progressive qui limite l’investissement initial.
Le modèle tarifaire est en SaaS, avec un prix communiqué sur devis. Kisi n’est pas certifié ANSSI et ne vise pas les environnements haute sécurité.
En revanche, pour une PME, un espace de coworking ou une structure multi-sites qui recherche une solution moderne, rapide à déployer et pensée pour le mobile, c’est une option à considérer sérieusement.
Vigiconcept, l’intégrateur français avec télésurveillance intégrée

Vigiconcept occupe une place singulière dans cette sélection : ce n’est pas un éditeur de logiciel, mais un installateur-intégrateur spécialisé dans la sécurité des bâtiments.
La distinction a son importance. Là où les autres acteurs de ce comparatif vendent un produit logiciel que l’entreprise configure et administre (seule ou accompagnée), Vigiconcept propose un service de bout en bout :
- audit des besoins,
- choix et intégration de solutions tierces adaptées,
- installation, maintenance et télésurveillance.
Avec plus de 2 000 installations en France, principalement dans le commerce, les bureaux et l’éducation, Vigiconcept a développé une connaissance terrain des problématiques d’accès concrètes des PME françaises.
Le contrôle se fait zone par zone avec des autorisations personnalisées, et la solution intègre le suivi des flux de personnes, la gestion des visiteurs, la réservation de salles et le raccordement aux systèmes d’alarme existants.
L’atout distinctif de Vigiconcept réside dans son centre de télésurveillance agréé APSAD P3 pour les risques lourds.
En clair, les alertes déclenchées par le système d’accès ne restent pas sans réponse : elles sont traitées en temps réel par des opérateurs qualifiés, capables de déclencher une intervention si nécessaire.
Pour une PME qui n’a ni gardien ni service sûreté interne, c’est un filet de sécurité non négligeable ; surtout quand on sait que 7 % d’effractions supplémentaires se produisent désormais en journée, hors heures ouvrées.
La contrepartie de ce modèle intégrateur, c’est la dépendance à Vigiconcept pour le choix des briques technologiques et leur évolution.
L’entreprise ne maîtrise pas directement la roadmap produit, contrairement à ce que permettrait un logiciel édité en propre. Les tarifs sont communiqués sur devis projet, ce qui rend les comparaisons directes plus délicates.
Vigiconcept s’adresse aux PME françaises qui préfèrent déléguer l’ensemble de la chaîne sécuritaire à un partenaire unique plutôt que de piloter elles-mêmes un logiciel : un choix pertinent quand les ressources internes en sûreté sont limitées ou inexistantes.
MICRO-SESAME, la sûreté souveraine pour les infrastructures critiques

TIL Technologies, constructeur français basé à Aix-en-Provence et fondé en 1988, joue dans une catégorie à part.
Son système MICRO-SESAME est certifié ANSSI Sécurité de Premier Niveau – une qualification qui n’est pas qu’un label marketing.
Elle est obligatoire pour les opérateurs d’importance vitale (OIV) et les opérateurs de services essentiels (OSE) dans le cadre des lois LPM et NIS.
Autrement dit, pour certaines entreprises, choisir MICRO-SESAME n’est pas une option parmi d’autres : c’est une réponse à une obligation réglementaire.
La solution va bien au-delà du simple contrôle d’accès. MICRO-SESAME est un système intégré de gestion centralisée de la sûreté qui unifie contrôle d’accès, détection d’intrusion, vidéosurveillance et gestion technique du bâtiment (GTB) dans une interface graphique commune.
Cette supervision unifiée permet à un opérateur de sûreté de visualiser l’ensemble des événements du site sans basculer entre plusieurs logiciels : un gain d’efficacité critique en situation d’urgence.
Les communications sont chiffrées de bout en bout, les clés cryptographiques sont protégées par un coffre-fort SAM/HSM certifié EAL5+ (le niveau d’assurance le plus élevé utilisé en pratique), et les lecteurs sont dits « transparents » : ils ne stockent aucune donnée localement, tout transite de manière chiffrée vers les automates.
L’anti-passback fonctionne entre automates sans besoin du serveur central grâce à une communication directe inter-automates sur IP, ce qui garantit la continuité du service même en cas de panne réseau.
Les automates TILLYS CUBE gèrent jusqu’à 24 lecteurs et 600 000 identifiants chacun, ce qui donne une capacité colossale pour les grands sites.
La gestion des visiteurs est intégrée (préparation et accueil via interface web ou client lourd), de même que l’assistance au Plan d’Opération Interne (POI) pour les évacuations et interventions d’urgence. Les passerelles OPC, MODBUS et Active Directory, ainsi que la synchronisation avec les bases RH, assurent l’interopérabilité avec l’environnement informatique existant.
Le portefeuille de références parle de lui-même : SNCF, La Poste, EDF, AXA, Naval Group, et plus de 6 000 sites installés au total. Le déploiement est exclusivement on-premise (serveur + automates IP), et les tarifs sont communiqués sur devis : licence logicielle plus matériel.
MICRO-SESAME n’est clairement pas destiné à une PME de 50 salariés qui cherche à sécuriser trois portes. C’est un investissement lourd, justifié par des exigences réglementaires ou un niveau de risque qui ne tolère aucun compromis.
Pour les directions sûreté des grands comptes, de l’industrie, du transport, de l’énergie ou de la santé, c’est en revanche l’une des solutions les plus robustes du marché français.
Dormakaba Exivo, le cloud sans câblage pensé pour les PME

Dormakaba est un groupe suisse de référence mondiale dans les solutions d’accès et de sécurité.
Sa déclinaison Exivo a été conçue spécifiquement pour les PME, avec une philosophie radicalement différente des systèmes traditionnels : pas de serveur à installer, pas de câblage à tirer, pas de logiciel à maintenir.
Tout repose sur des serrures électroniques sans fil et une plateforme de gestion 100 % cloud, accessible 24h/24 depuis n’importe quel navigateur.
Cette approche résout un problème concret que connaissent beaucoup de petites structures : le coût et la complexité du câblage.
Dans un immeuble ancien, un commerce de centre-ville ou un espace de coworking, tirer des câbles jusqu’à chaque porte peut représenter une part significative du budget total d’un projet de contrôle d’accès.
Avec Exivo, les serrures fonctionnent sur batterie et communiquent sans fil : l’installation se fait en quelques heures au lieu de plusieurs jours.
La gestion quotidienne est pensée pour des utilisateurs non-techniciens. Depuis la plateforme web, on configure les plages horaires, les groupes d’utilisateurs, les salles accessibles.
La fonctionnalité Mobile Access permet d’envoyer des clés digitales directement sur le smartphone des collaborateurs ou des visiteurs par email, SMS ou messagerie instantanée : plus besoin de stocker et distribuer des badges physiques.
L’ouverture à distance est possible d’un simple appui sur l’application, ce qui s’avère pratique pour accueillir un livreur ou un prestataire quand personne n’est physiquement à l’accueil.
La gestion des visiteurs passe par des accès temporaires limités dans le temps, qui expirent automatiquement.
La fonction Connectivity ouvre le système aux intégrations tierces via API : réservation de salles, gestion de membres pour le coworking, GTB.
Point rassurant pour les sceptiques du cloud : les serrures Exivo embarquent une mémoire intégrée qui leur permet de continuer à fonctionner même en cas de coupure internet.
Les accès restent opérationnels, et les événements sont synchronisés une fois la connexion rétablie. La conformité RGPD est assurée, avec un hébergement sur serveurs sécurisés. Les mises à jour sont automatiques et la maintenance préventive est intégrée au service.
Dormakaba France SAS est implantée à Antony (92), ce qui garantit un support local. Les tarifs suivent un modèle SaaS avec facturation récurrente, communiqués sur devis.
Exivo cible les PME, les bureaux, les espaces de coworking, le commerce et l’éducation : partout où la simplicité de déploiement prime sur la profondeur fonctionnelle des systèmes lourds.
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Honeywell WIN-PAK, la suite intégrée accès-vidéo-intrusion

On termine cette sélection avec un poids lourd de la sécurité bâtiment mondiale. Honeywell WIN-PAK est une suite logicielle qui unifie contrôle d’accès, vidéosurveillance (via MAXPRO) et détection d’intrusion (via Galaxy) dans une seule interface.
Pour les organisations qui veulent centraliser l’ensemble de leur sécurité physique sans empiler des logiciels disparates, c’est un argument de taille.
WIN-PAK se décline en trois versions qui couvrent l’ensemble du spectre :
- XE pour les petites installations (jusqu’à 10 lecteurs et 250 cartes),
- SE pour les sites intermédiaires,
- et PE pour les déploiements multi-sites illimités avec serveurs multiples.
Cette scalabilité permet à une entreprise de démarrer modestement et d’évoluer sans changer de plateforme. Le ticket d’entrée se situe autour de 3 700 € pour la licence PE 4.9.
La gestion des accès est fine et granulaire. Les modes de porte sont multiples : verrouillé, désactivé, PIN seul, carte + PIN, carte ou PIN, carte seule.
Cette flexibilité permet d’adapter le niveau de sécurité en fonction de la zone et de l’heure : accès par badge simple en journée pour les espaces communs, carte + PIN la nuit pour les zones sensibles.
La surveillance des événements se fait en temps réel avec acquittement et annotation, et le système supporte les rondes par point de contrôle ou par badge.
Les rapports constituent un point fort de WIN-PAK : prédéfinis ou personnalisables, ils peuvent être programmés pour un envoi automatique par email; un gain de temps pour les responsables sûreté qui doivent rendre compte régulièrement.
La vue de suivi et de rassemblement facilite les opérations d’évacuation en identifiant rapidement qui se trouve dans le bâtiment.
Côté technologies, WIN-PAK prend en charge les protocoles de sécurité récents : TLS 1.2 et OSDP V2 pour les communications chiffrées entre lecteurs et contrôleurs, biométrie Suprema, accès mobile via HID Origo en Bluetooth Low Energy.
Le contrôleur MPA2 de dernière génération offre une gestion via navigateur intégré avec chiffrement AES 256 bits, et peut être piloté aussi bien depuis WIN-PAK que depuis le cloud MAXPRO.
Le logiciel est disponible en français et distribué en France par un réseau d’intégrateurs certifiés Honeywell.
Le déploiement est principalement on-premise, avec une option hybride via MAXPRO Cloud. L’interface est accessible depuis un navigateur web, un PC, une tablette ou un mobile iOS/Android.
À noter toutefois : WIN-PAK est la seule solution de notre sélection à ne pas proposer de module de gestion des visiteurs intégré nativement. Pour les entreprises où l’accueil de prestataires et visiteurs est un flux important, il faudra prévoir une brique complémentaire.
Honeywell WIN-PAK convient aux structures de toutes tailles qui recherchent une suite de sécurité intégrée et évolutive, avec la solidité d’un acteur industriel mondial. Il sera particulièrement pertinent pour les organisations multi-sites qui veulent unifier accès, vidéo et intrusion dans un même environnement.
Pourquoi le contrôle d’accès est devenu un sujet RH ?
Au-delà de la sûreté : un outil de gestion des flux humains
Il y a encore quelques années, le contrôle d’accès vivait dans un angle mort du périmètre RH.
C’était un sujet technique, géré par les services généraux ou la direction sûreté, avec des outils qui parlaient le langage des installateurs – automates, UTL, protocoles Wiegand – bien loin des préoccupations quotidiennes d’un responsable des ressources humaines.
Cette frontière s’est progressivement effacée, et pour des raisons très concrètes.
Qui crée les comptes des nouveaux collaborateurs dans l’annuaire de l’entreprise ? Les RH. Qui gère les arrivées, les départs, les changements de service, les fins de période d’essai ? Les RH.
Qui organise l’accueil des visiteurs, l’intégration des intérimaires, les accès temporaires pour les prestataires de maintenance ? Encore les RH, dans la plupart des structures.
Le contrôle d’accès physique est en réalité le prolongement naturel de la gestion administrative du personnel : il traduit dans l’espace physique des décisions qui sont prises dans le SIRH.
La convergence entre gestion des temps et contrôle d’accès accélère ce rapprochement. Plusieurs solutions de notre sélection (Kelio, ZEUS, Protecsys 2 ) proposent un couplage natif entre le module GTA et le module accès.
Les droits d’entrée d’un collaborateur sont conditionnés à ses horaires de travail : pas de badgeage possible en dehors de ses plages planifiées, sauf autorisation explicite.
Ce lien automatique entre planning et accès physique a un effet immédiat sur la sécurité, puisqu’il supprime mécaniquement une partie des failles humaines qui alimentent les statistiques d’intrusion.
La gestion des visiteurs constitue un autre point de jonction.
Un candidat qui vient passer un entretien, un auditeur externe, un technicien de maintenance, un livreur : chacun de ces flux passe par les RH ou par l’accueil, et chacun représente un risque potentiel s’il n’est pas encadré.
Les logiciels permettent de créer des badges temporaires avec des droits limités dans le temps et dans l’espace, de tracer les déplacements et de désactiver automatiquement les accès à l’expiration de la visite.
C’est précisément ce type de contrôle qui manque quand on apprend que la tendance du « home-jacking professionnel » (des individus qui pénètrent dans les locaux en se faisant passer pour des visiteurs légitimes) est en hausse en 2025.
Enfin, la dimension RGPD ne doit pas être sous-estimée. Un système de contrôle d’accès collecte des données personnelles sensibles : identité du badge, heure et lieu de passage, durée de présence.
Le responsable RH, souvent désigné comme interlocuteur du DPO sur les traitements liés au personnel, a un intérêt direct à s’assurer que ces données sont traitées conformément au règlement européen : durées de conservation limitées, finalités définies, information des salariés, registre des traitements à jour.
Plusieurs solutions de notre sélection intègrent nativement des fonctionnalités de conformité RGPD (Privacy by Design chez Horoquartz, hébergement sécurisé chez Dormakaba, conformité déclarée chez Kisi), mais c’est au responsable RH de vérifier que la mise en œuvre effective respecte bien le cadre légal.
Le coût de l’inaction face aux intrusions professionnelles
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et ils ne vont pas dans le bon sens.
Si le volume global de cambriolages en France reste stable autour de 218 000 par an, les locaux professionnels suivent une trajectoire distincte : les intrusions y ont progressé de 5 à 9 % en 2025 selon les régions.
Les PME sont particulièrement exposées, souvent parce qu’elles ne disposent ni d’un service sûreté structuré ni d’un système de contrôle d’accès digne de ce nom.
Un chiffre mérite une attention particulière : les effractions commises en journée, hors heures ouvrées, ont augmenté de 7 %. Autrement dit, les intrusions ne se produisent plus uniquement la nuit ou le week-end.
Elles exploitent les moments de flottement : pause déjeuner, fin de journée, jours de télétravail où les locaux sont partiellement vides.
Un système de contrôle d’accès qui conditionne l’ouverture des portes aux plages horaires et aux effectifs réellement présents réduit considérablement cette fenêtre de vulnérabilité.
Le facteur humain reste la faille principale. Dans 80 % des cas d’intrusion en entreprise, c’est un comportement individuel qui a permis l’accès : une porte maintenue ouverte pour un collègue, un badge prêté « juste pour cette fois », un visiteur qui suit un salarié sans badger, un code d’accès partagé par commodité.
Et dans 35 % des incidents, c’est le système d’accès lui-même qui a failli ; soit parce qu’il était obsolète, soit parce qu’il était mal configuré, soit parce qu’il n’existait tout simplement pas.
Le coût d’une intrusion pour une entreprise se situe en moyenne entre 25 000 et 50 000 €, en cumulant les pertes directes (matériel volé, dégradations) et les coûts indirects (arrêt de production, temps passé à gérer la crise, impact sur les assurances, éventuelle perte de confiance des clients).
Le taux d’élucidation, lui, plafonne à 18 %, même si le déploiement croissant de la vidéosurveillance contribue à l’améliorer.
Rapporté au coût d’un logiciel de contrôle d’accès, l’investissement dans un système de contrôle d’accès bien dimensionné se justifie assez rapidement.
Il ne s’agit pas seulement de prévenir le vol ou la dégradation matérielle : c’est aussi la sécurité des collaborateurs qui est en jeu, et avec elle la responsabilité de l’employeur au titre de son obligation de protection.
Par ailleurs, la tendance au piratage des alarmes connectées, en hausse de 12 % en 2025, rappelle que la technologie seule ne suffit pas.
Un logiciel de contrôle d’accès ne remplace pas une politique de sûreté cohérente; il en est un pilier, à condition d’être correctement paramétré, maintenu et accompagné par des processus humains rigoureux.
La sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques (ne pas tenir la porte, ne pas prêter son badge, signaler les comportements suspects) reste indispensable, quel que soit le niveau de sophistication du système technique.
Comment choisir son logiciel de contrôle d’accès ?
Les critères techniques essentiels
Le premier réflexe, quand on évalue un logiciel de contrôle d’accès, consiste souvent à comparer les fonctionnalités, et c’est normal.
Mais avant même d’entrer dans le détail des modules, il y a quelques arbitrages structurants qui vont conditionner tout le reste du projet. Mieux vaut les poser clairement dès le départ.
Le choix entre cloud et on-premise est sans doute le plus déterminant. Les solutions cloud (Kisi, Dormakaba Exivo) séduisent par leur rapidité de déploiement, l’absence de serveur à maintenir et les mises à jour automatiques.
Elles conviennent bien aux PME qui n’ont pas d’équipe IT dédiée ou aux structures multi-sites qui veulent centraliser la gestion sans infrastructure lourde.
En contrepartie, elles supposent une connexion internet fiable et impliquent de confier ses données à un hébergeur tiers : un point qui peut poser question dans certains secteurs sensibles.
Les solutions on-premise (MICRO-SESAME, Cimag Accès) offrent une maîtrise totale des données et de l’infrastructure, mais demandent des ressources internes pour l’installation, la maintenance et les mises à jour. Entre les deux, les modèles hybrides (Nedap AEOS, Honeywell WIN-PAK, Protecsys 2) tentent de combiner le meilleur des deux mondes.
Les technologies d’identification supportées méritent un examen attentif. Le badge RFID reste le standard, mais toutes les technologies RFID ne se valent pas : les badges Mifare Classic, encore répandus, présentent des vulnérabilités connues, tandis que les badges DESFire EV2 ou EV3 offrent un niveau de chiffrement nettement supérieur.
La biométrie (empreinte digitale, reconnaissance faciale) renforce la sécurité mais soulève des questions RGPD spécifiques : le consentement explicite du salarié est requis, et le stockage des données biométriques est strictement encadré par la CNIL.
L’accès par smartphone (Bluetooth, NFC, QR code) gagne du terrain et simplifie la logistique des badges, à condition que l’ensemble des collaborateurs soient équipés.
La capacité d’intégration avec les systèmes existants est un critère trop souvent négligé dans les phases de sélection.
Un logiciel de contrôle d’accès ne vit pas en silo : il doit communiquer avec la vidéosurveillance pour déclencher l’enregistrement sur un badge non autorisé, avec la détection intrusion pour activer les alarmes en dehors des heures d’accès, avec l’annuaire Active Directory ou LDAP pour synchroniser les comptes.
Les solutions les plus matures proposent des connecteurs natifs, des API ouvertes ou des passerelles standardisées (OPC, MODBUS). Sans ces intégrations, on finit par multiplier les saisies manuelles et les incohérences entre systèmes.
Le fonctionnement en mode dégradé est un point que l’on découvre généralement trop tard, au moment où il est nécessaire.
Que se passe-t-il quand le serveur central tombe en panne, quand la connexion internet est coupée, quand un automate perd le contact avec le réseau ? Les bonnes solutions continuent de fonctionner localement : les terminaux ou automates embarquent une copie des droits d’accès et gèrent les ouvertures de manière autonome, puis resynchronisent les événements une fois la connexion rétablie.
C’est le cas de Kelio, de MICRO-SESAME ou de Dormakaba Exivo. D’autres solutions, plus dépendantes du serveur, peuvent bloquer les accès en cas de panne, ce qui crée un problème de sécurité inverse.
Enfin, la certification ANSSI s’impose comme un critère non négociable pour les organisations soumises à des obligations réglementaires spécifiques. Les OIV et OSE, dans le cadre des lois LPM et NIS, doivent déployer des systèmes qualifiés par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.
Dans notre sélection, seuls MICRO-SESAME et Nedap AEOS disposent de cette certification, et Protecsys 2 est en cours d’obtention. Pour les autres entreprises, la certification ANSSI n’est pas requise mais constitue un indicateur fiable du niveau de sécurité technique de la solution.
Les critères RH à ne pas négliger
Au-delà de la technique, un responsable RH qui participe au choix d’un logiciel de contrôle d’accès a tout intérêt à évaluer les solutions sous un angle qui lui est propre : celui de la gestion quotidienne des personnes et de la conformité.
Le couplage avec la gestion des temps et activités (GTA) est probablement le critère le plus structurant vu des RH.
Quand le contrôle d’accès et le pointage sont gérés dans le même logiciel, les données de présence sont cohérentes par construction : pas de décalage entre le badge d’entrée et le pointage, pas de double saisie, pas de fichier Excel à rapprocher en fin de mois.
elio et ZEUS proposent cette intégration nativement, Protecsys 2 s’interface avec la GTA eTemptation d’Horoquartz, et Cimag Accès se connecte aux logiciels de GTA tiers. Pour les organisations où la fiabilité du suivi des temps conditionne la paie, cette convergence fait gagner un temps considérable.
La gestion des visiteurs et prestataires est un flux que les RH connaissent bien mais qu’elles ne maîtrisent pas toujours dans l’outil d’accès.
Un bon module visiteurs permet de préparer l’accueil à l’avance (pré-enregistrement avec créneau horaire et zones autorisées), de générer un badge temporaire ou un QR code à l’arrivée, de tracer les déplacements pendant la visite et de désactiver automatiquement les droits à la fin.
Neuf solutions sur dix dans notre sélection intègrent cette fonctionnalité : seul Honeywell WIN-PAK ne la propose pas nativement. Pour les entreprises qui reçoivent régulièrement des candidats, des auditeurs ou des intervenants extérieurs, c’est un critère à ne pas sous-estimer.
Le module d’évacuation et de comptage des présents concerne directement la responsabilité de l’employeur.
En cas d’alerte incendie, le responsable RH ou le responsable sécurité doit être en mesure de savoir immédiatement qui se trouve dans le bâtiment, zone par zone.
Les solutions comme Protecsys 2 (module P2 EAP), MICRO-SESAME (assistance au POI) ou Kelio (listes d’évacuation automatiques) produisent ces listes en temps réel à partir des données de badgeage.
Sans système automatisé, on en revient au comptage manuel sur le point de rassemblement : une méthode peu fiable, surtout dans les structures de plus de 100 personnes.
La synchronisation avec l’annuaire d’entreprise et le SIRH détermine en grande partie la charge d’administration quotidienne.
Quand un collaborateur est créé dans le SIRH, ses droits d’accès physiques doivent idéalement se configurer automatiquement , et se révoquer tout aussi automatiquement le jour de son départ.
Kisi le fait via SSO avec provisioning automatique, MICRO-SESAME propose des passerelles Active Directory et synchronisation avec les bases RH, Nedap AEOS s’interface avec les systèmes RH.
Sans cette automatisation, c’est au service RH ou aux services généraux de créer, modifier et supprimer les droits manuellement, avec le risque d’oublier un ancien collaborateur dont le badge reste actif des semaines après son départ.
La conformité RGPD, enfin, traverse l’ensemble de ces critères. Un système de contrôle d’accès traite des données personnelles (identité, localisation, horaires de présence) qui relèvent du règlement européen sur la protection des données.
Le responsable RH doit s’assurer que le logiciel permet de définir des durées de conservation conformes, d’informer les salariés sur les traitements effectués, de répondre aux demandes d’accès et de rectification, et de documenter l’ensemble dans le registre des traitements.
Au-delà des déclarations de conformité des éditeurs, c’est la configuration effective du système qui compte, et c’est souvent au RH qu’il revient de la valider avec le DPO.
Le contrôle d’accès physique a longtemps été perçu comme un sujet d’intendance, relégué quelque part entre la gestion du parc de photocopieurs et la maintenance des ascenseurs. Cette époque est révolue.
Avec 80 % des intrusions en entreprise liées à des failles humaines et un coût moyen par incident qui peut atteindre 50 000 €, sécuriser les accès à ses locaux n’est plus une précaution optionnelle : c’est un acte de gestion à part entière, qui engage la responsabilité de l’employeur et touche directement au quotidien des collaborateurs.
Les 10 solutions analysées dans cet article couvrent un spectre volontairement large.
Entre Kelio Accès et sa version gratuite qui permet à une PME de démarrer sans investissement, MICRO-SESAME et sa certification ANSSI pensée pour les infrastructures critiques, ou Kisi et son approche 100 % mobile qui séduit les espaces de coworking, il n’existe pas de « meilleur logiciel » dans l’absolu, seulement des solutions plus ou moins adaptées à un contexte donné.
Pour un responsable RH qui aborde ce sujet, trois questions méritent d’être posées en priorité.
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D’abord, le niveau de risque réel de l’entreprise : un site classé Seveso et un cabinet de conseil de 30 personnes n’ont pas les mêmes exigences, et il serait aussi absurde de déployer une solution certifiée ANSSI pour le second que de se contenter d’un système cloud basique pour le premier.
Ensuite, l’intégration avec l’écosystème RH existant : un logiciel de contrôle d’accès qui ne communique pas avec la GTA, le SIRH ou l’annuaire d’entreprise génère de la double saisie, des incohérences et des failles : exactement ce qu’on cherche à éliminer.
Enfin, la capacité à gérer les flux humains dans leur diversité : collaborateurs, visiteurs, prestataires, intérimaires, livreurs; chaque catégorie a ses propres droits, ses propres durées d’accès et ses propres contraintes.
Le marché français bénéficie d’un tissu d’éditeurs nationaux solides qui maîtrisent les spécificités réglementaires hexagonales et proposent un support de proximité.
Les acteurs internationaux comme Nedap, Dormakaba ou Honeywell apportent quant à eux des plateformes éprouvées à grande échelle et des capacités d’intégration étendues. Le choix entre souveraineté et envergure internationale dépendra, là encore, du profil de chaque organisation.
Un dernier point, peut-être le plus important : aucun logiciel ne compensera l’absence de politique de sûreté.
Un système de contrôle d’accès mal paramétré, dont les droits ne sont jamais revus et dont les alertes ne sont pas traitées, offre une illusion de sécurité plus dangereuse que l’absence de système.
La technologie est un levier puissant, mais elle ne produit ses effets que si elle s’inscrit dans une démarche globale : sensibilisation des équipes, procédures d’accueil des visiteurs, revue régulière des habilitations, coordination entre RH, IT et direction sûreté.
C’est à cette condition que le contrôle d’accès devient véritablement ce qu’il devrait être : un outil au service de la protection des personnes et de la continuité de l’activité.