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Pourquoi les femmes ont plus de mal à demander une augmentation ?

Pourquoi les femmes ont plus de mal à demander une augmentation ?
Adeline Lajoinie

Le rapport des femmes à l’argent reste problématique au niveau personnel comme professionnel, notamment pour les demandes d’augmentation.

Le rapport des femmes à l’argent reste problématique en France. Au niveau personnel, elles ne sont pas encore des actrices à part entière de leur patrimoine financier.

Alors que ce sont elles qui gèrent le budget du foyer. Et au niveau professionnel, elles ont encore beaucoup de mal à demander une augmentation ou une promotion…

Les femmes et l’argent au niveau professionnel : encore des tabous

Les femmes ont toujours, malheureusement, des revenus inférieurs à leurs conjoints (le salaire horaire des femmes reste inférieur de 31 % à celui des hommes).  

Et sur le plan de la vie professionnelle, elles se sentent moins bien armées que leurs collègues hommes pour demander une augmentation, négocier leur salaire pendant un entretien d’embauche ou obtenir une promotion. 

En effet, 53% des femmes se sentent moins bien armées pour demander une augmentation, 54% pour la négociation d’un salaire pendant un entretien d’embauche ou l’obtention d’une promotion.

Les raisons de cette peur de demander une augmentation

La situation ne date pas d’hier. Comme souligné, en 2020, par un sondage de l’entreprise de coaching Chance, 72% des femmes ne pensaient pas demander ou préfèrent renoncer à une augmentation si leur entreprise avait pâti du contexte de crise économique (contre 46% des hommes). Pourtant, plus de la moitié des hommes ( 54%) n’hésitaient pas à demander cette augmentation.

Parmi les raisons avancées par l’étude pour expliquer cette peur de la négociation, l’on trouve un fort écart, par rapport aux hommes d’estime de soi, de valorisation lors des entretiens, des demandes de promotion ou d’augmentation… lors de la négociation de salaire en entretien d’embauche ou de la revalorisation salariale en entretien annuel, 1 femme sur 2 (contre 1 homme sur 3) se focalise sur ses faiblesses (comme ses impératifs familiaux, ses points d’amélioration) et reste passive dans la négociation.

Les femmes sont également plus nombreuses à souffrir du syndrome de l’imposteur : comme expliqué dans notre article, 66% des femmes managers sont sujettes au syndrome de l’imposteur, contre 60% d’hommes. 

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Face à ces réticences des femmes à parler d’argent au sein de leur entreprise, il pourrait alors être bénéfique que les responsables RH les aident à libérer leur parole lors des entretiens annuels

Des femmes qui tiennent pourtant les cordons de la bourse au sein du foyer

Un récent sondage IFOP sur « les femmes et l’argent » met en avant des problématiques bien particulières en la matière. Rappelons que les femmes ont pris leur indépendance financière depuis la loi du 13 juillet 1965, qui les a autorisées à ouvrir un compte en banque et à travailler sans le consentement de leur mari. 

Aujourd’hui, au sein d’un couple ou d’une famille, ce sont elles qui s’occupent des questions de budget. En effet, 70% des femmes en France prennent en charge les aspects financiers du ménage.

75% des femmes interrogées consultent leurs comptes bancaires au moins une fois par semaine et un tiers (33%), une fois par jour. Ainsi, elles sont de plus en plus nombreuses que leur conjoint à connaître leurs revenus globaux (91%), leur épargne (85%) et leurs dépenses (85%).

La parole autour de l’argent est également plus libérée chez les femmes que chez les hommes. 92% des Françaises confient parler argent avec leur conjoint, quand 80% en discutent également avec leur·es ami·es.

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… mais qui n’osent pas faire de gros investissements

Si les femmes ont une bonne connaissance des questions financières, elles restent assez frileuses en ce qui concerne les investissements. En effet, À la question « que feriez-vous si vous receviez une grosse somme d’argent inattendue ? », 40% des répondantes feraient un placement sur un compte ou livret épargne et 36% utiliseraient cet argent pour le foyer. 

Mais investir reste encore à leurs yeux une aventure trop risquée : seulement 13% placeraient cet argent dans un plan épargne retraite ou une assurance vie, 4% investiraient ou achèteraient des actions, 1% se lanceraient dans des OPCVM et un autre 1% dans de la cryptomonnaie.

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Adeline Lajoinie

Ancienne journaliste, j'ai promené ma plume dans les colonnes de nombreux journaux. Depuis plus de 10 ans, c'est le digital qui profite de mes mots, pour des rédactions web parfaitement bien référencées, dans tous les domaines.