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Bilan social individuel (BSI) : avantages et mise en place.

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Depuis le début des années 2000, le bilan social individuel (ou BSI) fait de plus en plus d’adeptes au sein des entreprises. Il s’agit d’un outil de gestion RH facultatif et individualisé. Il s’adresse spécifiquement à chaque salarié en reprenant les éléments clés de sa rémunération et les autres avantages dont il bénéficie. 

Attention à ne pas confondre le BSI avec le bilan social, document légal obligatoire transmis annuellement au CSE dans les entreprises de plus de 300 salariés et dont le contenu et l’objectif sont bien différents.

Le succès croissant du BSI tient à ses multiples fonctions et à son adaptabilité. Les entreprises peuvent en effet personnaliser cet outil en fonction de leurs objectifs, de leur actualité, de leur structure…

Outil de gestion RH, le bilan social individuel est également un document essentiel dans la fidélisation des salariés et la valorisation de leur travail. C’est aussi un moyen de communication et de négociation primordial pour l’entreprise. 

Les entreprises de toutes tailles sont de plus en plus nombreuses à élaborer des BSI, pourquoi ? Les avantages sont en effet nombreux, tant pour l’entreprise que pour le salarié.

La mise en place d’un BSI vous intéresse ? Nous examinerons également ses différentes étapes d’élaboration ainsi qu’un exemple de contenu.  

Définition du bilan social individuel (BSI).

Le bilan social individuel est un document annuel et individuel s’adressant spécifiquement à chaque salarié. Il est élaboré de manière facultative par l’entreprise, il ne s’agit pas d’une obligation légale.

Il résume principalement  les différentes composantes de rémunération du salarié ainsi que d’autres informations (congés, formations, mutuelle, remboursements de frais etc.).

C’est un dispositif RH accessible et pédagogique, qui va au-delà de la simple information sur la rémunération. Le BSI est un véritable outil de développement RH et de fidélisation des salariés. 

Pourquoi mettre en place un BSI ?

La mise en place du BSI est intéressante aussi bien pour l’entreprise, le salarié, que le manager.

Les avantages pour l’entreprise.

Outil de communication pour valoriser la politique sociale et salariale. 

L’élaboration du BSI permet à l’employeur de valoriser sa politique de rémunération et ses actions en termes d’avantages sociaux ou de formations.

Dans des contextes difficiles où les entreprises doivent limiter les augmentations, le BSI est un bon moyen pour mettre en valeur les différentes actions menées en faveur des salariés. 

Le BSI permet également de promouvoir la marque employeur par rapport à ses concurrents et de fidéliser les salariés. Par exemple, certaines sociétés remettent un BSI aux candidats lors des entretiens d’embauche afin de mettre en valeur la rémunération, les avantages sociaux et le cadre de travail.

Outil pédagogique et d’information du salarié. 

Le bilan social individuel permet de rappeler aux salariés les différents éléments qui composent leur rémunération et montrer ainsi que la paie ne se limite pas seulement au salaire net.

De plus, les salariés considèrent parfois comme acquis certains avantages, sans réaliser forcément l’investissement financier de l’entreprise (participation à la mutuelle, tickets restaurants …). De même, ils ne se rendent pas forcément compte de l’intérêt d’une épargne salariale, d’une mutuelle ou d’un intéressement.

Le BSI permet de répondre à ces interrogations ou à ces lacunes.

Les éléments sont en effet présentés de manière claire, pédagogique, transparente et concrète : graphiques, tableaux, commentaires personnalisés…

La meilleure compréhension des salariés sur leur rémunération et autres avantages favorisent leur implication, leur motivation et leur fidélisation dans l’entreprise. 

Le BSI permet enfin de rendre sa cohérence et son unité à une politique de rémunération qui peut apparaître par ailleurs disparate. 

Les avantages pour le salarié. 

Le BSI permet au salarié de mieux comprendre sa rémunération, ses avantages, sa protection sociale….C’est un support idéal de discussion lors des entretiens annuels ou pour un entretien d’embauche. 

Cette transparence lui permet de mieux appréhender son parcours et son évolution dans l’entreprise, de se sentir valorisé et soutenu par sa hiérarchie.

Les avantages pour les managers.

Le BSI est une grande aide pour les managers en particulier pour mener les entretiens annuels. Ce document leur permet de mieux comprendre la politique de rémunération de l’entreprise et donc de mieux l’aborder en entretien. Ils disposent également d’une information claire et objective pour échanger avec les salariés. 

Le bilan social individuel n’est donc pas un simple résumé de la rémunération du salarié. Il s’inscrit dans un objectif plus vaste et bénéficie aussi bien à l’entreprise, au salarié et au N+1. L’entreprise l’élabore en fonction de ses besoins. Elle peut par exemple choisir d’en faire un vrai “livret d’accueil” comprenant également des informations pédagogiques sur les couvertures mutuelles, les actions culturelles et sociales du CSE, le 1% logement…

Lire également:

Les étapes d’élaboration du BSI.

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Comment mettre en place le bilan social individuel ? Toutes les étapes détaillées.

1 – Définir la personne chargée d’établir le BSI dans l’entreprise.

La plupart du temps, le bilan social individuel est réalisé par la Direction des Ressources humaines, au même titre que les autres tableaux de bord RH. 

Néanmoins, l’entreprise reste libre de recourir à un prestataire extérieur si elle le souhaite. Il existe en effet de nombreux cabinets RH, de conseils ou de consulting proposant ce type de prestation. 

2 – Déterminer le contenu. 

Chaque entreprise fixe elle-même le contenu qu’elle souhaite donner au BSI. Il doit en effet être adapté à la stratégie RH de l’entreprise, à son actualité, aux messages qu’elle souhaite faire passer, etc.

Il est donc important que l’entreprise se pose certaines questions avant l’élaboration du BSI. Quels sont ses objectifs ? Quels messages veut-elle faire passer ? Que veut-elle valoriser ? etc.

Le bilan social individuel n’est pas une simple liste de primes et autres bonus perçus. Il présente la rémunération mais également les avantages sociaux. Il peut aussi aborder les thèmes de la qualité de vie au travail, l’articulation avec la vie personnelle, etc.

Chaque BSI sera donc différent d’une entreprise à l’autre.

Néanmoins, voici les rubriques les plus courantes : 

  • Éléments de rémunération fixe et variable : salaire de base, primes, 13ème mois….
  • Les cotisations sociales. 
  • L’épargne salariale : intéressement, participation, plans d’épargne retraite, stock options, plans d’attributions d’actions gratuites, ….
  • Le temps de travail : congés, CET, RTT, autres congés, ….
  • La protection sociale : prévoyance, retraite, mutuelle, ….
  • La formation : montant du CPF (compte personnel de formation), formations suivies dans l’année, ….
  • Avantages en nature : voiture, restauration, transport, ….
  • Avantages divers : crèche, tickets restaurant, CESU, conciergerie, ….
  • Informations sur l’actualité sociale (réforme des retraites, activité partielle, …). 

3 – Utiliser des outils spécifiques. 

Là encore, l’entreprise est libre d’utiliser l’outil le plus adapté, en fonction de ses moyens et de ses objectifs.

Voici quelques solutions possibles :

  • Tableau Excel. Économique, il peut tout à fait être suffisant. Il permet de créer graphiques, camemberts et autres tableaux, parfaits pour une information claire, visuelle et pédagogique. On notera néanmoins l’absence d’interactivité, des designs limités, un temps de conception plus long que pour d’autres solutions.
  • Des outils en ligne. Certains sites internet proposent la création en ligne de vos BSI, selon des tarifs souvent dégressifs selon le nombre de salariés concernés. Vous renseignez les différentes données et votre BSI est directement généré en ligne. Les possibilités de personnalisation sont néanmoins réduites.
  • Des logiciels RH. Si vous disposez déjà d’un logiciel RH, vérifiez s’il propose cette solution. Le recours à un logiciel spécifique est idéal si vous avez un grand nombre de salarié. Les informations sont bien souvent déjà alimentées dans la base de données (via le logiciel de paie notamment) ce qui simplifie grandement l’élaboration du BSI.

4 – Choisir le support. 

Le BSI peut se présenter sous 2 formes différentes : 

  • Une brochure papier. 
  • Un format dématérialisé : fichier PDF, plateforme en ligne, intranet de l’entreprise, ….

Il revient à chaque entreprise de déterminer la forme qui lui convient le mieux. Il est aussi possible de cumuler les 2 supports. La version papier peut être intéressante à remettre au salarié en début de contrat par exemple. Ensuite, afin d’avoir une information facile à mettre à jour, interactive et économique, la version dématérialisée est tout indiquée. 

De plus en plus d’entreprises choisissent le format dématérialisé. Il a le mérite d’être dynamique, attrayant, simple d’accès pour les salariés. Il est en outre souvent plus économique que l’édition d’une brochure papier.

5 – Assurer la communication et la diffusion auprès des salariés. 

Sans une communication adéquate, l’élaboration du BSI est inutile. Rappelons en effet qu’il s’inscrit dans une démarche de transparence de l’entreprise pour communiquer autour de sa politique salariale et sociale.

Le bilan social individuel est principalement remis aux salariés :

  • Lors de l’entretien annuel ou d’un autre entretien relatif à l’activité du salarié.
  • Lors des négociations de salaire annuelles. 

Enfin, certaines entreprises en font un livret d’accueil personnalisé lors de l’embauche du salarié reprenant, en plus de sa rémunération, des informations sur l’entreprise. 
 

Exemple de bilan social individuel.

Voici un modèle type de BSI que vous pouvez adapter selon vos besoins.

Page 1 – Présentation.

  • Titre, nom de l’entreprise et du salarié.
  • Paragraphe d’introduction du DRH ou du dirigeant expliquant l’objectif du BSI.
  • Tableau résumant la situation professionnelle du salarié : date d’entrée, poste, lieu de travail, statut, coefficient, durée du travail, ….

Page 2 – Rémunération.

  • Rémunération globale détaillée.

→ Éléments de rémunérations fixes (salaire de base, 13ème mois, prime d’ancienneté…).

→ Éléments de rémunérations variables (primes exceptionnelles, primes d’objectifs, heures supplémentaires…).

→Éléments d’épargne salariale (participation, intéressement…), montants et calendriers de versements.

→ Autres éléments (avantages en nature, transport…).

Ces éléments peuvent être présentés sous forme de graphiques, camemberts, ….

  • Augmentations individuelles et/ou collectives perçues.
  • Montant des cotisations sociales et répartition entre salarié et employeur.

Page 3 – Épargne, retraite et prévoyance.

Présentation des différents dispositifs de retraite, épargne salariale et prévoyance et explications sur leur fonctionnement :

  • Montant des sommes perçus par le salarié.
  • Abondement de l’employeur.
  • Explication sur les options de la mutuelle.
  • Schéma explicatif du régime de retraite.
  • Etc.

Page 4 – Avantages sociaux.

  • Liste des différents avantages sociaux de l’entreprise.
  • Montants perçus par le salarié au titre des actions sociales du CSE, pour son transport, les tickets restaurant etc.

Vous pouvez conclure le BSI en rappelant certaines coordonnées utiles : membres du service RH, mutuelle et prévoyance, etc.

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A propos de l'auteur

Céline Le Friant

De formation juridique, j’ai pu évoluer en entreprise sur des postes de juriste en droit social, responsable paie, puis responsable RH. Forte de ces 13 années d’expérience, je travaille aujourd’hui à mon compte en tant que responsable RH et juriste en droit social à temps partagé. J’aide les entreprises à retrouver la sérénité dans la gestion de leurs salariés en intervenant de manière ponctuelle ou régulière, en fonction des besoins.
Je propose également des missions de sous-traitance en droit social pour des cabinets d’experts comptables et d’avocats.