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Social learning: définition, enjeux et mise en oeuvre

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Depuis quelques années, le terme de « social learning » s’est imposé petit à petit dans le langage de la formation professionnelle.

Mais qu’est-ce que le social learning ? Quels sont les enjeux du social learning en formation ? Comment mettre en place le social learning lors d’un module de formation, qu’il soit interne ou externe ?

Vous allez tout savoir sur le social learning !

Qu’est-ce que le social learning ?

Le social learning est une approche qui consiste à valoriser l’apprentissage par les pairs. Pendant longtemps la formation et l’éducation se sont construites autour de l’idée qu’il y avait un sachant et des apprenants et que les apprenants apprenaient du sachant.

Le social learning montre que les apprenants, entre eux, peuvent aussi s’apporter des connaissances, s’enrichir mutuellement de leurs expériences. Je vous propose de zoomer sur cette pratique et de constater ses nombreux intérêts en formation présentielle et digitale.

Le social learning : quels sont les enjeux ?

Le social learning a vécu un véritable essor avec l’apparition d’internet, et les forums professionnels au sein desquels on se partageait des « trucs et astuces ». Très vite cet aspect « retour d’expériences » est devenu un atout important des formations digitales, les communautés d’apprenants s’organisant par exemple autour de forums ou de classes virtuelles.

On s’est rapidement rendu compte que cet aspect d’apprentissage par les pairs avait aussi toute sa place en formation présentielle : le retour d’expérience d’un participant, la manière dont il a résolu telle problématique ou le plan d’action qu’il a mis en œuvre peuvent inspirer les autres participants par rapport aux difficultés que eux rencontrent.

Favoriser cet aspect « social learning » en formation permet de valoriser les connaissances de chaque participant, et donc de renforcer leur implication, mais aussi de valoriser le rôle de formateur en tant qu’ « accompagnateur ». Le formateur est là pour faire « émerger » les connaissances et faciliter leur identification par tous. Il est aussi là pour que la « mayonnaise prenne » : toutes les activités de co-construction d’outils par exemple ou de challenges entre équipes se basent sur ces ressorts du social learning.

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Le social learning : comment le mettre en oeuvre ?

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Ce qui est délicat à mettre en œuvre avec le social learning c’est qu’il ne s’agit pas d’un outil que l’on choisit d’utiliser à un moment donné de la formation, comme on le ferait d’une activité plus traditionnelle.

Pour qu’il fonctionne, il doit se construire, s’accompagner, s’impulser. Le social learning est un état d’esprit en plus d’être une méthode d’apprentissage. Il sera d’autant plus efficace que le groupe d’apprenants évoluera dans des conditions propices à son développement : confiance, structure, accompagnement faciliteront sa mise en place.

Voyons ensemble quelques pratiques qui concourent à déployer du social learning.

Créer l’appartenance

La notion de « groupe » est indissociable de la réussite d’une approche « social learning ». Il faudra donc pour le formateur-accompagnateur réussir à créer une dynamique de groupe, que le groupe se trouve à distance ou en présence.

Pour faciliter cette dynamique, et donc encourager la communication, la coopération et la participation, il important de favoriser la création de groupe « d’appartenants ». C’est-à-dire valoriser le sentiment d’appartenance. Que cela soit par métier, par promotion, par région, « faire partie de » renforce l’implication et dynamise les échanges. Dans l’enseignement supérieur, la notion de « promotion » est très forte et a des effets bien après la fin de la formation.

En favorisant l’appartenance à une communauté, l’apprentissage est motivé.

Encourager les actions de groupe

On remarque que les activités en groupe incitent les participants à mieux travailler ensemble. Faire travailler les participants en binôme, trinôme crée un lien qui favorise le partage et l’échange d’informations.

À distance, c’est un élément très fort pour renforcer l’implication et l’engagement et éviter l’abandon. Lorsque l’on appartient à un groupe, il est plus difficile de « laisser tomber » en cours de route car on sait que d’autres comptent sur nous.
Dans une formation qui intègre une partie digitale, il est important de penser à scénariser les temps de travaux en groupe, les temps d’échanges sur le forum, les temps d’accompagnement avec le formateur-tuteur pour justement définir le cadre propice au développement du social learning.

La formation digitale peut rendre plus complexe la notion de « groupe » : on ne partage pas les mêmes expériences qu’en salle, la même proximité physique qui est créatrice de liens.

C’est pourquoi contourner cette difficulté en scénarisant des moments de rencontre en petits groupes encouragera la création de ce lien. Il ne faut pas non plus hésiter à créer des sujets de discussion plus « légers », comme il pourrait y en avoir au moment d’une pause café par exemple. On peut imaginer un sujet de forum autour d’un film ou des spécialités régionales des participants.

Challenger les participants

On va ici avoir recours à certains principes de la gamification. Gamifier veut dire appliquer les mécanismes de la dynamique du jeu à un autre contexte (professionnel, d’apprentissage, de marketing…).

Par rapport au social learning, la gamification favorise la coopération et les échanges autours de compétitions inter-équipes, de défis à relever, de badges à obtenir… Cela donne un but à la collaboration : quelle fierté d’atteindre un objectif ensemble ou de résoudre un challenge !

Cela renforce aussi le sentiment d’appartenance et d’inclusion dont nous parlions plus haut.

Faciliter l’entraide

La mise en place d’un système d’entraide entre les utilisateurs « confirmés » et les utilisateurs « débutants », permet de valoriser l’expérience et les compétences des uns et d’encourager la participation de tous.
Ce qui actionne les leviers de reconnaissance et de motivation indispensables à l’engagement au sein d’une communauté.

Parfois la coopération entre pairs peut s’étendre jusqu’à l’évaluation de ceux-ci. Cette approche peut s’avérer aussi vertueuse que néfaste. Prenons l’exemple de l’évaluation entre pairs observée au sein des MOOCs, ces formations en ligne, gratuites et ouvertes à des milliers de participants.

Souvent les travaux proposés sont corrigés par des personnes suivant le même MOOC et les retours, les observations faites peuvent s’avérer démotivantes voire cruelles pour la personne qui les reçoit. On peut aussi s’interroger sur la légitimité d’une « correction » de travaux par des personnes a priori au même niveau que vous puisque suivant la même formation.

D’où l’intérêt et l’enjeu d’encadrer cet aspect « entraide » et « évaluation ». Il faudra par exemple proposer une grille d’évaluation basée sur des critères objectifs. La bienveillance, dans la formulation des remarques, devra primer.

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En résumé

Le social learning a de nombreux atouts dans sa poche : faciliter l’implication et la participation des apprenants, ce qui favorise la mémorisation et l’apprentissage.

Le social learning permet également de valoriser les connaissances déjà acquises des apprenants et de leur montrer qu’eux aussi peuvent apporter des informations utiles aux autres.

Cette approche pédagogique valorise donc chacun en tant que contributeur à la formation et devient brique clé de son succès !

A propos de l'auteur

Anne-Claire PREVOST

Travaillant depuis plus de 15 ans dans le domaine de la formation et du digital learning, Anne-Claire accompagne les projets pédagogiques en présence ou à distance, des entreprises.
Elle est spécialisée dans l'utilisation du jeu et du storytelling en formation.
Elle est Facilitatrice certifiée avec la méthode LEGO® SERIOUS PLAY®.
Elle est également certifiée niveau Bronze de l'évaluation Kirkpatrick Four Levels®.