Comment évaluer la QVT ? La mesurer ?

Comment évaluer la QVT ? La mesurer ?
Ingrid Andre

Aujourd’hui, toutes les entreprises connaissent et reconnaissent l’importance des démarches QVCT. Mais avant de mettre en œuvre ou de chercher à améliorer cette démarche, encore faut-il la mesure et l’évaluer.

L’ANI du 19 juin 2013 donne la définition suivante de la qualité de vie au travail. Il s’agit des « conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et la capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci détermine la perception de la qualité de vie au travail ».

L’article 1 de cet accord précise que la Qualité de vie au travail, plus connue sous l’acronyme de QVT, « désigne et regroupe les dispositions récurrentes abordant notamment les modalités de mise en œuvre de l’organisation du travail permettant de concilier les modalités de l’amélioration des conditions de travail et de vie pour les salariés et la performance collective de l’entreprise ».

Grâce à la loi Rebsamen du 17 août 2015, la qualité de vie au travail (QVT) est même devenue un thème obligatoire de négociation annuelle. Un véritable enjeu pour toute entreprise en termes d’attractivité et de fidélisation de ses collaborateurs, mais également en termes de performance collective, comme énoncé ci-dessus.

Il convient de noter que récemment, l’ANI du 9 décembre 2020, « pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail », a modifié le terme de qualité de vie au travail en y associant les conditions de travail. On parle désormais de « qualité de vie et des conditions de travail » ou QVCT.

L’ANI semble ainsi vouloir préciser et définir les contours de la qualité de vie au travail telle que nous la connaissions. Désormais, les partenaires sociaux insistent sur le fait que la qualité de vie au travail dépend des conditions de travail.

En d’autres termes, améliorer la qualité de vie au travail, c’est agir sur les conditions de travail. Il convient de noter que depuis le 31 mars 2022, cette nouvelle terminologie a fait son entrée, au sein du Code du travail, en application de la loi du 2 août 2021, qui transpose l’ANI.

Mais une fois la notion de QVT ou de QVCT définie, comment l’évaluer ?

Car le suivi et l’évaluation sont indispensables non seulement afin d’y donner un sens, mais également pour permettre la mise en œuvre d’éventuelles actions correctrices.

Il va donc falloir décider :

  • De qui évaluera ?
  • Avec l’aide de quels indicateurs ?
  • Et une fois le constat posé, effectuer une analyse des résultats pour mettre en place d’éventuelles mesures correctrices.

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Qui sera en charge de l’évaluation de la QVT ?

Deux possibilités s’offrent à vous.

D’une part, constituer une équipe interne à l’entreprise en un groupe de travail chargé d’évaluer la qualité de vie au travail. Ce groupe, afin de rendre des conclusions les plus objectives possible, devra être un groupe constitué paritairement : il devra donc être constitué de représentants de la Direction et de représentants du personnel.

On pourrait même envisager d’y convier le médecin du travail et/ou l’assistante sociale, dans l’hypothèse où ces services seraient intégrés à l’entreprise.

Pour que l’évaluation soit réaliste et utile, chaque membre de la commission devra se sentir investi d’une mission d’intérêt général et effectuer cette évaluation de manière rigoureuse et objective.

Faire participer les collaborateurs de l’entreprise de cette manière peut être un pilier essentiel de la réussite de ce projet.

Le choix du groupe est donc un moment et un point crucial de la réussite du projet. Il est ainsi préférable de privilégier un groupe constitué de 6 à 12 membres maximum, qui sera coanimé, par exemple, par un professionnel RH d’une part et par un opérationnel d’autre part afin de respecter un certain équilibre.

D’autre part, il est également possible de faire intervenir un auditeur externe. L’avantage étant de se doter d’un expert en qualité de vie au travail afin de mener à bien cette démarche, en toute objectivité, sans affect.

Il existe ainsi un grand nombre de cabinets spécialisés qui pour la plupart mettent en place une double stratégie : une évaluation du type baromètre QVT, qui sert à prendre la température du bien-être au sein de l’entreprise, et un diagnostic RPS (risques psychosociaux).

Pour réaliser cette mission, les Cabinets pourront par exemple envoyer des questionnaires QVT aux collaborateurs qui pourront y répondre de manière anonyme, afin de garantir la stricte confidentialité des informations remontées.

Il est clair que la mise en place d’un tel plan d’action est un signal fort envoyé aux salariés de l’entreprise. Il est donc essentiel, une fois le canal choisi, de définir les indicateurs à suivre et à observer afin de ne pas les décevoir dans leurs attentes.

Quid des indicateurs ?

L’ANACT (Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail) pose 6 indicateurs permettant selon elle d’évaluer la qualité de vie au travail :

  • Relations sociales et de travail.
  • Contenu du travail.
  • Environnement physique de travail.
  • Organisation du travail.
  • Réalisation et développement professionnel.
  • Conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Mais qu’entend-elle par là ?

Par « Relations sociales et de travail », on peut entendre dialogue social de qualité, constructif, et apaisé, permettant à chacun de trouver sa place au sein de l’entreprise, sa raison d’être et sa vocation.

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Par « contenu du travail », on entendra la promotion d’un travail de qualité qui participe à l’épanouissement des collaborateurs, qui est intéressant, procure de l’autonomie et un certain sentiment de maîtrise.

Par « environnement physique de travail », on entend un lieu propice au travail, un cadre moderne et agréable, la mise en place d’espaces de détente et de lieux de convivialité. Certaines entreprises vont même jusqu’à proposer des services de conciergerie, des frigos connectés pour prendre ses repas avec des produits frais et de qualités, des coiffeurs, un service de teinturerie, etc.

Par « organisation du travail », on entend aujourd’hui, aménagement du temps de travail et télétravail par exemple.

Par « réalisation et développement professionnel », on entend travail apprenant et complet.

Enfin, par « Conciliation entre vie professionnelle et vie privée », on entend bien évidemment entre autres, le droit à la déconnexion, mais aussi toutes les mesures prises en faveur de l’égalité professionnelle femmes/hommes.

Toutes ces actions menées par l’employeur participent à l’amélioration de la qualité de vie au travail et à la promotion de sa marque employeur.

Ces indicateurs ont ainsi pour objet de prendre la température et de dessiner une tendance.

Quelles sont les améliorations à envisager au sein de la structure ? Y fait-il bon travailler ? L’entreprise est-elle suffisamment à l’écoute de ses collaborateurs ? Est-elle attractive ?

Notons enfin que les indicateurs choisis doivent être pertinents au regard de l’entreprise. Les bons indicateurs sont ceux qui ont été choisis au regard de la particularité de l’entreprise et des objectifs qu’elle s’est fixés.

Bien choisir ses indicateurs est donc le moyen idéal pour effectuer un diagnostic précis et le plus fiable possible de la situation. Ainsi, la situation sera mieux comprise et les problèmes rencontrés clairement définis.

La démarche qualité de vie au travail devra donc impérativement effectuer des analyses précises, afin de mener des actions concrètes ; à défaut, elle n’aurait aucun intérêt ni aucune utilité.

Analyse des résultats et mise en place des mesures correctrices.

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Une fois le diagnostic établi, des pistes d’amélioration vont nécessairement se dessiner. On remarque en règle générale 5 pistes d’amélioration possible.

Les voici :

Préserver l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle

Pour y parvenir, il faudra essentiellement aménager les horaires des collaborateurs en fonction de leurs contraintes familiales, mais il faudra aussi songer lieu de travail. De même, on remarque qu’accepter des journées de télétravail ou des horaires flexibles augmente le bien-être des salariés, voire même leur productivité.

Certaines entreprises, en région parisienne par exemple, dans le but de préserver la vie de famille de leurs collaborateurs établissent des partenariats avec des crèches.

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Organiser des temps de détente et de loisir

Certaines entreprises mettent en place des espaces spécialement consacrés aux moments détente. C’est ainsi qu’ont vu le jour des potagers d’entreprise, des salles de relaxation, des laboratoires photo ou encore des bibliothèques, des salles de sport, ….

Il est également possible de mettre en place des partenariats avec des professionnels pour des soins spécifiques. Des séances de relaxation ou de sophrologie, des soins du corps et des massages peuvent ainsi être proposées aux salariés.

Favoriser la formation professionnelle

Si la formation tout au long de la vie est fondamentale dans la vie d’un salarié, afin que celui-ci s’adapte à l’évolution de son poste de travail, leur permettre de se former en continu est également indispensable à leur productivité et à leur épanouissement. Leurs compétences étant ainsi sans cesse valorisées.

Être à l’écoute de ses collaborateurs

Donner la parole à ses collaborateurs est essentiel à l’implication des salariés, à la bonne ambiance dans les bureaux tout comme à l’apparition et à la préservation d’un sentiment d’appartenance à l’entreprise.

Pourquoi ne pas mettre en place des boîtes à idées ou favoriser le management participatif ? Et surtout, ne pas omettre les réunions hebdomadaires au cours desquelles chacun pourra prendre la parole dans une rubrique « questions diverses » par exemple.

Aménager l’espace de travail

Sans doute plus facile à mettre en place dans les grosses structures, l’espace de travail contribue grandement à la motivation et à la productivité des salariés. Un environnement lumineux et moderne permet sans aucun doute d’installer du matériel de qualité, flexible et réglable, afin qu’il s’adapte à chaque salarié. Et décorez ! Plantes vertes, couleurs, tableaux…

Attention, il ne s’agit que de pistes d’amélioration. Il conviendra évidemment d’adapter ces solutions aux besoins de votre entreprise. Alors lancez-vous dans une démarche QVT sans plus attendre, afin d’en recueillir les fruits et d’améliorer encore votre productivité.

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Ingrid Andre