Recrutement : le casse-tête de la pénurie de compétences

Dernière mise à jour le :

Publié le :

Depuis le début de l’année 2026, le recrutement s’est encore complexifié : peu d’offres, beaucoup de départs et des profils qui ne correspondent pas aux attentes. Comment réagir face à la pénurie de compétences ?

Auteur / Autrice

Comment les recruteurs peuvent-ils surmonter la pénurie de compétences et attirer les bons candidats ?
Sommaire de l'article

Pénurie de compétences ou exigences trop élevées ? 

Sur le papier, les chiffres ont de quoi surprendre. Les candidatures affluent, en hausse de 18 % en un an selon le dernier baromètre Hellowork. 

Mais dans le même temps, le nombre d’offres, lui, recule de 9 % sur le premier semestre 2026. Deux courbes qui divergent, et un paradoxe que les recruteurs peinent visiblement à résoudre.

Malgré ce contexte, 68,9 % des recruteurs anticipent des recrutements stables ou en hausse cette année. Mais leur premier défi a changé de nature : la pénurie de compétences, citée par 53,8 % d’entre eux, contre 39 % en 2025. 

Pour 71,9 %, moins d’une candidature sur quatre correspond réellement au poste. Et 50,4 % estiment que ce volume dégrade, paradoxalement, la qualité du recrutement.

“Pendant des années, la priorité était d’augmenter le volume des candidatures. Mais augmenter le volume augmente mécaniquement le bruit : les entreprises nous disent aujourd’hui qu’environ un quart seulement des candidatures correspondent à leurs attentes.”

François Leverger, CEO du groupe Hellowork


Côté candidats, le ressenti est tout aussi net : 88,3 % jugent leur recherche plus difficile qu’il y a deux ans. Pour 63 %, les exigences des recruteurs se sont durcies, une proportion qui grimpe à 70 % chez la génération Z. 

L’étude souligne que près de 15% des candidats ont abandonné le processus de recrutement en cours sans prévenir le recruteur (ghosting) et elle documente une vraie difficulté d’adéquation entre postes et profils. 

Aux RH, donc, de distinguer les compétences réellement indispensables de celles qui peuvent s’apprendre en poste.

Abonnez-vous à la newsletter de Culture RH et recevez, chaque semaine, les dernières actualités RH.


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.

A lire également : 

Le tout numérique : une aide ou un risque ?

L’IA accompagne désormais 93,1 % des recruteurs, contre 78 % en 2025, et 61,1 % des candidats, contre 50 % un an plus tôt. 

Cette adoption rapide nourrit pourtant une méfiance réciproque : 61,8 % des candidats doutent qu’un humain lise leur dossier, alors que seuls 8,5 % des recruteurs disent utiliser l’IA pour trier les candidatures. Son usage principal reste en amont, dans la rédaction des annonces (81,1 %).

La suite après la publicité
inread-lb-neobrain

Le bénéfice ? Un gain de temps, pour 85,6 % des recruteurs.

Le revers : 65,6 % constatent une standardisation croissante des CV. D’où l’intérêt d’expliquer clairement l’usage de ces outils en interne, sans jamais sacrifier les échanges humains.

Comment les recruteurs peuvent répondre à cette pénurie de compétences ?

Premier levier : l’annonce de recrutement elle-même. 96 % des candidats ont déjà renoncé à postuler, le plus souvent face à des exigences jugées irréalistes (53,9 %) ou des descriptions trop floues (46,9 %). 

Mieux vaut détailler les missions, hiérarchiser les compétences réellement indispensables, et mentionner les possibilités de montée en compétences, plutôt que d’empiler diplômes et qualités sans ordre de priorité.

La rémunération pèse aussi dans la balance. Son absence freine 48,3 % des candidats, et 57,1 % des cadres.

75,4 % des recruteurs l’affichent désormais systématiquement, soit 7,4 points de plus qu’il y a un an, et 81,1 % d’entre eux estiment que cette transparence salariale facilite le recrutement. 

quels sont les critères de choix d'un poste ?

Mais le salaire ne fait pas tout : 65 % des candidats privilégient les missions quand ils doivent arbitrer. Autant dire que les responsabilités et les conditions d’exercice méritent d’être présentées avec autant de soin que la fiche de paie.

+8 à 11 % en 2027, comment limiter la casse ?

Avec les hausses de cotisations annoncées sur les contrats collectifs santé en 2027, le coût pèse sur l’entreprise comme sur le pouvoir d’achat des salariés. Ce guide pratique, réalisé par notre partenaire Mucho, vous donne la méthode pour auditer votre contrat, faire les bons choix et le valoriser auprès de vos équipes.

Je télécharge le guide

Reste le suivi des candidatures, souvent négligé.

En cas de refus de candidature, 66,2 % des candidats ne reçoivent aucune réponse, contre 50 % en 2025, un chiffre en nette dégradation alors que 93 % des recruteurs affirment répondre systématiquement. L’écart est frappant. 


Fixer des délais, désigner un responsable du suivi, vérifier l’envoi effectif des réponses : pour 53 % des candidats, un simple message, même générique, suffirait. Face à la pénurie de compétences, mieux cibler, former et communiquer compte, finalement, autant qu’attirer davantage de candidatures.

A lire également : 

Image de Adeline Lajoinie
Adeline Lajoinie

Vous pourriez également être intéressé par

Abonnez-vous à la newsletter de Culture RH et recevez, chaque semaine, les dernières actualités RH.


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.