Spécialiste de l’assistance respiratoire à domicile et de l’oxygénothérapie, SOS Oxygène exploite aujourd’hui 90 agences en France et à l’étranger.
Après le rachat réussi d’une filiale d’Air Liquide (VitalAire Japan) et avec 2 700 collaborateurs répartis entre la France et ses filiales internationales, la croissance du groupe se heurte donc de plein fouet à la crise des vocations dans les métiers du soin.
Le marché de l’emploi en 2026 impose une réalité difficile aux DRH : le chômage des jeunes remonte à 21,5 % et ce alors que des secteurs affichent constamment des offres d’emplois, comme le secteur du soin en 2024 avec plus de 330 000 projets de recrutement.
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Pour un acteur comme SOS Oxygène, ce décalage oblige à aller chercher des potentiels en dehors des parcours classiques et à organiser soi-même leur montée en compétences, surtout au moment où l’État réduit son soutien financier.
Le « virage ambulatoire », qui consiste à soigner le patient à domicile plutôt qu’à l’hôpital afin de décharger des structures constamment en tension, déplace massivement les besoins en personnel vers le domicile.
Ce phénomène crée une pression que les circuits de recrutement traditionnels ne peuvent plus absorber seuls. Pour SOS Oxygène, cette croissance est l’occasion de structurer des parcours d’évolution interne.
En misant sur la promotion de ses collaborateurs, le groupe sécurise son encadrement avec des profils qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne opérationnelle.
L’alternance : d’un effet d’aubaine à un choix stratégique
Alors que les aides publiques à l’apprentissage diminuent en 2026, provoquant une baisse de 5 % des contrats signés au niveau national, SOS Oxygène a maintenu une progression de 20 % de ses alternants en trois ans.
Ce choix repose sur une vision de long terme : malgré la baisse du soutien financier immédiat, l’entreprise mise sur la rentabilité d’un collaborateur formé « maison ».
En intégrant des jeunes dès leur cursus, le groupe s’assure de disposer de techniciens opérationnels et déjà acculturés aux process de l’entreprise dès l’obtention de leur diplôme.
Dans un marché de l’emploi où offre et demande ne se retrouvent plus, cet investissement initial permet d’éviter les coûts bien plus élevés liés au recrutement externe intérims, palliatif, et à la vacance de poste, garantissant ainsi une croissance stable sur la durée.
Le groupe a également structuré une filière de recrutement dédiée aux professionnels de la sécurité civile.
Alors que les sapeurs-pompiers font face à une crise des vocations marquée par la perte de 50 000 volontaires en 25 ans, le secteur de la santé à domicile offre un débouché logique pour ces profils.
Ils apportent une maîtrise immédiate de l’astreinte et de la gestion de l’urgence, des compétences indispensables pour l’assistance respiratoire.
Pour Luc Pastorel, ce modèle repose sur une complémentarité efficace : « C’est une stratégie gagnant-gagnant : le groupe bénéficie de leur expérience du terrain et de leur réactivité, tandis que ces profils trouvent chez nous un cadre professionnel plus stable avec des horaires réguliers, tout en restant dans le service au patient. »
Cette transition permet de capitaliser sur leur savoir-faire technique dans un environnement moins éprouvant physiquement, tout en assurant une continuité de carrière valorisante.
L’exemple de SOS Oxygène soulève une question de fond sur l’évolution de notre société : l’entreprise doit-elle pallier les limites du système actuel ?
Entre le décalage des diplômes d’État et une crise des vocations qui vide le secteur, l’adéquation entre l’offre et la demande de soins n’est plus garantie.
En devenant son propre formateur, le groupe niçois ne fait pas qu’assurer sa croissance ; il dessine une réponse pragmatique à une société où les parcours linéaires disparaissent.
Si ce modèle d’entreprise-école semble être la clé de la pérennité, il interroge aussi sur la responsabilité croissante du secteur privé dans la qualification des citoyens de demain.
Pour continuer à soigner à domicile, le défi ne sera plus seulement technologique, mais résidera dans la capacité des entreprises à redonner du sens et des compétences à ceux qui s’éloignent des métiers du soin.


