Apprentissage : la possible baisse du financement public menace le paramédical

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France compétences a lancé la révision des NPEC de l’apprentissage, avec des baisses de 8 à 20 % pour certaines formations paramédicales. Une évolution qui inquiète les CFA et pourrait fragiliser l’apprentissage dans des métiers déjà en forte tension.
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Début avril 2026, France compétences a lancé la révision générale des niveaux de prise en charge (NPEC) de l’apprentissage, en publiant ses « valeurs de référence» par métier. Dans les professions paramédicales,ce soutien public recule de 8 à 20 %.

Cette baisse menace l’équilibre financier de nombreux CFA et pourrait réduire le nombre de contrats d’apprentissage dans des secteurs déjà en tension. Les branches professionnelles disposent de trois mois pour valider ces propositions. Explications.

Le 2 avril 2026, France compétences, l’institution publique chargée du financement de la formation professionnelle, a engagé sa révision des niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage.

Elle aboutira à un décret fixant, pour chaque formation, un niveau de soutien public applicable sur tout le territoire.

Les CFA sous pression 

France compétences a dévoilé ses nouvelles « valeurs de référence » de NPEC par métiers. Si le coût global est présenté comme stable, de fortes variabilités existent entre les filières. Les fonctions paramédicales connaissent ainsi des baisses notables, de l’ordre de 8 à 20 %.

Certaines professions sont particulièrement concernées : opticien, prothésiste dentaire, assistant dentaire ou préparateur/technicien en pharmacie.

Or, les NPEC en santé sont déjà parmi les plus faibles du dispositif. Ces nouveaux référentiels les rendent inférieurs au coût réel de formation.

Un tel recul fragiliserait en particulier les centres de formation d’apprentis (CFA) qui préparent à des diplômes paramédicaux d’État ou universitaires. Lesquels sont soumis à des matrices pédagogiques fixes, ne permettant aucun ajustement du volume horaire de formation. 

Les CFA se retrouveraient alors contraints d’absorber la baisse des financements malgré des marges déjà réduites, compressées par des coûts fixes – salaires, immobilier – structurellement élevés.

Cette réduction des NPEC intervient dans un contexte où les aides à l’embauche d’apprentis ont diminué, entraînant une baisse de 5 % des nouveaux contrats en 2025.

Des filières déjà en tension

Or, les professions paramédicales sont déjà en forte tension. Le gouvernement reconnaît lui-même le besoin d’y former davantage. Le vieillissement de la population accroît en effet la demande de soins.

D’ici 2040, un tiers des Français aura plus de 65 ans : les besoins en soins infirmiers pourraient croître de 54 %, au risque de dépasser les capacités de prise en charge.

Selon l’enquête « Besoin en main-d’œuvre » de France Travail, la santé figure parmi les secteurs aux recrutements les plus contraints en 2025. Les filières paramédicales sont en première ligne.

64,4 % des recrutements sont jugés « difficiles » pour les aides-soignants, 67,3 % pour les infirmiers et sages-femmes, 74,4 % pour les techniciens médicaux et préparateurs, et jusqu’à 75,1 % pour les autres professions paramédicales. 

Un risque de contraction de l’offre de soins

La baisse des NPEC pour les formations paramédicales risque d’aggraver ces tensions et de conduire à des mesures impopulaires.

Le nouveau coût engendré serait alors répercuté sur les employeurs et/ou sur les étudiants. Faute de marges suffisantes, certains CFA se verraient contraints de supprimer des formations, voire de cesser leur activité.

S’il se confirme, ce recul du soutien public entraînera donc une baisse du nombre d’apprentis formés, et à terme celui des professionnels en activité. Il risque de déstabiliser un secteur essentiel, à forte employabilité, dans un contexte économique déjà tendu. 

Toutefois, les jeux ne sont pas encore faits puisque les branches professionnelles ont désormais 3 mois pour accepter ces valeurs de référence ou proposer des niveaux modulés. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les acteurs de la formation paramédicale.

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