Auto-entrepreneurs : quelle place pour la gestion des ressources humaines ?

Auto-entrepreneurs : quelle place pour la gestion des ressources humaines ?

Grâce au régime particulièrement facilitateur de la microentreprise, de plus en plus de personnes commencent une nouvelle activité professionnelle en tant qu’indépendant.

Cette indépendance semble a priori permettre aux intéressés de s’affranchir des enjeux relatifs à la gestion des ressources humaines (RH), qui cristallisent souvent les difficultés pour les entreprises.

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Néanmoins, la gestion RH reste omniprésente dans le quotidien des auto-entrepreneurs, sur le plan de l’accompagnement administratif d’une part, et en matière de partenariats et de relations externes d’autre part. En effet, les indépendants sont à la fois responsables administratifs de leur activité et garants de la pérennité de leurs collaborations, ce qui induit nécessairement une certaine proximité avec les concepts RH.

Une gestion RH administrative : les organismes qui accompagnent les auto-entrepreneurs

Le cadre légal strict pour la gestion RH des auto-entrepreneurs

Le premier concept RH qui concerne les auto-entrepreneurs renvoie à des notions juridiques et administratives.

En effet, les microentreprises sont soumises à un cadre légal strict et sont accompagnées dans leurs démarches administratives par des organismes publics ou réalisant des missions d’intérêt public tels que l’URSSAF, la Chambre des métiers et de l’artisanat, la Chambre de commerce et de l’industrie ou encore la Greffe du tribunal de commerce en fonction de l’activité exercée.

En particulier, le rôle de l’URSSAF pour les auto-entrepreneurs s’est largement développé avec l’évolution de la législation : l’URSSAF est chargée de la collecte des cotisations de toutes les microentreprises et fait office de CFE (Centre de formalités des entreprises) pour les activités libérales, tandis que les autres organismes susnommés adoptent le rôle de CFE pour les autres activités (essentiellement artisanales et commerciales).

Cet aspect administratif et juridique est central dans tout travail de gestion des ressources humaines.

Des services privés d’accompagnement

Les auto-entrepreneurs sont également accompagnés dans leurs démarches RH par d’autres acteurs qui proposent un soutien administratif pour réaliser toutes sortes de formalités allant de la facturation à la comptabilité en passant par les études statistiques des KPI et des résultats de la microentreprise.

En particulier, le moment de lancement de l’activité cristallise souvent les difficultés en ce qu’il demande d’être relativement à l’aise avec plusieurs concepts RH administratifs et juridiques.

C’est pourquoi les sociétés qui proposent un service d’accompagnement pour créer son entreprise sont particulièrement prisées par les auto-entrepreneurs néophytes, qui trouvent dans cet accompagnement tout le soutien nécessaire pour démarrer sereinement leur activité.

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La microentreprise : une indépendance toute relative

L’auto-entrepreneur prestataire

Au-delà de ces aspects administratifs et juridiques, les auto-entrepreneurs sont nécessairement intégrés dans les dynamiques de gestion des ressources humaines des entreprises avec lesquelles ils travaillent en tant que prestataires.

En effet, tout comme pour leurs salariés, ces entreprises doivent recruter des auto-entrepreneurs pour réaliser certaines missions et s’assurer d’entretenir une bonne relation avec eux, de la même manière que les auto-entrepreneurs cherchent à trouver des entreprises ayant besoin de leurs services et à construire des partenariats solides avec elles.

Ces relations reposent à la fois sur des concepts commerciaux et de gestion des ressources humaines, puisqu’il s’agit de :

  • Trouver de nouveaux collaborateurs pour commencer un partenariat qui répond à un besoin, comme lors d’un recrutement salarié ;
  • Fixer et assurer des rémunérations équitables pour chaque parti, comme dans une organisation salariale classique ;
  • Gérer l’emploi et les compétences pour envisager l’avenir ensemble, comme dans une carrière de salarié ;
  • Porter une attention particulière aux conditions de travail de chacun, comme dans une organisation salariale traditionnelle.

Travailler avec des prestataires

Ces questions à mi-chemin entre le développement commercial et la gestion RH se retrouvent aussi lorsque la microentreprise fait appel à des prestataires externes pour réaliser certaines missions.

Dans ce cas, l’auto-entrepreneur se retrouve confronté à tous les enjeux qui rythment le quotidien des professionnels des ressources humaines : c’est à lui de concevoir et de mettre en œuvre sa stratégie de recherche de prestataires selon ses besoins et c’est à lui de faire en sorte que les partenariats tissés perdurent dans le temps (on parle de fidélisation).

Ainsi, qu’il soit lui-même en position de prestataire ou qu’il travaille avec d’autres prestataires, l’auto-entrepreneur n’est jamais réellement indépendant d’un point de vue RH : la microentreprise est nécessairement imbriquée dans les dynamiques de gestion des ressources humaines de ses collaborateurs, avec de surcroît une dimension commerciale puisqu’il s’agit d’entités externes.

Conclusion. Soft skills et fibre RH : des atouts de taille pour les auto-entrepreneurs

Étant seuls à la tête de leurs entreprises, les auto-entrepreneurs doivent idéalement développer des compétences opérationnelles dans de nombreux domaines, entre les spécificités de leurs activités et des questions plus transversales comme l’administratif, le juridique, la comptabilité, le marketing ou encore les ressources humaines.

Il est pourtant impensable de se former de manière académique à chacune de ces disciplines, c’est pourquoi la réussite des microentreprises repose en grande partie sur les soft skills des entrepreneurs : organisation, flexibilité, adaptabilité, self-control, etc.

Lorsque ces soft skills permettent de développer la fibre RH comme la fibre commerciale, cela facilite grandement le travail transversal qui occupe une grande partie de la vie des auto-entrepreneurs.

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