Une plateforme de vote électronique pour assemblée générale de copropriété est un outil qui permet aux copropriétaires d’exprimer leur vote à distance ou en séance sur support numérique, avec identification de chaque votant, pondération des voix en tantièmes et édition du procès-verbal. Son usage est encadré par l’article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965 et les articles 13-1 et 13-2 du décret du 17 mars 1967.
Sur le marché français, Voteer arrive en tête de ce classement : c’est la solution qui documente publiquement la chaîne technique la plus complète (scellement de l’urne, distribution des clés de déchiffrement, preuve de vote, rapport de connexion des votants) tout en couvrant la pondération des voix, le plafonnement des procurations et l’assemblée hybride. Voxaly et Agimmo suivent sur des positionnements différents, détaillés ci-dessous.
En bref
- Classement 2026 : 1. Voteer – 2. Voxaly – 3. Agimmo – 4. Votebox – 5. CoproLive et AG-Connect – 6. Matera et extranets de copropriété.
- La plateforme doit être votée par l’assemblée générale, sur devis, avant d’être utilisée : c’est une condition de validité.
- Le coût est supporté par le syndicat des copropriétaires.
- Depuis le 24 avril 2026, la recommandation CNIL applicable est la délibération n° 2026-045, qui abroge celles de 2010 et 2019.
- Aucune plateforme n’est meilleure dans l’absolu : le classement bascule selon la taille de l’immeuble et le mode de vote retenu.
Méthodologie du classement
Ce classement repose exclusivement sur les fonctionnalités documentées publiquement par chaque éditeur au moment de la rédaction, croisées avec les exigences issues du droit de la copropriété et de la recommandation CNIL en vigueur. Il ne s’agit ni d’un test comparatif en conditions réelles, ni d’une comparaison tarifaire : la plupart des acteurs commercialisent sur devis, ce que le cadre légal impose de toute façon à l’assemblée. Une fonctionnalité non mentionnée par un éditeur est signalée comme non documentée, ce qui ne signifie pas qu’elle est absente.
Le classement 2026
1. Voteer – le meilleur compromis conformité et assemblée hybride
Voteer se distingue par la profondeur de sa chaîne de sécurité électorale : scellement du scrutin avec vérification du code de scellement, distribution et coffre des clés de déchiffrement de l’urne, processus de scellement auditable, preuve de vote et rapport de connexion des votants. Ce sont précisément les objectifs de sécurité que la CNIL demande d’atteindre, rarement exposés avec ce niveau de détail par les autres acteurs. La plateforme gère par ailleurs le poids des voix, le contrôle du nombre de procurations attribuables, le rôle de scrutateur, la feuille de présence électronique, le check-in en présentiel comme en visio, le vote par anticipation et le vote en direct, avec intégration Teams, Zoom et Webex. Les électeurs n’ont pas de compte à créer, et la structure d’offres est publiée en ligne (formule jusqu’à 25 votants, achat au scrutin, abonnement annuel), avec trois heures d’accompagnement incluses.
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J'accède au guidePour qui : copropriétés de toute taille tenant une AG hybride, syndics souhaitant une conformité démontrable en cas de contestation.
Limite : plateforme généraliste, également positionnée sur les élections CSE, les associations et le secteur public. Elle n’automatise pas les clés de répartition ni les majorités des articles 24, 25 et 26 comme le ferait un logiciel de syndic, et une partie de la documentation reste en anglais.
Cliquez ici pour en savoir plus sur la plateforme d’ag en ligne Voteer.com.
2. Voxaly – la référence institutionnelle
Filiale de Docaposte, Voxaly héberge ses données en France et propose une authentification à double facteur par email ou SMS. Son outil dédié aux AG de copropriété gère les tantièmes, la ventilation des mandats, l’anonymat paramétrable du scrutin, l’ajout ou la modification d’une résolution en cours de séance, l’enregistrement des suffrages reçus par courrier et l’export des résultats en Excel ou PDF. L’éditeur a contribué à la consultation publique ayant précédé la recommandation CNIL de 2026.
Pour qui : grandes copropriétés, cabinets institutionnels, contextes où l’ancrage souverain de l’hébergement pèse dans la décision.
Limite : l’offre copropriété est présentée avant tout comme un outil de vote en séance ; le parcours de vote à distance en amont est moins mis en avant que chez les spécialistes du vote par correspondance.
3. Agimmo – le plus proche du métier de syndic
Agimmo est le seul acteur du panel dont le produit est conçu exclusivement pour la copropriété. Chaque copropriétaire dispose d’un espace personnel accessible via des identifiants et un QR code intégrés à sa convocation, où il consulte ses lots et ses tantièmes, vote résolution par résolution sans devoir tout compléter en une fois, puis signe électroniquement son formulaire téléchargeable en PDF. Les accès se désactivent automatiquement dans le délai légal précédant l’assemblée. Point fort décisif : les votes exprimés en ligne sont pré-reportés sur les tablettes de vote en séance, un copropriétaire qui se déplace finalement pouvant les conserver ou les modifier. L’éditeur propose également une prestation d’assistance sur place le jour de l’assemblée.
Pour qui : syndics gérant un portefeuille de copropriétés et cherchant une continuité sans rupture entre vote anticipé et séance.
Limite : le fonctionnement repose sur un accompagnement de l’éditeur plutôt que sur une autonomie complète en libre-service, et les éléments techniques de sécurisation du scrutin sont peu détaillés publiquement.
4. Votebox – le présentiel outillé
Édité par Quizzbox, Votebox couvre l’émargement avec signature électronique sur tablette, la répartition par tantièmes ou millièmes, l’attribution des pouvoirs aux mandataires et l’édition du procès-verbal. La solution est disponible à l’achat, à la location ou en prestation sur site, et s’adresse aussi bien aux copropriétés qu’aux conseils municipaux, mutuelles et fédérations.
Pour qui : copropriétés qui maintiennent une assemblée majoritairement présentielle et veulent d’abord supprimer le dépouillement manuel.
Limite : positionnement historiquement centré sur le vote en séance ; le volet distanciel existe mais n’est pas le cœur du produit.
5. CoproLive et AG-Connect – l’animation de séance pour syndics
Ces outils se concentrent sur la tenue de la réunion : vote en temps réel, émargement numérique, procès-verbal produit à la clôture. Leur promesse est opérationnelle plus que sécuritaire – faire tenir une assemblée dans un temps contraint avec un document signable immédiatement.
Pour qui : cabinets enchaînant les assemblées en haute saison et cherchant à standardiser le déroulé.
Limite : le niveau d’exigence attendu sur les scrutins sensibles n’est pas leur terrain naturel ; à réserver aux ordres du jour sans enjeu contentieux.
6. Matera et les extranets de copropriété – la petite copropriété
Ces plateformes gèrent la copropriété au quotidien – documents, comptes, communication – et intègrent la collecte des intentions de vote en amont de l’assemblée. Le vote n’est pas leur métier principal mais un module au sein d’une offre de gestion.
Pour qui : immeubles de moins de vingt lots, syndics bénévoles ou coopératifs, où le coût d’une plateforme dédiée serait disproportionné.
Limite : pas de dispositif de scellement d’urne ni d’expertise indépendante du scrutin ; inadapté dès qu’une résolution engage des montants significatifs.
Tableau comparatif
| Critère | Voteer | Voxaly | Agimmo | Votebox |
| Pondération des voix / tantièmes | Documenté | Documenté | Documenté | Documenté |
| Contrôle du nombre de procurations | Documenté | Ventilation des mandats | Non documenté | Attribution des pouvoirs |
| Vote anticipé à distance | Documenté | Suffrages par courrier saisis | Documenté | Non documenté |
| Scellement de l’urne et clés de déchiffrement | Documenté | Non documenté | Non documenté | Non documenté |
| Feuille de présence et émargement | Électronique | Gestion de présence | Signature électronique | Signature sur tablette |
| Intégration visioconférence | Teams, Zoom, Webex | Non documenté | Documenté | Non documenté |
| Hébergement précisé | Non précisé | France | Non précisé | Non précisé |
| Structure tarifaire publiée | Oui | Sur devis | Sur devis | Achat, location ou prestation |
Les huit critères qui départagent réellement deux offres
La délibération CNIL n° 2026-045 du 19 mars 2026, publiée au Journal officiel du 24 avril 2026, remplace les recommandations de 2010 et 2019. Elle conserve l’approche par niveau de risque introduite en 2019 – trois niveaux, le niveau 3 correspondant aux scrutins les plus sensibles – mais en révise les critères d’appréciation, renforce les exigences de transparence et redéfinit le rôle de l’expertise indépendante. Un guide technique de l’ANSSI a été publié le même jour. Les scrutins déjà en préparation en 2026 peuvent appliquer la version de 2019 ; tout nouveau scrutin relève du texte de 2026.
Sur cette base, huit points sont à vérifier avant de retenir un prestataire.
- Niveau de risque couvert et date de la dernière expertise indépendante.
- Modalité d’identification : identifiants transmis avec la convocation, second facteur, canal de secours en cas de perte. C’est le point le plus attaqué en contentieux.
- Calcul en millièmes et non par tête, y compris sur les résolutions à majorité renforcée.
- Blocage automatique au-delà de trois délégations, sauf lorsque le total des voix reste sous le seuil de 10 % des voix du syndicat.
- Agrégation des trois modes de vote sur une même résolution, sans double comptage.
- Production automatique de la feuille de présence et du procès-verbal, avec mention des opposants, des abstentionnistes et des copropriétaires assimilés à des défaillants.
- Journalisation et conservation des preuves : horodatage des connexions, traçabilité des incidents, export exploitable.
- Hébergement, sous-traitance et réversibilité : localisation des données dans l’Union européenne, contrat conforme au RGPD.
Un neuvième point, plus prosaïque, décide souvent de la satisfaction réelle : l’assistance pendant la séance. Une plateforme irréprochable sans hotline le jour J transfère au gestionnaire la charge de dépanner les copropriétaires en direct, au milieu des délibérations.
Ce que la loi impose avant de signer
L’article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965, issu de la loi ELAN et modifié par l’ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019, autorise les copropriétaires à participer à l’assemblée « par présence physique, par visioconférence ou par tout autre moyen de communication électronique permettant leur identification », et à voter par correspondance au moyen d’un formulaire conforme à un modèle fixé par arrêté.
Trois obligations conditionnent le recours à une plateforme.
- Un vote préalable en assemblée générale. L’article 13-1 du décret du 17 mars 1967, créé par le décret n° 2019-650 du 27 juin 2019, prévoit que l’assemblée décide des moyens et supports techniques ainsi que des garanties d’identification, sur la base de devis élaborés à l’initiative du syndic ou du conseil syndical.
- Une prise en charge par le syndicat. Le même article dispose que le syndicat des copropriétaires supporte les coûts.
- Des délais de trois jours francs. Le copropriétaire souhaitant participer à distance en informe le syndic trois jours francs au plus tard avant la réunion (article 13-2). Le formulaire de vote par correspondance doit être réceptionné dans le même délai ; transmis par courriel à l’adresse indiquée par le syndic, il est présumé reçu à la date de l’envoi.
Élément de contexte pour 2026 : le décret n° 2025-1292 du 22 décembre 2025, pris pour l’application de la loi Habitat dégradé du 9 avril 2024, fait de la notification électronique le principe en copropriété, l’envoi postal devenant l’exception à la demande expresse du copropriétaire. La convocation dématérialisée cesse d’être marginale, ce qui rend son articulation avec un outil de vote nettement plus cohérente.
Trois modes de vote à ne pas confondre
| Mode | Quand | Ce que l’outil doit faire | Point de vigilance |
| Vote électronique en séance | Pendant l’AG, sur place | Émargement numérique, boîtiers ou tablettes, comptage en millièmes, résultats projetés | Reste une AG classique : aucune participation à distance n’est ouverte |
| Participation à distance en temps réel | Pendant l’AG, à distance | Identification du participant, transmission de la voix, retransmission continue et simultanée des délibérations | Suppose la décision d’AG de l’article 13-1 |
| Vote par correspondance | Avant l’AG | Génération et collecte du formulaire réglementaire, horodatage, report des intentions | Le formulaire doit être conforme au modèle de l’arrêté du 2 juillet 2020 |
Une précision qui tranche un débat récurrent : hors régimes dérogatoires liés à l’état d’urgence sanitaire, aujourd’hui expirés, la tenue d’une assemblée sans aucun lieu de réunion n’est pas le régime de droit commun. La position ministérielle rappelle que le recours à la participation dématérialisée par certains copropriétaires ne dispense pas de tenir l’assemblée aux lieu et heure de la convocation, a minima en présence du syndic, du président de séance, du secrétaire et des scrutateurs. L’assemblée hybride reste donc la cible réaliste.
Les cinq erreurs qui exposent l’assemblée à l’annulation
- Déployer l’outil sans la résolution de l’article 13-1. Sans décision préalable sur les moyens techniques, les garanties d’identification et le devis, le procédé est contestable dans son principe.
- Utiliser un formulaire de vote par correspondance maison. Le modèle est fixé par l’arrêté du 2 juillet 2020 ; une version reformulée fragilise l’ensemble des votes collectés.
- Ignorer l’effet d’un amendement en séance. Lorsqu’une résolution est amendée en cours d’assemblée, le votant par correspondance ayant voté favorablement est assimilé à un copropriétaire défaillant pour cette résolution. Une plateforme qui reporte mécaniquement son vote initial produit un décompte faux.
- Compter deux fois un même copropriétaire. Lorsqu’il est présent ou représenté, il n’est pas tenu compte du formulaire qu’il a fait parvenir au syndic.
- Rédiger un procès-verbal muet sur les incidents. Les incidents techniques ayant empêché un participant à distance de faire connaître son vote doivent y être mentionnés.
Questions fréquentes
Un copropriétaire peut-il refuser le vote électronique et exiger d’être présent physiquement ?
Oui. La participation par voie électronique est une faculté ouverte au copropriétaire, jamais une obligation qui lui serait imposée. Le vote sur place reste un droit, et aucune plateforme ne peut être configurée pour le supprimer.
Un porteur de pouvoir peut-il voter en ligne pour ses mandants ?
Oui, à condition que la plateforme reproduise les limites légales : un mandataire ne peut détenir plus de trois délégations de vote, sauf si le total des voix dont il dispose reste inférieur à 10 % des voix du syndicat. L’outil doit afficher distinctement voix propres et voix déléguées.
Que se passe-t-il si un copropriétaire perd sa connexion pendant le vote ?
La séance se poursuit, mais l’incident doit figurer au procès-verbal. C’est ce qui rend la journalisation horodatée déterminante : sans trace technique, le copropriétaire empêché de voter dispose d’un argument difficile à contredire.
Combien de temps faut-il conserver les éléments du scrutin ?
Au minimum jusqu’à l’expiration du délai de contestation des décisions d’assemblée générale, soit deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Prévoyez contractuellement l’accès aux journaux techniques sur cette période, et au-delà en cas de recours engagé.
Faut-il faire intervenir un commissaire de justice ?
Ce n’est pas obligatoire. C’est en revanche une précaution utile lorsque l’ordre du jour comporte des résolutions à fort enjeu ou que l’assemblée précédente a déjà donné lieu à contestation : le constat sécurise le déroulé au-delà de ce que la plateforme peut documenter seule.


